Le comparatif recopié partout met un prix en face d'un autre — sans voir qu'il ne s'agit pas du même droit
Cherchez « GoCardless ou SlimPay » et vous retrouverez partout la même ligne : « GoCardless, 1 % + 0,20 € par transaction, plafonné à 4 € ; SlimPay, tarif sur devis ». Deux colonnes, un verdict, dossier clos.
Nous avons vérifié les deux offres le 14 août 2026, aux sources primaires. Le plafond n'est pas de 4 €. Il n'y a pas un tarif GoCardless mais trois, et le taux qui circule est celui de l'offre d'entrée. La grille SlimPay, elle, n'est plus publiée du tout — et pas de la manière dont on l'imagine.
Mais la vraie faille de ce tableau est ailleurs, et elle est plus profonde que tout ce que nous avons relevé cette semaine. Les jours précédents, le web citait un chiffre exact mais mal cadré : la mauvaise ligne de produit chez Stripe et PayPal, la mauvaise assiette chez SumUp et PayPal POS, une grille disparue chez Alma et Klarna, une unité inventée chez Spendesk et Pleo.
Ici, l'erreur descend d'un cran encore. Les deux prestataires ne vendent pas le même produit juridique. GoCardless ne traite qu'un seul schéma de prélèvement SEPA, celui dans lequel votre client peut se faire rembourser pendant huit semaines, sans avoir à se justifier. SlimPay commercialise en plus le schéma interentreprises, dans lequel ce droit au remboursement n'existe pas.
Autrement dit : le tableau à deux colonnes compare le prix d'un encaissement révocable au prix d'un encaissement qui ne l'est pas. Ce n'est plus une question de centimes.
La règle que nous en tirons, et c'est la plus générale de la semaine : avant de comparer deux prix, vérifiez que les deux produits confèrent le même droit. L'unité de facturation, l'assiette et la ligne de produit sont des pièges de lecture. Le régime juridique, lui, change la nature de ce que vous achetez.
La grille GoCardless relevée à la source : trois plans, trois plafonds
La page tarifaire française de GoCardless est rendue en JavaScript. Nous l'avons donc lue dans son rendu et non dans son code source, méthode qui nous avait déjà évité une erreur d'appréciation les jours précédents. Voici l'intégralité de ce qui y figure, prix hors taxes.
| Poste | Standard | Advanced | Pro |
|---|---|---|---|
| Transaction nationale | 1 % + 0,20 € | 1,25 % + 0,20 € | 1,4 % + 0,20 € |
| Plafond par transaction national uniquement |
2 € | 2,50 € | 2,75 € |
| Transaction internationale non plafonnée |
2 % + 0,20 € | 2,25 % + 0,20 € | 2,4 % + 0,20 € |
| Remboursement | 0,30 € | 0,30 € | 0,30 € |
| Rétrofacturation au-delà de 15 par mois |
7,50 € | 7,50 € | 7,50 € |
| Nom sur le relevé du payeur | 50 €/mois | 50 €/mois | 50 €/mois |
| Pages de paiement en marque propre | — | 200 €/mois | 200 €/mois |
| Relances intelligentes (Success+) | — | Inclus | Inclus |
| Anti-fraude, contestation des rétrofacturations | — | — | Inclus |
Un quatrième plan « Sur mesure » existe, sans aucun montant publié : remises sur volume, marque blanche premium, engagement de volume ou paiement à l'usage. Les deux éditeurs de la semaine affichent leur prix d'entrée et négocient le reste en privé — c'est la septième vérification d'affilée de cette formule.
Deux points que les comparatifs ne relèvent jamais. D'abord, une remise de 25 % sur les frais de transaction est annoncée pour les associations et organismes à but non lucratif — une information utile pour un secteur qui vit précisément d'adhésions récurrentes. Ensuite, aucun frais d'échec de prélèvement n'est facturé en France : le centre d'aide de l'éditeur précise que ces frais ne s'appliquent qu'aux États-Unis, en Allemagne et en Autriche. C'est un point favorable à GoCardless, et il mérite d'être écrit dans un article qui passe le reste de son temps à démonter des tableaux.
Corrigeons enfin un contresens fréquent sur la ligne « international ». Lu à côté du mot SEPA, ce libellé fait craindre une surtaxe dès qu'on encaisse chez un client belge ou allemand. C'est faux, et nous l'avons vérifié dans la documentation de l'éditeur : « international » désigne les paiements effectués en dehors du schéma d'origine du marchand, c'est-à-dire dans une autre devise que la vôtre. Un prélèvement en euros sur un IBAN allemand reste au tarif national, plafond compris. Nous avions formulé l'hypothèse inverse en préparant cet article ; la source l'a démentie, et nous l'écrivons plutôt que de la taire.
La grille SlimPay n'a pas disparu : elle a été remplacée par un formulaire
Il y a deux jours, en préparant le face-à-face entre deux acteurs du paiement fractionné, nous avions constaté qu'une des deux grilles tarifaires citées partout n'existait plus : la page renvoyait une erreur 404. Nous avons donc commencé par le même test ici, avant d'écrire la moindre ligne de tableau.
Le résultat est une variante que nous n'avions pas encore rencontrée. L'adresse slimpay.com/fr/tarifs/ ne renvoie pas une erreur : elle renvoie une redirection permanente vers slimpay.com/fr/contact/. La page n'a pas été retirée, elle a été réaffectée. Là où l'un a effacé son prix, l'autre l'a remplacé par un commercial.
La conséquence pratique est identique dans les deux cas : tous les chiffres « SlimPay » que vous croiserez dans un comparatif ne sont plus remontables à une source publique. Certains agrégateurs affichent encore une fourchette de 29 à 100 € issue d'une fiche mise à jour en 2024 ; nous ne la reprenons pas, faute de pouvoir la rattacher à quoi que ce soit chez l'éditeur.
Le comparatif honnête consiste à le dire, puis à départager sur ce qui reste vérifiable : les schémas de paiement couverts, les statuts réglementaires, les obligations qui pèsent sur vous. C'est précisément là que l'écart entre les deux est le plus large — et il ne joue pas dans le sens que suggère le prix.
Note de méthode, utile au-delà de ce comparatif : les mentions légales françaises de SlimPay affichent un index d'égalité professionnelle calculé sur l'exercice 2022 et un copyright 2023, quand la version anglaise du site porte un copyright 2024. Ce ne sont pas des preuves de quoi que ce soit — ce sont des indices de rythme d'entretien, et ils justifient de demander par écrit la date de dernière révision des conditions générales et de l'accord de sous-traitance avant de signer.
Le plafond n'est pas un cadeau : c'est un curseur calé sur le même panier dans les trois plans
Le plafond par transaction est l'argument numéro un du prélèvement face à la carte, et personne ne prend jamais la peine de calculer à partir de quel montant il se déclenche. Le calcul tient en une ligne : le plafond s'applique dès que le pourcentage plus la part fixe atteignent le plafond, soit un panier seuil égal au plafond diminué de 0,20 €, divisé par le taux.
| Plan | Taux | Plafond | Panier de déclenchement |
|---|---|---|---|
| Standard | 1 % + 0,20 € | 2 € | 180,00 € |
| Advanced | 1,25 % + 0,20 € | 2,50 € | 184,00 € |
| Pro | 1,4 % + 0,20 € | 2,75 € | 182,14 € |
Les trois plafonds tombent dans un mouchoir de poche : 180, 184 et 182 €. Ce n'est évidemment pas un hasard de barème. Les montants 2 / 2,50 / 2,75 € n'ont pas été choisis pour être ronds, ils ont été choisis pour que la commission cesse de croître au même endroit quel que soit le plan souscrit. Nous ne prétendons pas savoir comment ce calage a été décidé — nous constatons qu'il est reproductible à l'euro près, exactement comme le seuil publié par un éditeur de terminaux de paiement que nous avions recalculé cette semaine.
La conséquence, elle, n'est écrite nulle part et elle est très actionnable. Sous 180 €, l'écart entre le plan d'entrée et le plan haut est proportionnel : 0,4 % du montant. Au-dessus de 180 €, cet écart cesse d'être un pourcentage et devient un forfait de 75 centimes par transaction, définitivement. Sur une facture de 5 000 €, passer de Standard à Pro coûte 0,75 €, soit 0,015 % du montant encaissé.
Formulé autrement : si votre facture moyenne dépasse 180 €, arrêtez d'arbitrer le taux et arbitrez les fonctions anti-échec. Le débat entre les trois plans se joue à quelques dizaines de centimes par prélèvement, quand un seul impayé non recouvré vaut la facture entière.
Le taux effectif d'un prélèvement plafonné n'est pas un taux : c'est une courbe décroissante
C'est la dixième forme d'arithmétique que nous rencontrons dans cette série de comparatifs, et la première où le coût cesse tout simplement d'augmenter. Une commission carte est une droite : plus la facture est grosse, plus elle coûte. Une commission plafonnée est une droite écrêtée : au-delà du seuil, le coût est constant, donc le taux s'effondre.
| Montant de la facture | Prélèvement, plan Standard | Taux effectif | Carte à 1,5 % + 0,25 € | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 50 € | 0,70 € | 1,40 % | 1,00 € | 0,30 € |
| 180 € | 2,00 € | 1,11 % | 2,95 € | 0,95 € |
| 500 € | 2,00 € | 0,40 % | 7,75 € | 5,75 € |
| 1 000 € | 2,00 € | 0,20 % | 15,25 € | 13,25 € |
| 5 000 € | 2,00 € | 0,04 % | 75,25 € | 73,25 € |
Cette table mérite d'être lue à l'envers de l'habitude. Depuis le début de la semaine, nous concluons chaque comparatif d'encaissement par la même remarque : « vérifiez quelle part de votre chiffre d'affaires n'aurait jamais dû passer par une carte », en rappelant qu'un virement instantané coûte à peu près zéro depuis l'entrée en application du règlement européen sur les virements instantanés. Le prélèvement plafonné est le premier outil de la semaine qui tient réellement la comparaison face au virement : 2 € sur une facture de 5 000 €, avec en prime l'automatisation de l'échéance, que le virement n'offre pas.
Traduisons sur un cas de PME. Un cabinet ou un éditeur de logiciel qui encaisse 400 abonnements mensuels de 250 €, soit 100 000 € par mois :
| Solution | Coût unitaire | Coût mensuel | Coût annuel | Taux effectif |
|---|---|---|---|---|
| Standard | 2,00 € (plafond) | 800 € | 9 600 € | 0,80 % |
| Advanced | 2,50 € (plafond) | 1 000 € | 12 000 € | 1,00 % |
| Pro | 2,75 € (plafond) | 1 100 € | 13 200 € | 1,10 % |
| Carte bancaire | 4,00 € | 1 600 € | 19 200 € | 1,60 % |
L'écart entre le plan d'entrée et le plan haut est de 3 600 € par an. Retenez ce chiffre : la section suivante le met en regard d'un montant qui ne figure sur aucune grille tarifaire.
Le départage réel, et il n'est pas tarifaire : SEPA Core contre SEPA interentreprises
Le prélèvement SEPA n'est pas un produit, c'est deux produits. Le schéma Core, ouvert à tous les débiteurs, particuliers compris. Le schéma interentreprises, dit B2B, réservé aux débiteurs « non-consommateurs » — c'est-à-dire, selon la définition du règlement européen reprise par le Comité français d'organisation et de normalisation bancaires, toutes les personnes morales quelle que soit leur forme, ainsi que les personnes physiques agissant à titre professionnel ou associatif.
Le centre d'aide de GoCardless est parfaitement clair sur ce point : « GoCardless currently only offers SEPA Core ». Le schéma interentreprises n'est pas proposé. SlimPay, à l'inverse, en fait une ligne de produit à part entière, avec une page dédiée.
Voici ce que cette différence recouvre, sources primaires à l'appui.
| Critère | SEPA Core | SEPA interentreprises (B2B) |
|---|---|---|
| Débiteur éligible | Tous, particuliers inclus | Non-consommateurs uniquement |
| Remboursement d'une opération autorisée | De droit, sans motif, 8 semaines | Exclu |
| Contestation d'une opération non autorisée | 13 mois | 13 mois |
| Contrôle du mandat par la banque du débiteur | Non | Oui, avant le premier prélèvement |
| Adhésion des banques | Obligatoire | Optionnelle |
| Présentation interbancaire | 1 jour ouvré minimum | 1 jour ouvré minimum, 14 jours maximum |
| Migration d'un mandat existant | — | Impossible depuis un mandat Core |
| Proposé par | GoCardless et SlimPay | SlimPay seulement |
Le droit au remboursement du schéma Core n'est pas une clause commerciale : il est dans la loi. L'article L133-25 du code monétaire et financier impose que la demande de remboursement soit présentée « avant l'expiration d'une période de huit semaines à compter de la date de débit des fonds », la banque disposant ensuite de dix jours ouvrables pour rembourser ou motiver son refus. L'article L133-24 ouvre treize mois pour une opération non autorisée. GoCardless le reformule sans détour dans sa propre documentation : « Payers have an unconditional right to a refund within eight weeks of the debit date. »
Le schéma interentreprises retire ce droit, et la brochure du CFONB l'écrit deux fois, mot pour mot : « le prélèvement SEPA interentreprises exclut tout droit à remboursement des transactions autorisées par le débiteur ». En contrepartie, la banque du débiteur « est tenue de vérifier l'existence du consentement de son client ainsi que la validité du mandat » avant de comptabiliser le premier prélèvement.
Et il y a un verrou que personne ne mentionne jamais, alors qu'il conditionne toute votre trajectoire. Toujours dans la même brochure : « Le prélèvement SEPA interentreprises est optionnel et fait l'objet de la signature d'un mandat spécifique. Par conséquent le prélèvement SEPA interentreprises ne peut pas résulter de la migration d'un prélèvement SEPA SDD Core. »
Traduction opérationnelle : si vous démarrez en Core chez un prestataire qui ne fait que du Core, passer un jour au schéma interentreprises ne sera pas un changement de fournisseur, ce sera une re-signature intégrale de vos mandats, un par un, par chacun de vos clients. Pour un portefeuille de 400 comptes, ce n'est pas une migration technique, c'est une campagne commerciale.
Deux réserves d'honnêteté. D'abord, le schéma interentreprises est optionnel pour les banques : certaines banques de vos clients ne le proposent pas, et vous ne pouvez pas l'imposer. Ensuite, contester un prélèvement ne fait pas disparaître la créance : le CFONB rappelle que « contester un prélèvement n'a pas d'incidence sur l'existence de la dette née du Contrat sous-jacent ». Le remboursement de huit semaines est un problème de trésorerie et de relance, pas une perte sèche.
Le coût qui n'est dans aucune grille : votre encours révocable
Reprenons le cabinet qui encaisse 100 000 € par mois en prélèvement Core. Chaque euro encaissé reste remboursable sur simple demande pendant huit semaines. À tout instant, le stock de sommes encore dans la fenêtre vaut donc environ 56 jours de chiffre d'affaires encaissé, soit près de 184 000 €, en permanence.
Mettons les deux chiffres côte à côte :
| Grandeur | Montant | Figure dans un comparatif ? |
|---|---|---|
| Écart annuel entre le plan bas et le plan haut | 3 600 € | Toujours |
| Coût annuel total de l'encaissement (plan Standard) | 9 600 € | Toujours |
| Encours remboursable sans motif, en permanence | ≈ 184 000 € | Jamais |
L'encours révocable vaut cinquante et une fois l'écart de prix que tous les comparatifs vous invitent à arbitrer, et dix-neuf fois le coût annuel complet de l'encaissement. Il ne se mesure pas en pourcentage de transaction : c'est un flux multiplié par une fenêtre de révocation. Aucune grille tarifaire ne comporte cette dimension, parce qu'elle n'a pas d'unité monétaire par transaction.
Deux précisions pour ne pas tomber dans l'alarmisme. Les remboursements de complaisance restent statistiquement marginaux : la grille de GoCardless indique que les frais de rétrofacturation ne s'appliquent qu'au-delà de quinze cas par mois, et que 0,25 % des marchands actifs atteignaient ce seuil en février 2024. Et la créance survit à la contestation. Mais le sujet n'est pas la fraude : c'est la volatilité de votre trésorerie encaissée, un point qui compte dès que vous financez votre besoin en fonds de roulement, que vous cédez des créances ou que vous présentez un plan de trésorerie à un prêteur.
C'est exactement la question que traite notre article sur l'optimisation de la trésorerie à partir des données de l'ERP, et celle que l'automatisation des relances et des encaissements permet de piloter en amont.
Le pavillon : les deux sont français, et c'est le « français » qui appartient à un groupe étranger
Le récit habituel oppose « le britannique GoCardless » à « le français SlimPay ». Nous avons interrogé le registre des agents financiers, dont la recherche publique est mise à jour quotidiennement. Le résultat démonte le récit en deux temps.
| Entité au registre | Statut | Droit applicable | Identifiants |
|---|---|---|---|
| GoCardless SAS | Établissement de paiement | Français, Paris 8e | SIREN 834 422 180 — CIB 17118 et 17398 |
| SlimPay SA | Établissement de paiement | Français, Paris 9e | SIREN 518 991 336 — CIB 16348 |
| Trustly Group AB actionnaire de SlimPay |
Établissement de paiement | Suédois, Stockholm | Passeport de libre prestation de services |
Premier temps : au niveau qui compte, celui de l'entité qui signe votre contrat, il n'y a aucune différence de pavillon. Les deux sont des établissements de paiement de droit français agréés par l'ACPR. Les mentions légales de SlimPay le confirment mot pour mot — « SlimPay est un établissement de paiement possédant le Code Banque (CIB) n°16348 V, délivré par l'ACPR » — pour une société au capital de 970 039 €, immatriculée au RCS de Paris et domiciliée 12 rue Godot de Mauroy.
Second temps, et il inverse la hiérarchie reçue : c'est le « français » qui a un actionnaire étranger. SlimPay a été racheté par la fintech suédoise Trustly, opération finalisée le 29 août 2023 après approbation de l'ACPR. Le pied de page du site de l'éditeur ne le cache d'ailleurs pas : « SlimPay, a Trustly Company ». Et la maison mère n'est présente en France qu'en libre prestation de services, c'est-à-dire sans établissement permanent — exactement la configuration que nous relevions hier sur un autre duo.
La symétrie honnête impose de dire l'autre moitié : GoCardless est un groupe britannique, dont le siège est à Londres, et qui revendique plus de 100 000 entreprises utilisatrices dans le monde. Sa présence française n'est pas une succursale mais une société de droit français agréée en propre, ce qui n'est pas la même chose qu'un passeport européen.
Pour la cinquième fois cette semaine, la conclusion sur le sort de vos fonds est identique des deux côtés. Un établissement de paiement n'est pas une banque : les sommes encaissées ne sont pas des dépôts, elles ne bénéficient pas de la garantie des dépôts à 100 000 €, elles sont protégées par un mécanisme de cantonnement. La formule tient donc une dernière fois : ce qui compte n'est pas la nationalité des actionnaires, c'est l'entité qui signe votre contrat et l'autorité qui la supervise. Ici, les deux réponses sont françaises.
Un antécédent qui ne s'affiche plus, et ce que son effacement enseigne
Un prestataire de prélèvement détient l'IBAN de la totalité de vos clients. La question de la sécurité de ces données n'est donc pas un supplément d'âme, c'est le cœur du contrat. Sur ce point précis, il existe un fait public et documenté.
Le 28 décembre 2021, la formation restreinte de la CNIL a prononcé une sanction de 180 000 € à l'encontre de SlimPay — délibération SAN-2021-020, toujours consultable sur Légifrance. Les faits : à la suite d'un projet de recherche interne mené en 2015, des données personnelles issues des bases de production étaient restées stockées sur un serveur dépourvu de mesure de sécurité particulière et librement accessible depuis internet. La société ne s'en est aperçue qu'en février 2020. Environ 12 millions de personnes dans plusieurs pays européens étaient concernées, et les données comprenaient l'état civil, les adresses, les numéros de téléphone et les coordonnées bancaires BIC et IBAN. Les manquements retenus portaient sur l'encadrement contractuel des sous-traitants, sur la sécurité des traitements et sur l'absence d'information des personnes concernées.
Voici la partie méthodologique, et c'est notre meilleure contribution du jour. Si vous cherchez aujourd'hui cette décision sur le site de la CNIL, la page vous répond : « Cet article n'est plus disponible ». Ce n'est ni un effacement volontaire ni une erreur : la publication nominative d'une sanction est limitée dans le temps, et passé ce délai, l'organisme sanctionné n'est plus identifié par la décision publique. La source a disparu par l'effet d'une règle de droit — pas parce que le fait aurait cessé d'exister.
Nous avons donc rencontré, en une seule semaine, trois façons différentes dont une source publique cesse d'être accessible : l'éditeur qui retire sa grille tarifaire, l'éditeur qui la remplace par un formulaire de contact, et le régulateur dont l'anonymisation est obligatoire. Seule la troisième est neutre. Conséquence directe pour toute due diligence fournisseur : ne jugez jamais un prestataire sur ce que votre moteur de recherche vous montre aujourd'hui. Les sanctions publiques s'anonymisent au bout de quelques années ; les risques, eux, ne s'anonymisent pas.
Et l'usage qu'il faut en faire est tout aussi important que le fait lui-même. Cette sanction date de bientôt cinq ans, elle porte sur des faits de 2015 à 2020, et l'actionnaire de la société a changé depuis. Ce n'est pas un verdict sur 2026 et nous n'en tirons aucune recommandation d'exclusion. C'est en revanche la meilleure liste de questions à poser par écrit, à ce prestataire comme à son concurrent : cartographie des sous-traitants et clauses de l'accord de sous-traitance, politique de purge des environnements de test et de recherche, procédure et délai de notification des violations, date de la dernière revue de sécurité indépendante. Ce sont les mêmes exigences que celles décrites dans notre guide de la sécurité des données de facturation.
Le point aveugle commun : ce qu'aucun des deux ne fait à votre place
Depuis une semaine, nous terminons chaque comparatif par la même question : quelle fonction attendue n'est assurée par aucun des deux ? Ici, il y en a quatre, et elles pèsent toutes sur vous.
1. La notification préalable est votre obligation, pas la leur. Le CFONB l'écrit : « le créancier est tenu de fournir au débiteur une notification préalable au moins 14 jours calendaires avant la date d'échéance », sauf accord spécifique sur un autre délai. Ce préavis conditionne la régularité de votre prélèvement et, en pratique, votre taux de rejet. Aucun prestataire ne l'envoie à votre place si vous ne l'avez pas paramétré.
2. Le mandat devient caduc au bout de 36 mois sans prélèvement. C'est un délai de caducité de trente-six mois calendaires, mentionné dans la brochure du CFONB. Une autorisation de prélèvement n'est donc pas un actif permanent : elle s'éteint par non-usage. Pour un abonnement suspendu deux ans, pour une cotisation annuelle interrompue, ou pour un portefeuille dormant racheté avec un fonds de commerce, le mandat est mort et doit être refait signer. C'est la variante la plus discrète de ce que nous appelons depuis deux semaines « l'obligation qui survit » : ici, ce n'est pas une obligation qui dure au-delà du contrat, c'est un droit qui s'éteint tout seul si vous ne vous en servez pas.
3. Ni l'un ni l'autre n'empêche le refus d'un clic. En schéma Core, le débiteur peut demander à sa banque de ne pas payer avant la date de règlement, ou se faire rembourser après. Les fonctions de relance automatique améliorent le taux de recouvrement des échecs techniques — un des deux annonce 70 % de récupération, l'autre 30 % sur son mécanisme de nouvelle tentative — mais aucune ne transforme un refus volontaire en encaissement. La seule réponse structurelle à ce risque est le changement de schéma, donc de prestataire si le vôtre ne le propose pas.
4. L'échéance du 1er septembre 2026 se règle ailleurs. Encaisser et facturer sont deux chantiers distincts : un prestataire de prélèvement n'est pas une plateforme agréée de facturation électronique. Si votre calendrier de conformité n'est pas bouclé, il se traite dans un autre contrat — voyez notre calendrier 2026-2027 et notre guide pour choisir une plateforme agréée. Vérifiez simplement que votre outil d'encaissement s'intègre à celle que vous retiendrez : GoCardless revendique plus de 350 intégrations, dont Pennylane, Sage et Sellsy.
Ce qui n'est pas publié, et qu'il faut faire écrire au contrat
Fidèles à la méthode de la semaine, nous n'inventons rien de ce que les éditeurs ne publient pas. Nous le retournons en liste de points à faire lever par écrit, avant signature.
| Point non publié | Chez qui | Question à poser |
|---|---|---|
| Grille tarifaire complète | SlimPay | Taux, part fixe, plafond éventuel, frais de rejet, frais de mandat |
| Contenu de l'offre « Sur mesure » | GoCardless | Seuil de volume déclenchant la remise et barème dégressif |
| Surtaxe sur les transactions de montant élevé | GoCardless | Existe dans certains pays : confirmer qu'elle ne s'applique pas au schéma SEPA |
| Délai de mise à disposition des fonds | Les deux | Délai contractuel, et conditions d'une éventuelle réserve |
| Disponibilité réelle du schéma interentreprises | SlimPay | Tarif, délai d'activation, taux de banques débitrices adhérentes |
| Export et réversibilité des mandats | Les deux | Format d'export, transfert de l'ICS, coût de sortie |
La dernière ligne est la plus importante et c'est celle qu'on oublie systématiquement. Vos mandats sont rattachés à un identifiant créancier SEPA. Faites écrire, avant d'entrer, comment vous sortez : quel format d'export, quel délai, et si vos mandats restent valides chez un autre prestataire. Un portefeuille de mandats est le seul actif que vous construisez avec votre prestataire d'encaissement — et le seul qu'un changement de fournisseur peut détruire.
Verdict : la question n'est pas « lequel est moins cher », c'est « qui sont vos débiteurs »
- Vous encaissez auprès de particuliers ou de très petites structures. Le schéma interentreprises n'est pas ouvert à vos débiteurs de toute façon. Le débat se résume alors à la grille, et celle de GoCardless a le mérite d'être publiée, plafonnée et vérifiable — avec un coût effectif qui s'effondre au-delà de 180 € de facture.
- Vous encaissez auprès d'entreprises, sur des montants significatifs. Le critère décisif n'est pas le taux mais l'accès au schéma interentreprises, qui supprime le droit au remboursement de huit semaines. Un prestataire qui ne propose que le schéma Core vous ferme cette porte — et le verrou de non-migration des mandats fait qu'elle se referme durablement.
- Sur le plan tarifaire, seule une des deux colonnes existe. Toute comparaison de prix publiée sur ce duo est aujourd'hui à moitié fabriquée. Exigez un devis chiffré, poste par poste, avant toute décision.
- Sur le pavillon, match nul au premier degré et inversion au second. Deux établissements de paiement français agréés par l'ACPR ; le seul actionnaire étranger de l'histoire se trouve du côté que l'on présente comme le champion national.
- Sur les données, l'antécédent public n'est pas un motif d'exclusion, c'est une liste de questions. Posez-la aux deux.
Notre recommandation, en une phrase : déterminez d'abord la nature juridique de vos débiteurs et le schéma que cela vous ouvre, ensuite seulement comparez les taux. Un point de commission se rattrape ; une fenêtre de révocation de huit semaines sur deux mois de chiffre d'affaires ne se rattrape pas, et elle ne figure dans aucun tableau.
Pour élargir : notre comparatif des comptes professionnels Qonto et Shine traite du compte qui reçoit ces encaissements, notre article sur l'automatisation des relances de paiement couvre ce qui se passe quand un prélèvement échoue, et le face-à-face PayFit contre Silae concerne un éditeur qui figure lui-même parmi les références clients citées sur la page tarifaire de GoCardless.
Toutes les données de cet article ont été relevées le 14 août 2026 aux sources primaires : page tarifaire française de GoCardless lue dans le rendu du navigateur, centre d'aide de l'éditeur, codes de retour HTTP des pages tarifaires des deux éditeurs, mentions légales de SlimPay, registre des agents financiers de l'ACPR, brochure du CFONB sur le prélèvement SEPA interentreprises (version 6.0), articles L133-24 et L133-25 du code monétaire et financier, et délibération SAN-2021-020 de la CNIL. Les grilles évoluent : revérifiez avant de signer.
Un doute sur le schéma adapté à votre portefeuille de clients, ou sur le coût réel d'une migration de mandats ? Vous pouvez en discuter directement au 06 18 85 20 10.
Questions fréquentes
Combien coûte réellement GoCardless en France en 2026 ?
Trois plans sont publiés, hors taxes, pour les transactions nationales : Standard à 1 % + 0,20 € plafonné à 2 €, Advanced à 1,25 % + 0,20 € plafonné à 2,50 €, et Pro à 1,4 % + 0,20 € plafonné à 2,75 €. Les transactions internationales, c'est-à-dire hors de votre schéma d'origine, sont facturées un point de plus et ne sont pas plafonnées. S'y ajoutent 0,30 € par remboursement, 7,50 € par rétrofacturation au-delà de quinze par mois, 50 € par mois pour afficher votre nom sur le relevé bancaire du payeur et 200 € par mois pour des pages de paiement en marque propre. Une remise de 25 % est annoncée pour les associations et organismes à but non lucratif. Le plafond de 4 € que reprennent la plupart des comparatifs ne correspond à aucune ligne de la grille actuelle.
Quel est le tarif de SlimPay ?
Il n'est plus publié. L'adresse de la page tarifaire française redirige de façon permanente vers le formulaire de contact de l'éditeur, vérification faite le 14 août 2026. Les montants qui circulent dans les comparateurs proviennent de fiches tierces mises à jour en 2024 et ne sont pas rattachables à une source de l'éditeur. La seule démarche fiable consiste à demander un devis détaillé poste par poste : taux, part fixe, plafond éventuel, frais de rejet, frais de mise en place et tarif du schéma interentreprises.
Mon client peut-il annuler un prélèvement SEPA après coup ?
Oui, en schéma Core. L'article L133-25 du code monétaire et financier permet au payeur de demander le remboursement d'une opération autorisée dans un délai de huit semaines à compter du débit, sans avoir à se justifier ; la banque dispose de dix jours ouvrables pour rembourser ou motiver son refus. Pour une opération non autorisée, l'article L133-24 ouvre treize mois. Dans le schéma interentreprises, en revanche, le Comité français d'organisation et de normalisation bancaires est catégorique : le prélèvement interentreprises exclut tout droit à remboursement des transactions autorisées par le débiteur. Il faut retenir qu'une contestation ne fait pas disparaître la créance sous-jacente : elle crée un problème de trésorerie et de relance, pas une perte définitive.
GoCardless propose-t-il le prélèvement SEPA interentreprises (B2B) ?
Non. Le centre d'aide de l'éditeur indique que seul le schéma SEPA Core est proposé. SlimPay commercialise en revanche une offre dédiée au prélèvement interentreprises. Ce point est déterminant si vos débiteurs sont des personnes morales, car ce schéma supprime le droit au remboursement de huit semaines et impose à la banque du débiteur de vérifier le consentement et la validité du mandat avant le premier prélèvement. Attention toutefois : ce schéma est optionnel pour les banques, toutes ne le proposent pas à leurs clients, et un mandat Core existant ne peut pas être migré en mandat interentreprises. Le passage suppose de faire signer un nouveau mandat spécifique à chacun de vos clients.
SlimPay est-il toujours une entreprise française ?
L'entité qui signe votre contrat l'est : SlimPay SA est un établissement de paiement de droit français, agréé par l'ACPR sous le code banque 16348, immatriculé au registre du commerce de Paris sous le numéro 518 991 336. Son actionnaire ne l'est plus : la société a été rachetée par la fintech suédoise Trustly, opération finalisée le 29 août 2023 après approbation de l'ACPR, et le site de l'éditeur mentionne lui-même « SlimPay, a Trustly Company ». Du côté de GoCardless, l'entité française est également un établissement de paiement de droit français, GoCardless SAS, adossée à un groupe britannique dont le siège est à Londres. Dans les deux cas, un établissement de paiement n'est pas une banque : les sommes encaissées ne sont pas des dépôts, elles ne bénéficient pas de la garantie des dépôts et sont protégées par un mécanisme de cantonnement.