Aller au contenu principal
5 octobre 2026•23 min de lecture•Par Nathan Ibgui, CIO externalisé

Qlik Sense vs Power BI : payer des lecteurs ou des gigaoctets pour piloter une PME en 2026 ?

Qlik ou Power BI : l’un facture des lecteurs, l’autre des gigaoctets décompressés. Coûts chiffrés de 10 à 150 personnes, pièges de la capacité Qlik en 2026.

Qlik est souvent le nom que l'on entend dans une ETI industrielle ou dans la distribution, parfois depuis plus de dix ans, quand Power BI arrive par Microsoft 365. Les deux font des tableaux de bord interactifs, et les comparatifs les opposent généralement sur l'ergonomie ou les graphiques. En relisant le 5 octobre 2026 la page tarifs de Qlik et la documentation qui l'accompagne, on découvre une différence bien plus structurante : Power BI vous facture des personnes, Qlik vous facture des gigaoctets. Au-delà de l'offre d'entrée, Qlik ne compte plus les utilisateurs du tout. Tout le calcul change de nature, et c'est lui qui décide.

Cet article compare Qlik Cloud Analytics (le service en ligne qui héberge les applications Qlik Sense) et Microsoft Power BI du point de vue d'une entreprise de 10 à 250 salariés qui veut piloter ses ventes, sa marge, ses stocks ou sa production. Sources : la page tarifs de qlik.com (versions française et américaine), l'aide en ligne de Qlik Cloud (abonnements à la capacité, compteur « Data for Analysis », options par édition, dépassements), la page tarifs de Power BI (microsoft.com, version française) et Microsoft Learn. C'est le cinquième et dernier face-à-face de notre série sur les outils de pilotage et de reporting, après Power BI vs Looker Studio, Power BI vs Tableau, Excel vs Power BI et Metabase vs Power BI.

Précision de méthode : aucun abonnement n'a été souscrit, aucun prix repris d'un comparatif tiers. Qlik affiche ses prix en dollars, y compris sur sa page en français, hors taxes et en facturation annuelle ; nous les convertissons au cours de référence de la Banque centrale européenne du 2 octobre 2026 (1 € = 1,1225 $), arrondi à l'euro. Ce sont des prix « à partir de » : la remise éventuelle se négocie avec le commercial. Power BI est en euros HT, paiement annuel.

Deux compteurs : des personnes d'un côté, des gigaoctets de l'autre

Power BI compte des personnes. Power BI Desktop, l'outil de création, est gratuit sur Windows. Dès qu'il faut partager un rapport, chaque auteur et chaque lecteur doit avoir une licence Pro, à 12,10 € HT par mois en paiement annuel, ou Premium par utilisateur (PPU), à 20,80 € HT. La lecture sans licence n'existe qu'à partir d'une capacité Fabric F64 ou Premium P1, hors de portée d'une PME. Dix lecteurs de plus, c'est dix licences de plus.

Qlik compte des données. La page tarifs de Qlik Cloud Analytics présente quatre offres. Starter démarre à 300 $ par mois pour 10 utilisateurs et 10 Go de données, avec une mention : « licences utilisateur supplémentaires disponibles à l'achat, pas d'augmentation de la capacité possible ». Standard démarre à 825 $ par mois pour 25 Go de données, et la liste de ses avantages commence par « aucun coût additionnel pour les utilisateurs supplémentaires ». Premium démarre à 2 750 $ par mois pour 50 Go. Enterprise est sur devis, à partir de 250 Go. La documentation le confirme : seule l'offre Starter est tarifée au nombre d'utilisateurs ; les autres sont des abonnements « à la capacité », mesurée par un compteur appelé Data for Analysis.

Qlik présente ce modèle dans sa FAQ comme un forfait de téléphonie mobile : un montant fixe pour une capacité définie, par opposition à une facture d'électricité qui varie avec la consommation. L'image est juste pour une raison et trompeuse pour une autre. Juste, parce qu'à volume constant, ajouter cinquante lecteurs ne coûte rien. Trompeuse, parce que la capacité se mesure d'une façon que peu de gens devinent, et que nous détaillons plus bas.

La première question à se poser n'est donc pas « combien d'utilisateurs ? », mais « combien de personnes vont lire, et combien de données vont-elles lire ? ». Une PME de 40 personnes qui veut ouvrir les tableaux de bord à tous ses commerciaux, chefs d'atelier et dirigeants n'est pas dans la même situation qu'une PME de 200 personnes où seuls 12 cadres consultent le reporting.

Ce qui fait monter la facture de chaque côté Power BI : le compteur, ce sont les personnes Power BI Desktop gratuit sur Windows : créer, sans partager Pro : 12,10 € HT par personne et par mois chaque auteur ET chaque lecteur PPU : 20,80 € HT par personne et par mois modèles plus gros, 48 actualisations par jour +10 lecteurs = +10 licences soit +1 452 € HT par an en Pro Lecture sans licence : capacité F64 / P1 seulement Qlik Cloud : le compteur, ce sont les Go Starter : 300 $/mois 10 utilisateurs, 10 Go FIXES (pas d'extension) Standard : 825 $/mois 25 Go, utilisateurs supplémentaires sans coût Premium : 2 750 $/mois 50 Go, puis par tranches de 25 ou 250 Go Enterprise : sur devis à partir de 250 Go Prix Qlik en $ HT, facturation annuelle
Sources : page tarifs de Power BI (microsoft.com/fr-fr) et page tarifs de Qlik Cloud Analytics (qlik.com/fr-fr), relevées le 5 octobre 2026. Prix « à partir de ».

Deux moteurs : l'associatif contre le modèle en étoile

Avant le prix, il y a une différence d'usage que tous ceux qui ont manipulé les deux outils reconnaissent. Qlik repose sur un moteur dit « associatif ». Toutes les données chargées dans une application sont reliées entre elles en mémoire. Quand vous cliquez sur un client, une région ou un mois, chaque liste de l'écran montre à la fois les valeurs associées à votre sélection et celles qui sont exclues. C'est particulièrement parlant pour l'exploration : on voit immédiatement quels produits n'ont pas été vendus à ce client, ou quels fournisseurs n'ont livré aucune commande ce trimestre. Le chargement des données passe par un script, que l'on écrit ou que l'on génère avec l'assistant.

Power BI repose sur un modèle tabulaire. On prépare les données dans Power Query, on relie les tables (idéalement en étoile : des faits au centre, des dimensions autour), puis on écrit des mesures en DAX. Le filtrage croisé entre visuels existe, mais il suit les relations que vous avez définies. L'approche est plus exigeante à la conception et plus prévisible à l'usage. Elle a aussi un avantage décisif dans une PME : c'est la même technologie que le modèle de données d'Excel, comme nous l'avons montré dans Excel vs Power BI. Les compétences existent déjà souvent en interne, ou s'acquièrent vite.

En pratique, Qlik plaît aux contrôleurs de gestion et aux responsables supply chain qui fouillent les données sans savoir à l'avance ce qu'ils cherchent. Power BI plaît aux équipes qui publient des indicateurs stables à des lecteurs nombreux, dans l'environnement Microsoft 365 qu'ils utilisent déjà. Aucun des deux n'est « meilleur » dans l'absolu : la question est de savoir lequel de ces deux usages domine chez vous.

Critère Qlik Cloud Analytics Power BI
Unité facturée Utilisateurs (Starter), puis volume de données (Standard et au-delà) Personne (Pro, PPU), ou capacité Fabric pour les très grands déploiements
Prix d'entrée publié 300 $/mois pour 10 utilisateurs (Starter), facturation annuelle 12,10 € HT par personne et par mois (Pro), paiement annuel
Lecteurs supplémentaires Starter : prix non affiché ; Standard et au-delà : sans coût Une licence par lecteur (sauf capacité F64 / P1)
Outil de création Dans le navigateur (Qlik Sense dans Qlik Cloud) Power BI Desktop, gratuit, Windows uniquement
Moteur Associatif, en mémoire, chargement par script Tabulaire, Power Query + DAX, commun avec Excel
Taille maximale Application de 5 Go (Starter), 10 Go (Premium), 15 Go par défaut (Enterprise) Modèle de 1 Go (Pro), 100 Go (PPU)
Régions d'hébergement Amérique du Nord, Allemagne, Irlande, Royaume-Uni, Australie, Japon, Singapour Région de rattachement du tenant Microsoft 365
Hébergement sur vos serveurs Version « client-managed » existante, sur demande commerciale Power BI Report Server, lié à des licences spécifiques

Ce que compte vraiment un gigaoctet Qlik

La page tarifs dit « données à analyser » et propose une méthode d'estimation simple : évaluez la taille des jeux de données que vous comptez analyser en un an. La page d'aide consacrée au compteur Data for Analysis, mise à jour le 2 octobre 2026, est beaucoup plus précise. Cinq règles changent l'estimation du tout au tout.

1. C'est la taille décompressée qui compte. La documentation l'écrit noir sur blanc : les données chargées s'entendent comme leur taille non compressée au moment où elles entrent dans Qlik Cloud. Beaucoup de bases de données stockent leurs tables compressées. Si votre administrateur vous dit « la base de l'ERP fait 8 Go », ce chiffre ne dit rien de ce que Qlik comptera. Qlik suggère lui-même la bonne méthode : exporter les tables utiles en texte ou en CSV et mesurer les fichiers obtenus.

2. C'est le pic du mois qui est facturé. Chaque jour, le système additionne les fichiers stockés, les données ingérées par les rechargements et les données créées. Le jour le plus élevé du mois devient le « pic mensuel », qui est comparé à la capacité achetée. Une seule journée de rechargement complet en fin de mois suffit à fixer le chiffre du mois entier.

3. Une application qui ne recharge pas continue de compter. Le volume ingéré lors du dernier rechargement est reporté chaque jour, tant que l'application existe et qu'aucun rechargement plus petit ne le remplace. Une vieille application oubliée dans un espace partagé pèse sur la capacité indéfiniment.

4. La même donnée chargée deux fois compte deux fois. Si deux applications interrogent chacune la table des ventes de l'ERP, la table est comptée deux fois. La parade, documentée par Qlik : charger une fois les données dans des fichiers QVD (le format natif de Qlik), puis faire lire ces fichiers par toutes les applications. Une donnée chargée une fois dans un tenant et réutilisée n'est comptée qu'une fois. C'est une question d'architecture, pas de réglage : elle doit être tranchée dès la première application.

5. Certaines choses ne comptent pas. Les applications et les données de l'espace personnel de chaque utilisateur, les applications qui ne font que relire une autre application ou des QVD déjà stockés, les applications publiées dans un espace géré (seuls leurs rechargements comptent) et les données interrogées en direct (Direct Query) sont exclues du compteur.

Pour une PME, la conséquence est simple : le volume à acheter dépend autant de la façon dont on construit les applications que de la taille des données. Deux équipes qui analysent exactement les mêmes chiffres peuvent consommer 12 Go ou 30 Go selon qu'elles ont mis en place une couche de QVD partagée ou non. C'est la même logique que celle que nous défendons dans notre guide sur l'intégration des données ERP : une couche commune, alimentée une fois, lue par tous.

Mêmes chiffres, deux architectures, deux factures (exemple illustratif) Chaque application charge l'ERP ERP : ventes 6 Go décompressés Appli marge Appli commerciaux Appli direction Compteur : 3 × 6 = 18 Go chaque chargement est compté séparément Une couche QVD, lue par tous ERP : ventes 6 Go décompressés Fichiers QVD chargés une seule fois Appli marge Appli commerciaux Appli direction Compteur : 6 Go les applications qui relisent des QVD ne comptent pas Règles : aide Qlik Cloud « Data for Analysis », mise à jour le 2 octobre 2026. Volume de 6 Go choisi pour l'exemple.
La règle « chargé deux fois, compté deux fois » et l'exclusion des applications qui ne lisent que des QVD sont décrites dans l'aide de Qlik Cloud. Le volume de 6 Go est un exemple, pas une mesure.

Starter : l'offre PME qui n'a pas de soupape

L'offre Starter est présentée comme « l'analytics de pointe à la portée des PME ». Elle en a le prix : 300 $ par mois, soit 3 600 $ par an, environ 3 207 € HT par an pour 10 utilisateurs. Elle inclut les tableaux de bord interactifs, l'accès aux agents de réponse et au serveur MCP de Qlik, la génération et la diffusion automatisées de rapports (jusqu'à 250 selon la documentation) et un générateur d'automatisations sans code. Trois limites sont à connaître avant de signer.

La capacité est fixe, et le dépassement bloque. La FAQ de la page tarifs rassure : en cas de dépassement de la capacité, « vous conservez un accès complet », et des frais supplémentaires s'appliquent au-delà. Mais la documentation sur les dépassements précise que cette règle ne vaut pas pour Starter. Sa capacité de 10 Go est fixe ; une fois la limite atteinte, on ne peut plus importer ni recharger d'applications, ni ajouter de fichiers. Pour libérer de la place, il faut supprimer des applications ou des fichiers ; pour en gagner, changer d'offre. Concrètement, des tableaux de bord qui ne se rechargent plus affichent des chiffres figés au dernier rechargement réussi.

Le prix du onzième utilisateur n'est pas publié. La page indique que des licences supplémentaires sont disponibles à l'achat, sans en donner le prix, ni en version française ni en version américaine. Une PME de 15 lecteurs ne peut donc pas chiffrer Starter sans passer par un commercial.

La taille d'une application est plafonnée à 5 Go. C'est confortable pour la plupart des usages d'une PME, mais une application Qlik vit en mémoire : un historique de ventes détaillé à la ligne sur plusieurs années peut s'en approcher.

Starter convient donc bien à une équipe de 5 à 10 analystes et cadres qui travaillent sur un périmètre de données maîtrisé. Pour aller au-delà, la marche suivante n'est pas « un peu plus cher » : Standard coûte 2,75 fois le prix de Starter.

Le calcul : à partir de combien de lecteurs Qlik devient-il moins cher ?

Comme les deux outils ne comptent pas la même chose, la comparaison se fait sur un scénario. Hypothèses : des besoins de données qui tiennent dans la capacité incluse (10 Go pour Starter, 25 Go pour Standard), Power BI en licences Pro pour tout le monde, prix publiés hors remise. Sur un an, Power BI Pro coûte 145,20 € HT par personne. Qlik Standard coûte 9 900 $, soit environ 8 820 € HT par an, quel que soit le nombre de lecteurs.

Lecteurs et auteurs Power BI Pro Qlik Starter Qlik Standard (25 Go)
10 personnes 1 452 € 3 207 € 8 820 €
25 personnes 3 630 € non chiffrable (prix des licences au-delà de 10 non publié) 8 820 €
60 personnes 8 712 € non chiffrable 8 820 €
100 personnes 14 520 € non chiffrable 8 820 €
150 personnes 21 780 € non chiffrable 8 820 €

Trois enseignements. Jusqu'à 10 personnes, Power BI est deux fois moins cher que Starter (1 452 € contre 3 207 €). Qlik Standard devient moins cher que Power BI Pro à partir de 61 lecteurs, à condition que 25 Go suffisent. Et si vos modèles dépassent 1 Go ou si vous avez besoin de plus de 8 actualisations par jour, Power BI passe en PPU (249,60 € par personne et par an) : Qlik Standard devient alors moins cher dès 36 personnes.

Le raisonnement s'inverse si les données grossissent. Chaque tranche de 25 Go supplémentaire se paie, et Premium (2 750 $ par mois, environ 29 399 € par an pour 50 Go) ne se justifie qu'avec des centaines de lecteurs ou des fonctions précises : extraction SAP, apprentissage automatique, accès anonyme. Pour une PME, le vrai duel se joue entre Power BI Pro et Qlik Standard, et il se tranche sur deux chiffres que vous seul connaissez : le nombre de lecteurs et le volume décompressé.

Coût annuel HT selon le nombre de personnes (données dans la capacité incluse) 0 10 k€ 20 k€ 1 452 3 207 10 3 630 8 820 25 8 712 8 820 60 14 520 8 820 100 21 780 8 820 150 personnes (auteurs + lecteurs) Power BI Pro Qlik Starter (10 utilisateurs) Qlik Standard (25 Go, lecteurs sans coût)
Calcul : Power BI Pro 145,20 € HT par personne et par an ; Qlik Starter 3 600 $ par an pour 10 utilisateurs ; Qlik Standard 9 900 $ par an pour 25 Go ; 1 € = 1,1225 $ (BCE, 2 octobre 2026). Prix publiés, hors remise négociée.

Le dépassement : une souplesse qui se paie chaque mois

Sur Standard, Premium et Enterprise, dépasser la capacité ne coupe pas le service. La documentation de Qlik l'appelle « overage » : l'usage peut continuer jusqu'à dix fois la capacité achetée, et le dépassement est calculé et facturé chaque mois. Des notifications s'affichent dans la console d'administration à 80 %, 90 % et 100 % de la capacité ; le propriétaire du compte reçoit un e-mail et « peut être contacté par Qlik » pour une offre complémentaire.

C'est confortable : un tableau de bord ne s'arrête jamais à cause d'un chargement exceptionnel. Mais cela nuance la promesse de « coût prévisible » mise en avant par la page tarifs. Le forfait est prévisible tant que l'on reste dedans ; au-delà, la facture suit le pic mensuel, et ce pic se mesure en données décompressées, avec les reports d'une application à l'autre décrits plus haut. Le compteur, lui, est visible : Qlik fournit une application de suivi détaillé de la consommation. Désignez quelqu'un qui la regarde chaque mois, au même titre que l'on surveille un forfait de données mobiles d'entreprise.

Côté Power BI, le dépassement prend une autre forme : un modèle qui dépasse 1 Go ne se publie plus en Pro, et une neuvième actualisation planifiée dans la journée n'est pas possible. Il n'y a pas de facture surprise, mais il y a une marche : passer toute l'équipe en PPU, ou passer à une capacité Fabric. Les deux outils ont donc une soupape ; elle ne se situe simplement pas au même endroit.

Hébergement, sécurité et éditeur

Où sont les données ? La FAQ de Qlik cite sept régions au choix : Amérique du Nord, Allemagne, Irlande, Royaume-Uni, Australie, Japon et Singapour. Il n'y a pas de région France, mais deux régions dans l'Union européenne. La plateforme est hébergée sur AWS, et Qlik précise que son assistant d'IA générative traite les requêtes dans la même région AWS que les données. Pour Power BI, les données résident dans la région de rattachement de votre tenant Microsoft 365. Si vos clients ou votre secteur imposent un hébergement précis, posez la question par écrit dans les deux cas, et reportez la réponse dans votre registre des traitements.

Qui voit quoi ? Les deux outils savent restreindre les lignes visibles par personne, mais pas de la même façon. Chez Qlik, le mécanisme historique s'appelle section access : il est écrit dans le script de chargement de l'application, qui réduit les données à ce que chaque utilisateur a le droit de voir. Chez Power BI, la sécurité au niveau des lignes (RLS) se définit par des rôles dans le modèle ; Microsoft Learn précise qu'elle ne s'applique pas aux membres de l'espace de travail ayant le rôle Administrateur, Membre ou Contributeur. Dans les deux cas, c'est un travail de conception, pas une case à cocher : testez-le avec un vrai compte de commercial avant d'ouvrir les tableaux de bord.

Qui est l'éditeur ? Qlik est une société d'origine suédoise, détenue depuis 2016 par le fonds d'investissement américain Thoma Bravo, qui a racheté Talend en 2023 ; d'où le nom « Qlik Talend Cloud » de sa gamme d'intégration de données. Au registre français, on trouve QLIKTECH FRANCE, SARL immatriculée en 2007 à Suresnes, et la maison mère QLIKTECH INTERNATIONAL AB, enregistrée comme société étrangère. Microsoft opère en France via sa filiale d'Issy-les-Moulineaux. Les deux éditeurs ont donc un interlocuteur local ; la différence se fera plutôt sur le partenaire intégrateur qui vous accompagnera.

Et l'hébergement sur vos propres serveurs ? Qlik propose toujours une version installée chez le client (« client-managed »), mais elle ne figure pas dans la grille publique : la page tarifs renvoie vers le service commercial. Si c'est une exigence, Qlik reste l'un des rares grands outils de BI à le permettre, tout comme Power BI Report Server du côté Microsoft. Notre comparatif sur le coût d'une migration ERP vers le cloud rappelle ce qu'il faut chiffrer avant de choisir entre installé et hébergé.

Quand choisir Qlik, quand choisir Power BI

Choisissez Power BI si vous êtes sous Microsoft 365, si vos lecteurs sont moins d'une soixantaine, si une partie de votre pilotage vit encore dans Excel, ou si vous voulez pouvoir recruter facilement un profil compétent. C'est le cas de la grande majorité des PME de 10 à 100 salariés. Le coût d'entrée est faible, l'outil de création est gratuit, et la courbe d'apprentissage s'appuie sur Excel.

Choisissez Qlik Standard si vous voulez ouvrir les tableaux de bord à beaucoup de monde (ateliers, magasins, force de vente) sans payer par tête, si vos données restent dans un volume maîtrisé, et si vos utilisateurs explorent plus qu'ils ne consultent. C'est aussi le choix logique si Qlik est déjà en place et que les applications existantes fonctionnent : migrer vers Power BI coûte un projet entier de reconstruction, qu'il faut mettre en face de l'économie de licences.

Choisissez Qlik Starter pour une petite équipe d'analystes et de cadres (10 personnes au plus) qui a besoin de l'exploration associative, en surveillant de près les 10 Go fixes.

Méfiez-vous des deux si personne dans l'entreprise n'a le temps de modéliser les données. Ni Qlik ni Power BI ne corrigent des données mal structurées dans l'ERP ; ils les affichent. Le projet de reporting commence toujours par la qualité des données, comme pour l'optimisation de la trésorerie à partir des données de l'ERP.

La méthode en cinq étapes

1. Compter les personnes, pas les licences. Listez qui crée et qui lit, aujourd'hui et dans deux ans. En dessous de 60 lecteurs, Power BI Pro est presque toujours moins cher ; au-dessus, Qlik Standard mérite un chiffrage.

2. Mesurer le volume décompressé. Exportez en CSV les tables que les tableaux de bord utiliseront (ventes, achats, stocks, production) sur la profondeur d'historique voulue, et additionnez la taille des fichiers. C'est la méthode suggérée par Qlik, et c'est le seul chiffre qui compte.

3. Décider de l'architecture avant la première application. Côté Qlik, une couche de fichiers QVD partagée évite de compter deux fois les mêmes données. Côté Power BI, des modèles sémantiques partagés évitent de multiplier les actualisations. Dans les deux cas, c'est le même principe : charger une fois, lire partout.

4. Demander les trois chiffres absents de la page. Chez Qlik : le prix d'un utilisateur Starter au-delà de 10, le prix d'une tranche de 25 Go et le tarif du dépassement. Chez Microsoft : rien n'est caché, mais vérifiez si vos licences Microsoft 365 E5 incluent déjà Power BI Pro.

5. Prototyper le même tableau de bord dans les deux. Qlik propose un essai gratuit de son offre cloud, Power BI Desktop est gratuit. Reconstruisez l'indicateur le plus lu, montrez-le à ses lecteurs, et regardez dans la console Qlik combien de gigaoctets le prototype a consommés.

Si vous voulez un regard extérieur sur ce choix, c'est le type de diagnostic que nous menons dans nos missions de pilotage et data ERP, ou dans le cadre d'une DSI externalisée.

Ce que retenir de la série « outils de pilotage »

Cinq face-à-face, cinq façons différentes de compter ce que l'on paie. Looker Studio, devenu Data Studio, est gratuit pour lire mais l'objet appartient à son auteur. Tableau affiche un prix d'appel pour un rôle que l'on ne peut pas acheter seul. Excel n'a pas la limite qu'on lui prête. Metabase est gratuit jusqu'à la connexion Microsoft 365. Et Qlik ne facture pas des personnes, mais des gigaoctets décompressés au pic du mois.

La leçon commune tient en une phrase : avant de comparer les prix, il faut comparer les unités. Un outil de BI se choisit en comptant ses lecteurs, en mesurant ses données et en lisant la documentation de licence, pas seulement la page tarifs. Pour replacer le reporting dans l'ensemble de vos logiciels, voyez notre panorama des outils de transformation digitale pour PME.

Questions fréquentes

Combien coûte Qlik Sense pour une PME ?

Qlik Cloud Analytics Starter démarre à 300 $ par mois en facturation annuelle pour 10 utilisateurs et 10 Go de données, soit environ 3 207 € HT par an au cours du 2 octobre 2026. L'offre Standard démarre à 825 $ par mois pour 25 Go de données, sans coût pour les utilisateurs supplémentaires, soit environ 8 820 € HT par an.

Qlik est-il moins cher que Power BI ?

Pas pour une petite équipe : à 10 personnes, Power BI Pro coûte 1 452 € HT par an contre environ 3 207 € pour Qlik Starter. Qlik Standard devient moins cher que Power BI Pro à partir d'environ 61 lecteurs, et dès 36 lecteurs face à Power BI PPU, à condition que les données tiennent dans 25 Go.

Comment Qlik mesure-t-il les « données à analyser » ?

Selon l'aide de Qlik Cloud, c'est la taille non compressée des données chargées, plus les fichiers stockés et les données créées. Le total est calculé chaque jour et le jour le plus élevé du mois est comparé à la capacité achetée. Une même donnée chargée dans deux applications compte deux fois, sauf si elle passe par des fichiers QVD partagés.

Que se passe-t-il si on dépasse la capacité Qlik ?

Sur Standard, Premium et Enterprise, le service continue jusqu'à dix fois la capacité achetée et le dépassement est facturé chaque mois. Sur Starter, la capacité de 10 Go est fixe : une fois atteinte, on ne peut plus recharger ni importer d'applications, il faut supprimer du contenu ou changer d'offre.

Où sont hébergées les données Qlik Cloud ?

Qlik propose sept régions au choix : Amérique du Nord, Allemagne, Irlande, Royaume-Uni, Australie, Japon et Singapour, sur l'infrastructure AWS. Il n'y a pas de région France, mais deux régions dans l'Union européenne. Une version installée sur vos serveurs existe, sur demande au service commercial.

En résumé

Qlik et Power BI ne s'opposent pas d'abord sur les graphiques, mais sur ce qu'ils comptent. Power BI facture chaque personne qui lit un rapport ; Qlik, au-delà de son offre Starter, facture le volume de données décompressé au pic du mois, et laisse lire autant de monde qu'on veut. Le premier est imbattable pour une PME de moins de soixante lecteurs sous Microsoft 365 ; le second devient rationnel quand on veut ouvrir le pilotage à toute l'entreprise sur un volume de données maîtrisé.

Avant de signer, mesurez vos données en CSV, comptez vos lecteurs et décidez de l'architecture de chargement : ce sont ces trois chiffres, et non la page tarifs, qui donneront le vrai coût. Et si vous voulez en parler, contactez-nous.

Nathan Ibgui, consultant IT & IA

Écrit par

Nathan Ibgui

Consultant indépendant et CIO externalisé, j'accompagne les PME et ETI sur leur stratégie IT, l'intelligence artificielle, l'automatisation et la cybersécurité — du diagnostic au pilotage.

Prêt à transformer votre entreprise ?

Réservez un diagnostic gratuit de 30 minutes. Analyse personnalisée, recommandations stratégiques et feuille de route actionnable.

Me contacter