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11 août 202624 min de lecturePar Nathan Ibgui, CIO externalisé

SumUp vs PayPal POS (ex-Zettle) : quel terminal de paiement choisir en 2026 ?

SumUp ou PayPal POS ? Les deux affichent 1,75 %, ce n'est pas le même. Comparatif 2026 : seuil d'abonnement recalculé, titres-restaurant, conformité caisse.

Les deux affichent 1,75 %. Ce n'est pas le même 1,75 %.

Cherchez « SumUp ou Zettle » et tous les comparatifs s'arrêtent au même constat : « les deux prennent 1,75 %, sans abonnement — c'est donc un match nul, choisissez le design du boîtier ». Le chiffre est exact des deux côtés. La conclusion est fausse.

Nous avons relevé les deux grilles le même jour, le 11 août 2026, directement sur les pages officielles : la page tarifaire française de SumUp lue dans le rendu de la page, et la page Tarification PayPal POS pour le second. Pas dans des articles tiers — et pour cause, ils se contredisent entre eux sur le prix de l'abonnement comme sur le taux réduit.

Voici ce que personne ne met côte à côte. Chez SumUp, le 1,75 % couvre tout : la grille précise « pour les autres paiements en personne (y compris les cartes premium, internationales et American Express) ». Un seul taux, quelle que soit la carte présentée.

Chez PayPal POS, le 1,75 % est le tarif « carte et sans contact » — et la page n'indique aucun tarif pour les cartes premium, internationales ou American Express. Elle ne dit pas qu'elles sont au même prix. Elle n'en parle pas.

Ce n'est pas un détail de lecture, c'est la variable la plus coûteuse du dossier. Les cartes d'affaires sont précisément celles que le droit européen a exclues du plafonnement des commissions d'interchange — nous y revenons plus bas, avec l'article exact. Chez le même groupe PayPal, sur son offre en ligne, cette catégorie de cartes se paie déjà nettement plus cher, comme nous l'avons montré dans notre comparatif Stripe vs PayPal.

Autrement dit, le vrai sujet n'est pas le taux affiché : c'est son assiette. Et la seconde question, que tout le monde saute, est de savoir à partir de quel chiffre d'affaires l'abonnement de SumUp devient rentable. L'éditeur donne un chiffre. Son propre barème en donne un autre. L'écart est instructif.

Un point de vocabulaire : Zettle s'appelle PayPal POS depuis novembre 2025

Si vous comparez ces deux solutions en 2026, commencez par vérifier que vous parlez du bon produit. La marque suédoise iZettle, fondée en 2010, a été rachetée par PayPal en 2018, rebaptisée Zettle by PayPal en février 2021, puis renommée PayPal Point of Sale (PayPal POS) le 17 novembre 2025. Les appareils ont suivi : le Zettle Reader 2 est devenu le PayPal Reader, le Zettle Terminal le PayPal Terminal, et l'application Zettle Go l'application PayPal Point of Sale.

Le renommage est réel : il est acté jusque dans les conditions contractuelles de PayPal, qui parlent des « Contrats d'utilisation de PayPal POS (anciennement appelés Conditions d'utilisation du Service Zettle by PayPal) ».

Mais — et c'est la nuance honnête — il n'est pas achevé côté web. Contrairement à d'autres rebrandings où l'ancien domaine redirige définitivement vers le nouveau, zettle.com n'a jamais redirigé : au 11 août 2026, la page française répond normalement et fait cohabiter les deux identités, avec les mentions « Zettle by PayPal » et « PayPal POS » sur la même page. La page tarifaire officielle, elle, est bien hébergée sur le domaine paypal.com.

Conséquence pratique pour vous : les deux noms désignent le même service, et un comparatif qui écrit encore « Zettle » sans mentionner PayPal POS n'a pas été relu depuis plus de six mois. Vérifiez alors ses prix : ils ont probablement vieilli aussi.

Ce que les deux grilles disent réellement

Commençons par SumUp, qui publie deux formules et un troisième palier négocié.

SumUp — relevé du 11/08/2026 Paiement à l'utilisation Paiements Plus (19 €/mois)
Carte bancaire domestique (débit et crédit), en personne1,75 %0,89 %
Carte premium, internationale ou American Express, en personne1,75 %1,75 %
Paiement avec une carte SumUp du client0,00 %0,00 %
Paiements en ligne (liens de paiement, réservations)2,5 %2,5 %
Abonnement mensuel0 €19 €
Au-delà de 10 000 € encaissés par moisTarifs sur mesure, non publiés

Retenez la deuxième ligne, elle porte tout le raisonnement qui suit : l'abonnement Paiements Plus ne réduit pas le taux des cartes premium, internationales et American Express, qui restent à 1,75 %. Le rabais ne s'applique qu'à la carte domestique standard.

Passons à PayPal POS, dont la grille est plus courte — mais dont les silences comptent autant que les lignes.

PayPal POS — relevé du 11/08/2026 Périmètre Tarif
Carte et sans contactEncaissement en présence du client1,75 %
Saisie manuelle de carteNuméro saisi au clavier2,9 % + 0,35 €
Liens de paiement — portefeuille PayPalPaiement à distance2,9 % + 0,35 €
Liens de paiement — carte et portefeuilles tiersPaiement à distance1,2 % + 0,35 €
Abonnement mensuel et frais d'installation« Aucuns frais mensuels ni d'installation »0 €
Cartes premium, internationales, American ExpressNon traitées par la pageNon publié

Deux observations qui n'apparaissent nulle part ailleurs. D'abord, la page de PayPal POS accompagne son 1,75 % de la mention « tarifs préférentiels disponibles » — sans dire à qui, ni à partir de quel volume. Ensuite, SumUp renvoie au « sur mesure » au-delà de 10 000 € par mois, sans publier davantage.

La conclusion est symétrique et vaut d'être écrite : les deux éditeurs affichent leur prix d'entrée et négocient le reste en privé. Si vous encaissez plus de 10 000 € par mois, la grille publique ne vous concerne déjà plus, et la seule démarche utile est de demander les deux propositions par écrit.

Le seuil que SumUp affiche, et celui que sa propre grille donne

Sur sa page tarifaire, SumUp promet : « Réduisez vos frais dès 2 600 € d'encaissements par mois ». C'est une affirmation vérifiable. Vérifions-la.

L'abonnement coûte 19 € et fait passer la carte domestique de 1,75 % à 0,89 %, soit un gain de 0,86 point. Le point d'indifférence s'écrit donc :

19 = 0,0086 × V, soit V = 2 209 € par mois.

Le seuil arithmétique est de 2 209 €, pas 2 600 €. L'éditeur annonce un seuil supérieur de 18 % au sien. Ce n'est ni une erreur ni une exagération — c'est une hypothèse implicite, et il faut la reconstituer parce qu'elle vous concerne directement.

Reprenons en tenant compte de la ligne que nous avons mise en évidence plus haut : le taux réduit ne s'applique qu'aux cartes domestiques standard. Si une part x de votre volume est encaissée sur ces cartes, et le reste sur des cartes premium, internationales ou American Express restées à 1,75 %, l'équation devient :

19 = 0,0086 × x × V

Avec x = 85 %, on obtient V = 2 599 €. Le « dès 2 600 € » de SumUp se reconstitue à l'euro près en supposant que 15 % du volume échappe au taux réduit.

Une seconde lecture donne un résultat voisin : si les 19 € s'entendent hors taxes, l'abonnement coûte 22,80 € TTC, et 22,80 ÷ 0,0086 = 2 651 €. La page précise « hors TVA » pour d'autres formules mais reste muette sur celle-ci.

Les deux hypothèses convergent vers le même ordre de grandeur, et surtout vers la même leçon : le seuil publié n'est pas le vôtre. Il dépend de la proportion de cartes d'entreprise et étrangères que vous encaissez — c'est-à-dire de votre clientèle, pas de votre choix de prestataire. Un salon de coiffure de quartier et une boutique en zone touristique n'ont pas le même seuil, avec exactement le même contrat.

Nous ne prétendons pas que SumUp a formellement retenu 85 % : l'éditeur ne publie pas sa méthode. Nous constatons que son chiffre n'est reproductible qu'à cette condition. La conclusion pratique, elle, est indiscutable : refaites le calcul avec votre propre répartition avant de souscrire l'abonnement, et non avec le seuil de la page d'accueil.

Trois commerces, trois verdicts opposés

Appliquons les grilles réelles à trois profils, sur la base d'un mix de 85 % de cartes domestiques et 15 % de cartes premium ou internationales. PayPal POS n'ayant pas d'abonnement ni de tarif publié pour ces dernières, nous retenons son taux affiché de 1,75 % sur l'ensemble — hypothèse favorable au produit.

Encaissements carte par mois SumUp à l'utilisation SumUp Paiements Plus PayPal POS
2 000 € — marché, artisan itinérant35,00 €39,38 € (perte)35,00 €
5 000 € — petit commerce de quartier87,50 €69,95 €87,50 €
12 000 € — restaurant, boutique établie210,00 €141,28 €210,00 €
Écart annuel à 12 000 €/mois− 824,64 €référence

Trois enseignements, dont deux vont à l'encontre de ce qu'on lit partout.

1. En dessous du seuil, les deux solutions sont rigoureusement à égalité — 35 € contre 35 € — et l'abonnement SumUp fait perdre 4,38 € par mois. Pour un auto-entrepreneur, un exposant sur les marchés ou une activité saisonnière, le débat tarifaire n'existe tout simplement pas : les deux prennent le même pourcentage et ni l'un ni l'autre n'impose de frais fixes. Le choix se fait alors sur le matériel et sur les moyens de paiement acceptés, pas sur le taux.

2. Au-dessus, l'écart devient structurel et croît linéairement. À 12 000 € par mois, l'abonnement fait économiser 68,72 € par mois, soit 824,64 € par an et 2 474 € sur trois ans. Ce n'est pas SumUp qui est moins cher que PayPal POS : c'est l'abonnement qui est moins cher que l'absence d'abonnement. PayPal POS n'a rien d'équivalent à opposer sur sa grille publique.

3. Le raisonnement s'arrête à 10 000 € par mois. Au-delà, SumUp bascule sur du sur-mesure et PayPal évoque ses « tarifs préférentiels ». Les chiffres de la dernière ligne sont donc à prendre comme un ordre de grandeur de ce que vous devez aller négocier, pas comme une facture.

Notez enfin que ces montants sont du coût pur d'encaissement. Ils ne disent rien de ce que vous ferez ensuite de ces flux — rapprochement bancaire, relances, comptabilité. Sur cette partie, voir notre travail sur l'automatisation de la facturation et des encaissements et sur l'optimisation de la trésorerie par la donnée.

Le matériel : l'un casse le prix du premier lecteur, l'autre celui du second

Voici les prix publics relevés le 11 août 2026. Ils réservent une inversion que nous n'avons vue formulée nulle part.

Équipement SumUp PayPal POS
Encaissement sur smartphone, sans matérielTap to Pay — 0 €Tap to Pay — 0 €
Lecteur d'entrée de gammeSolo Lite — 34 €PayPal Reader — 29 € (premier)
Lecteur supplémentaireSolo Lite — 34 €79 € HT l'unité
Terminal autonome avec carte SIMSolo — 79 €PayPal Terminal — 199 €
Terminal avec lecteur de codes-barresCaisse Plus — 39 €/mois HT249 € HT

Le premier lecteur est moins cher chez PayPal (29 € contre 34 €). Le deuxième est deux fois plus cher (79 € HT contre 34 €). Posons l'équation pour n points d'encaissement : PayPal facture 29 + 79 × (n − 1), SumUp 34 × n. L'égalité tombe à n ≈ 1,1, ce qui signifie que dès le deuxième lecteur, SumUp est moins cher : 68 € contre 108 €. À quatre caisses, l'écart atteint 136 € contre 266 €.

Le tarif d'appel à 29 € est donc calibré pour un commerçant qui n'équipera jamais qu'un seul poste. Dès que vous ouvrez une seconde caisse, une terrasse ou un second point de vente, la logique s'inverse — et aucun comparatif ne le signale, parce que tous s'arrêtent au prix du premier appareil.

Réserve de lecture : SumUp affiche 34 € et 79 € sans mention de TVA sur sa page terminaux, là où PayPal précise « HT » pour ses lecteurs supplémentaires. Faites confirmer le régime par écrit avant de comparer des montants au centime.

Le vrai départage en France ne se joue pas sur 0,86 point : il se joue sur les titres-restaurant

Tout ce qui précède raisonne sur des cartes bancaires. Or, si vous vendez de la restauration, une part significative de votre chiffre d'affaires n'est pas encaissée par carte bancaire mais par titre-restaurant dématérialisé. Et là, les deux produits ne sont pas comparables : l'un le fait, l'autre ne l'annonce pas.

SumUp a signé le 30 janvier 2024 un partenariat direct avec Conecs, l'opérateur technique qui gère les transactions de titres-restaurant dématérialisés en France. Le communiqué de l'éditeur précise que les cartes émises par les clients de Conecs — Edenred, Pluxee (ex-Sodexo), UP et Swile (ex-Bimpli) — deviennent acceptées sur l'ensemble de ses lecteurs de cartes ainsi que sur son système de caisse Pro. Il rappelle au passage que plus de 6 millions de salariés français utilisent quotidiennement ces titres.

Côté PayPal POS, la page officielle des moyens de paiement ne mentionne aucun titre-restaurant, ni Conecs, ni aucun émetteur. Elle liste les cartes, le sans contact et les principaux portefeuilles numériques. Soyons précis sur ce que cela prouve : une absence de mention n'est pas une impossibilité technique, et nous ne l'écrirons pas comme telle. Elle signifie que l'un des deux éditeurs en fait un argument commercial documenté et que l'autre n'en dit rien — ce qui, pour un restaurateur, est une différence qu'il faut lever par écrit avant de signer.

Voilà pourquoi l'ordre des priorités des comparatifs habituels est inversé. Pour une brasserie, un traiteur ou une boulangerie, un moyen de paiement qu'on ne peut pas accepter du tout coûte infiniment plus cher que 0,86 point de commission sur celui qu'on accepte. Refuser les titres-restaurant dans un quartier de bureaux, ce n'est pas payer plus : c'est ne pas encaisser la vente.

Un mot sur le contexte réglementaire, car il bouge. L'usage élargi des titres-restaurant à l'ensemble des produits alimentaires court jusqu'à fin 2026, et une proposition de loi déposée le 9 juin vise à le pérenniser, à maintenir le plafond journalier de 25 €, à imposer davantage de transparence aux émetteurs et à mieux encadrer les commissions supportées par les commerçants affiliés. Attention à la façon dont on en parle : il s'agit d'une proposition en cours de navette, pas de droit acquis — l'entrée en vigueur visée est le 1er janvier 2028, avec une transition en 2027. Nous la citons comme une tendance à surveiller, pas comme une échéance à inscrire dans un plan.

Conformité de la caisse : le critère que tout le monde vend comme différenciant est neutre

Deuxième idée reçue à démonter, et elle est plus lourde de conséquences que la première parce qu'elle touche au risque fiscal. Les comparatifs de logiciels de caisse opposent volontiers un produit « certifié » à un produit qui le serait moins. Sur ce duo, le critère ne départage rien : les deux sont couverts, par deux organismes accrédités différents et légalement équivalents.

SumUp indique avoir choisi la voie de la certification et renvoie au certificat de conformité publié par INFOCERT, sous le régime de la marque NF525 délivrée par AFNOR Certification. Sa page tarifaire annonce d'ailleurs « application avec les fonctions de caisse conformes, sans frais » — la conformité n'est pas réservée à la formule payante. Zettle Go, devenu l'application PayPal POS, est de son côté certifié par le LNE, le Laboratoire national de métrologie et d'essais. NF525 et LNE sont deux voies distinctes et de même valeur juridique : l'administration exige un certificat d'un organisme accrédité, pas un organisme en particulier.

Rappelons l'obligation elle-même, car elle est souvent mal bornée. L'article 286, I, 3° bis du code général des impôts impose depuis le 1er janvier 2018 un logiciel de caisse satisfaisant aux conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage, sous peine d'une amende de 7 500 € par logiciel, avec 60 jours pour régulariser.

Le périmètre exact est décisif, et c'est là que la moitié des articles se trompent : l'obligation vise les assujettis à la TVA qui enregistrent les règlements de clients particuliers non assujettis. Une activité strictement interentreprises, facturée à échéance, n'entre pas dans le champ. Pour un commerce de détail ou un restaurant, en revanche, on est en plein dedans — ce qui n'était pas le cas dans notre comparatif Dolibarr vs Odoo, où la même règle restait périphérique.

Et voici le test de fraîcheur à appliquer à tout article que vous lirez sur le sujet cet été. L'article 43 de la loi de finances pour 2025 avait supprimé l'attestation individuelle de l'éditeur, ne laissant subsister que la certification par organisme accrédité, avec un délai prorogé au 1er septembre 2026. Cette suppression a été annulée : l'attestation de l'éditeur a été rétablie par l'article 125 de la loi de finances pour 2026, publiée au Journal officiel le 20 février 2026. Toute page qui annonce encore l'échéance de septembre 2026 comme un couperet n'a pas été revérifiée depuis l'hiver — et nous en avons croisé plusieurs en préparant cet article, y compris sur des sites spécialisés dans les logiciels de caisse.

Ce qu'il faut en retenir concrètement : ne choisissez pas votre solution d'encaissement sur la promesse de conformité, puisqu'elle est tenue des deux côtés. Demandez en revanche le document nominatif — certificat ou attestation à votre nom — et rangez-le : c'est lui que l'administration réclamera, pas la page marketing de l'éditeur.

Qui signe le contrat, et ce que devient votre argent

Les deux marques sont européennes d'exploitation, mais leurs statuts prudentiels diffèrent — et cette différence est moins protectrice qu'elle n'en a l'air.

SumUp Limited est un établissement de monnaie électronique agréé par la Banque centrale d'Irlande, sous la référence C195030. Le lecteur attentif de notre comparatif Stripe vs PayPal aura reconnu la configuration : Stripe Technology Europe Ltd relève du même régulateur, sous la référence C187865. PayPal (Europe) S.à r.l. et Cie, S.C.A. est de son côté un établissement de crédit luxembourgeois contrôlé par la CSSF, immatriculé au RCS de Luxembourg sous le numéro B 118 349 — ses propres conditions générales indiquent que « PayPal est une banque ».

On en conclurait volontiers que PayPal offre une meilleure protection de vos encaissements. Les mêmes conditions générales disent le contraire quelques paragraphes plus loin : l'argent détenu sur le compte est de la monnaie électronique, et la réglementation interdit de rémunérer la monnaie électronique — le texte renvoie lui-même à l'article 12 de la directive 2009/110/CE.

La conséquence est nette : la monnaie électronique n'est pas un dépôt bancaire. Elle ne bénéficie donc pas de la garantie des dépôts de 100 000 €, mais d'un cantonnement des fonds — exactement comme chez un établissement de monnaie électronique. Les statuts prudentiels divergent ; le sort de votre argent, lui, est le même des deux côtés. C'est la deuxième fois cette semaine que le pavillon de l'éditeur se révèle un mauvais critère de tri, et la démonstration vient à chaque fois des documents contractuels de l'éditeur lui-même.

Il reste une asymétrie réelle, mais elle est ailleurs : aucun des deux n'est votre banque acquéreur. Ce sont des facilitateurs de paiement, qui vous agrègent sous leur propre contrat monétique. Vous n'avez donc pas de contrat d'acquisition en propre, pas de négociation d'interchange, et vous êtes exposé à une décision unilatérale de réserve ou de suspension. C'est un argument de continuité d'activité, pas de confort : gardez un second moyen d'encaissement opérationnel. La question du compte sur lequel atterrissent ces flux relève du même arbitrage, que nous avons traité dans Qonto vs Shine.

Ce qu'aucun des deux ne fait

La question la plus utile sur un face-à-face n'est pas « lequel est le meilleur » mais « que ne font ni l'un ni l'autre ». Deux angles morts, l'un imminent, l'autre déjà là.

Wero. La solution paneuropéenne portée par l'European Payments Initiative revendique plus de 55 millions d'utilisateurs, dont environ 72 % en France. Son déploiement e-commerce français est attendu pour la fin 2026, et son arrivée en magasin est annoncée pour 2027. Ni SumUp ni PayPal POS ne l'annonce à ce jour dans ses moyens de paiement acceptés. Pour un commerce physique, c'est la question à poser par écrit : un terminal acheté aujourd'hui sera encore en service en 2027.

Le paiement qui n'aurait jamais dû passer par une carte. Sur les montants élevés — un acompte de travaux, une commande professionnelle, une facture B2B — la commission proportionnelle devient absurde. Le règlement (UE) 2024/886 impose depuis le 9 janvier 2025 que les frais d'un virement instantané n'excèdent pas ceux d'un virement classique, et l'émission en zone euro est obligatoire depuis le 9 octobre 2025, avec vérification gratuite du bénéficiaire. Sur une facture de 3 000 €, la carte coûte environ 52,50 € au taux de 1,75 %, le virement instantané pratiquement rien. Avant de choisir entre deux terminaux, vérifiez quelle part de votre chiffre d'affaires n'aurait jamais dû y passer.

Un dernier point de cadrage, tiré des données de la Banque de France reprises par SumUp : la carte a dépassé pour la première fois les espèces en nombre de transactions en magasin en 2024 (48 % contre 43 %), et 55 % des paiements carte de proximité sont sans contact. Le sujet n'est donc plus de savoir s'il faut accepter la carte, mais à quel coût et avec quelle couverture des moyens de paiement locaux.

Verdict : à qui s'adresse chacun

Choisissez PayPal POS si vous encaissez moins de 2 200 à 2 600 € par mois, sur un seul point de vente, sans titres-restaurant, et que vous voulez le ticket d'entrée matériel le plus bas — 29 € pour le premier lecteur. À ce niveau, les deux coûtent rigoureusement la même chose en commission, et l'écosystème PayPal a du sens si vous encaissez aussi à distance : son tarif de lien de paiement par carte, à 1,2 % + 0,35 €, est le meilleur des deux grilles.

Choisissez SumUp si vous dépassez le seuil, si vous équipez plus d'un poste, ou si vous acceptez des titres-restaurant. Les trois raisons se cumulent chez un restaurateur, où l'écart annuel dépasse 800 € sur les seules commissions, avant même de compter les ventes qu'un refus de titre-restaurant ferait perdre.

Et si vous encaissez plus de 10 000 € par mois, aucune de ces deux grilles ne vous concerne : demandez les deux offres négociées par écrit, et faites-les chiffrer sur votre mix réel de cartes.

La formule qui résume ce dossier : vous ne choisissez pas un taux, vous choisissez le périmètre d'un taux — et ce périmètre est décidé par la carte que sort votre client et par les moyens de paiement de votre quartier.

Ce type d'arbitrage se joue rarement en isolation : il touche à l'outil de caisse, à la banque, à la facturation et, dès 2026, à la facturation électronique obligatoire. Si vous souhaitez faire arbitrer votre chaîne d'encaissement complète par un regard extérieur, vous pouvez me joindre directement au 06 18 85 20 10.

Questions fréquentes

SumUp et PayPal POS prennent-ils vraiment la même commission ?

Les deux affichent 1,75 % sur un paiement par carte en présence du client, mais le périmètre diffère. SumUp précise que ce taux couvre aussi les cartes premium, internationales et American Express. La page tarifaire de PayPal POS ne publie aucun tarif pour ces catégories. À taux affiché identique, la facture réelle dépend donc du type de cartes que vous encaissez.

À partir de quel chiffre d'affaires l'abonnement SumUp à 19 € devient-il rentable ?

SumUp annonce 2 600 € d'encaissements par mois. Le calcul brut donne 2 209 €, car l'abonnement fait gagner 0,86 point sur la carte domestique. L'écart s'explique par le fait que le taux réduit de 0,89 % ne s'applique pas aux cartes premium, internationales et American Express, qui restent à 1,75 %. Avec 15 % de volume dans ces catégories, le seuil remonte à 2 599 €. Refaites le calcul avec votre propre répartition.

Peut-on encaisser des titres-restaurant avec ces terminaux ?

SumUp a signé le 30 janvier 2024 un partenariat direct avec Conecs, l'opérateur technique des titres-restaurant dématérialisés, rendant acceptées les cartes Edenred, Pluxee, UP et Swile sur ses lecteurs. La page officielle des moyens de paiement de PayPal POS ne mentionne aucun titre-restaurant. Pour une activité de restauration, faites confirmer ce point par écrit avant de signer.

Ces solutions sont-elles conformes à la réglementation française sur les logiciels de caisse ?

Les deux le sont, par des voies différentes : SumUp via un certificat NF525 publié par INFOCERT sous marque AFNOR Certification, l'application Zettle Go devenue PayPal POS via une certification du LNE. Les deux organismes sont accrédités et légalement équivalents. Le critère ne départage donc pas les deux produits. Demandez en revanche le document nominatif à votre nom et conservez-le.

Mon argent est-il mieux protégé chez PayPal, qui est une banque ?

Non. PayPal (Europe) S.à r.l. est bien un établissement de crédit luxembourgeois, quand SumUp Limited est un établissement de monnaie électronique agréé en Irlande. Mais les conditions générales de PayPal précisent que les fonds détenus sur le compte sont de la monnaie électronique, laquelle n'est pas un dépôt bancaire : elle ne relève pas de la garantie des dépôts de 100 000 € mais d'un cantonnement, comme chez un établissement de monnaie électronique.

Nathan Ibgui, consultant IT & IA

Écrit par

Nathan Ibgui

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