Le comparatif que vous avez lu ailleurs est périmé depuis cet été
Cherchez « Notion vs Confluence » et vous tomberez sur la même page, écrite trente fois : Notion serait le choix moderne, souple et un peu cher, réservé aux start-up ; Confluence serait le choix sérieux, structuré, celui des entreprises qui prennent la sécurité au sérieux. Cette grille de lecture a été vraie pendant des années. En France, à l'été 2026, elle est fausse des deux côtés.
Deux faits l'ont retournée, et aucun des deux n'apparaît dans les comparatifs génériques — parce qu'ils sont récents, et parce qu'ils ne pèsent vraiment que pour une entreprise soumise au RGPD.
Le premier : à compter du 17 août 2026, Atlassian utilise par défaut le contenu de vos pages Confluence pour entraîner ses modèles d'IA. Pas les métadonnées anonymisées uniquement : les titres et les corps de vos pages. Le mécanisme est un opt-out, activé par défaut, à désactiver par un administrateur dans la console. Au moment où nous publions cet article, il reste moins de trois semaines pour agir.
Le second : la résidence européenne des données est incluse chez Confluence dès l'offre Standard à 5,42 $ par utilisateur, alors qu'elle est réservée à l'offre Enterprise chez Notion, vendue sur devis autour de 25 à 30 $ par siège. Pour une PME qui doit garantir un hébergement en Union européenne — parce qu'elle y stocke des dossiers RH, des contrats clients ou de la donnée de santé — le rapport de prix entre les deux produits ne s'inverse pas : il change d'ordre de grandeur.
Ce comparatif prend donc le problème par les critères qui décident réellement en 2026 : où vivent vos données, qui a le droit de s'en servir, ce que chaque outil couvre vraiment, et ce que ça coûte sur trois ans. Il complète nos face-à-face Google Workspace vs Microsoft 365 (le choix de la suite) et Microsoft Teams vs Slack (la brique communication) ; ici, on traite la brique la plus négligée et la plus durable des trois : la base de connaissance. Pour la replacer dans l'ensemble, notre panorama de la stack numérique d'une PME en 2026 donne la vue d'ensemble.
17 août 2026 : ce qu'Atlassian va faire de vos pages Confluence
Atlassian a annoncé un changement de politique d'utilisation des données qui prend effet le 17 août 2026 et concerne l'ensemble de ses produits cloud — Jira, Confluence, Jira Service Management. Les contenus produits par les clients y deviennent une source d'entraînement pour les modèles maison, notamment Rovo et Rovo Dev. Environ 300 000 organisations sont concernées dans le monde.
Il faut distinguer deux catégories, parce qu'elles n'obéissent pas aux mêmes règles.
Les données applicatives, d'abord : ce que vos équipes écrivent réellement. Titres et corps des pages Confluence, titres, descriptions et commentaires des tickets Jira, noms de workflows, emojis personnalisés. C'est la catégorie sensible — celle qui contient vos procédures internes, vos comptes rendus de comité de direction, vos analyses concurrentielles, parfois vos identifiants mal rangés. Bonne nouvelle relative : tous les clients, sur tous les plans, peuvent la désactiver. Mauvaise nouvelle : elle est activée par défaut partout, sauf sur l'offre Enterprise où elle est désactivée d'origine.
Les métadonnées, ensuite : indicateurs dé-identifiés et agrégés — scores de lisibilité, points de complexité, classifications de tâches, métriques de SLA, motifs de recherche fréquents. Sur les offres Free et Standard, cette collecte n'est pas refusable. Elle ne l'est qu'à partir des offres supérieures.
Deux détails opérationnels comptent autant que le principe. Le premier : un utilisateur ne peut pas se désinscrire lui-même. Le réglage est global, il appartient à l'administrateur de l'organisation, et il doit être répété pour chaque organisation Atlassian que vous gérez — une PME ayant hérité de deux tenants après une acquisition en oubliera un. Le second : la durée de conservation annoncée peut atteindre sept ans, avec un retrait des données applicatives sous 30 jours après désactivation et un réentraînement des modèles sous 90 jours. Autrement dit, ce qui est parti avant votre opt-out ne revient pas.
Côté conformité, le sujet n'est pas anodin. Si votre registre des traitements décrit Confluence comme un simple hébergement de documentation interne, l'apparition d'une finalité « amélioration de modèles d'IA » chez le sous-traitant est un changement de finalité qu'il faut documenter, et éventuellement porter à la connaissance des personnes concernées. Notre guide RGPD pour les PME détaille la mécanique du registre et des accords de sous-traitance ; le volet gouvernance des systèmes d'IA est traité dans notre article sur les obligations de conformité liées à l'IA Act.
Le contraste avec Notion est net. Notion documente publiquement que ni l'éditeur ni ses sous-traitants d'IA n'utilisent les contenus des espaces de travail pour entraîner des modèles, l'engagement étant répercuté contractuellement sur les fournisseurs de modèles. C'est un renversement complet de la réputation des deux produits : sur le critère « qui a le droit d'apprendre de mes documents », en 2026, c'est le challenger réputé start-up qui protège le mieux, et l'incumbent réputé entreprise qui vous demande de cocher une case avant une date limite.
À faire cette semaine si vous utilisez Confluence
Console d'administration Atlassian → Paramètres → Fonctionnalités d'IA → Utilisation des données. Désactivez l'utilisation des données applicatives pour l'amélioration des modèles, pour chaque organisation que vous administrez, et conservez une capture d'écran datée dans votre dossier de conformité. Opération de cinq minutes, irréversible dans l'autre sens.
Résidence des données : le critère qui inverse le calcul du prix
Le deuxième fait ignoré des comparatifs anglo-saxons est plus structurant encore, parce qu'il touche au prix. Les deux éditeurs proposent une résidence des données en Europe. Ils ne la vendent pas au même endroit de leur grille.
Chez Atlassian, l'épinglage des données dans une région — Union européenne (Francfort, Dublin), Allemagne, Royaume-Uni, Suisse, et une dizaine d'autres — est disponible à partir de l'offre Standard, soit 5,42 $ par utilisateur et par mois. Ce n'est pas automatique : le réglage doit être demandé explicitement dans la console d'administration, sans quoi vos données restent là où le tenant a été créé. Atlassian a par ailleurs étendu la résidence aux sauvegardes depuis le 28 avril 2026, et annonce pour 2026 la possibilité de déplacer un tenant d'une région à l'autre.
Chez Notion, la résidence européenne (Francfort, sur AWS) existe depuis 2025 mais elle est réservée à l'offre Enterprise. Les offres Free, Plus et Business hébergent aux États-Unis. Et la migration n'est pas rétroactive par défaut : sans demande explicite de bascule, un espace de travail existant reste hébergé aux États-Unis même après passage à Enterprise. Notion a en revanche obtenu la certification allemande BSI-C5, qui constitue un socle sérieux côté sécurité du cloud.
Un point d'honnêteté, souvent escamoté dans les argumentaires de vente : aucun des deux ne vous rend « souverain ». Notion Labs et Atlassian sont des sociétés soumises au droit américain, donc au CLOUD Act, quelle que soit la localisation physique des serveurs. La résidence des données réduit l'exposition, facilite l'analyse d'impact et répond à beaucoup d'exigences contractuelles ; elle ne coupe pas le lien juridique. Si votre exigence est une véritable souveraineté — secteur régulé, données classifiées, marché public sensible —, le débat n'est ni Notion ni Confluence, mais un wiki hébergé chez un fournisseur qualifié en France.
| Critère données | Confluence Cloud | Notion |
|---|---|---|
| Offre minimale pour la résidence UE | Standard (5,42 $/utilisateur) | Enterprise (sur devis, ~25-30 $) |
| Régions européennes | UE (Francfort, Dublin), Allemagne, Suisse, Royaume-Uni | UE (Francfort, AWS) |
| Contenus utilisés pour entraîner l'IA de l'éditeur | Oui par défaut à partir du 17 août 2026 (désactivable sur tous les plans) | Non, y compris chez les sous-traitants de modèles |
| Métadonnées refusables | Non sur Free et Standard | Sans objet (pas d'entraînement) |
| Hébergement par défaut sans réglage | Région de création du tenant | États-Unis |
| Exposition au CLOUD Act | Oui (éditeur australo-américain, infrastructure AWS) | Oui (éditeur américain) |
Le mythe du « Confluence, au moins on peut l'héberger chez nous » est mort
Il reste un argument que l'on entend dans presque tous les comités de direction : « Confluence, si besoin, on peut le mettre sur nos serveurs ». C'était vrai. Ça ne l'est plus, et c'est une information à faire circuler avant de signer.
Confluence Server a cessé d'être vendu et supporté en février 2024. Il ne restait que Confluence Data Center comme option auto-hébergée. Or Data Center est à son tour entré en fin de vie : plus de nouvelle souscription depuis mars 2026, droits d'extension du nombre de licences jusqu'en 2028, passage en lecture seule à partir de 2029. Une entreprise qui n'a pas déjà de contrat Data Center ne peut plus en ouvrir un.
Le prix a suivi la même trajectoire. Data Center démarre autour de 28 000 $ par an pour 500 utilisateurs — un plancher de licences qui exclut d'emblée la PME de 30 personnes — et les tarifs ont augmenté en février 2026 de 15 % sur la tranche 1 à 1 000 utilisateurs, 20 % de 1 001 à 5 000 et 25 % au-delà. À quoi s'ajoutent l'infrastructure, la supervision et les mises à jour : les retours de terrain situent le coût total réel 30 à 50 % au-dessus du seul coût de licence.
La conséquence pratique est simple : en 2026, le choix Notion contre Confluence est un choix entre deux SaaS américains, point. L'option « on rapatrie en interne si ça tourne mal » n'existe plus d'un côté et n'a jamais existé de l'autre. Elle doit donc sortir de la grille de décision — et si elle est une vraie exigence chez vous, il faut regarder ailleurs, du côté des wikis open source auto-hébergeables, dans la même logique que celle que nous décrivons pour les CRM SaaS contre open source.
Deux produits qui ne couvrent pas le même périmètre
Comparer les prix ligne à ligne n'a de sens qu'à périmètre égal. Or les deux outils ne remplacent pas les mêmes choses, et c'est la source d'erreur la plus fréquente dans les budgets que nous auditons.
Confluence est un wiki d'entreprise, pensé comme la couche documentaire d'un écosystème. Sa force réelle tient à l'arborescence d'espaces, à la gestion fine des permissions, aux versions de pages, aux modèles imposés et surtout au couplage natif avec Jira : une page de spécification liée aux tickets qui l'implémentent, un compte rendu qui génère des tâches suivies ailleurs. Sorti de cet écosystème, Confluence seul est un produit correct mais un peu austère ; dedans, il est difficile à égaler.
Notion est un espace de travail unifié : wiki, base de données relationnelle, suivi de projets, prise de notes, formulaires et petites applications internes dans le même produit. Une PME y remplace souvent trois ou quatre outils — le wiki, le tableur partagé qui servait de CRM léger, l'outil de suivi de tâches, le dépôt de comptes rendus. Sa faiblesse est le revers de sa souplesse : sans discipline de structure, un espace Notion de deux ans devient un grenier, et la fonction recherche ne rattrape pas une architecture absente.
| Usage | Confluence | Notion |
|---|---|---|
| Documentation structurée, procédures, qualité | Excellent (espaces, modèles, versions) | Bon, à condition d'imposer une structure |
| Gestion de projet | Nécessite Jira (facturé à part) | Inclus (bases, vues, tableaux, échéances) |
| Bases de données relationnelles internes | Limité (tableaux, apps du Marketplace) | Cœur du produit |
| Permissions fines et gouvernance documentaire | Très mature | Correct, plus grossier sur les gros volumes |
| Écosystème d'extensions | Marketplace très fourni (souvent payant en plus) | Intégrations natives + API, moins d'add-ons métier |
| Prise en main par un non-technicien | Moyenne, vocabulaire d'équipe technique | Rapide, c'est son principal atout terrain |
| Documentation publique / site client | Possible, rendu daté sans add-on | Publication web native |
La règle de décision est donc moins « lequel est le meilleur wiki » que « combien d'outils est-ce que je supprime ». Si vos équipes techniques vivent déjà dans Jira, Confluence s'impose presque mécaniquement. Si vous partez d'un dossier partagé, de quelques tableurs et d'un outil de tâches, Notion consolide davantage pour un coût de mise en place plus faible.
L'IA incluse : sans compteur d'un côté, au crédit de l'autre
Les deux éditeurs annoncent une IA « incluse ». Le mot ne recouvre pas la même chose, et c'est ce qui fait diverger les factures réelles.
Notion inclut la totalité de Notion AI dans l'offre Business à 20 $ par membre et par mois en engagement annuel — rédaction, résumés, recherche transversale sur l'espace de travail, agents. Les offres Free et Plus n'y ont droit qu'à titre d'essai limité. Il n'y a pas de compteur de requêtes à surveiller : c'est l'argument commercial central de la grille depuis que Notion a intégré l'IA au plan au lieu de la facturer en supplément.
Atlassian inclut Rovo dans toutes les offres payantes, mais au crédit. L'allocation tourne autour de 25 crédits par utilisateur et par mois en Standard, 70 en Premium, 150 en Enterprise. Or une requête Rovo Chat ou une exécution d'agent consomme environ 10 crédits, et une recherche approfondie environ 100. Traduit en usage réel : un utilisateur Standard dispose de l'équivalent de deux à trois questions à l'assistant par mois, et ne peut pas s'offrir une seule recherche approfondie. C'est une IA de démonstration, pas une IA de travail — et le budget d'un déploiement sérieux suppose Premium, voire l'achat de crédits supplémentaires.
Le sujet rejoint directement le précédent. Une base de connaissance interrogée en langage naturel n'a d'intérêt que si son contenu est complet, à jour… et si vous acceptez ce que le fournisseur en fait. Sur ce plan, la comparaison se résume à une phrase : chez Notion l'IA lit vos documents pour vous répondre, chez Atlassian elle les lira aussi pour s'entraîner, sauf réglage contraire. Si vous voulez comprendre ce qu'implique techniquement une recherche augmentée sur une base documentaire d'entreprise, notre article sur les agents IA et le RAG en entreprise détaille le fonctionnement, et notre comparatif ChatGPT, Copilot et Claude compare les assistants généralistes qui viendront de toute façon se brancher dessus.
Le coût réel sur trois ans pour une PME de 25 personnes
Passons aux chiffres, sur une hypothèse volontairement banale : 25 utilisateurs, engagement annuel, projection à 36 mois, tarifs catalogue en dollars par utilisateur et par mois (les grilles en euros suivent la même structure, avec des écarts selon le revendeur et le contrat). Ce qui compte ici n'est pas le montant exact mais l'écart entre scénarios.
| Scénario | Détail | Par mois | Sur 3 ans |
|---|---|---|---|
| Confluence Standard seul | 5,42 $ × 25 | 136 $ | 4 878 $ |
| Confluence Premium (IA utilisable) | 10,44 $ × 25 | 261 $ | 9 396 $ |
| Confluence + Jira Standard (périmètre projet) | (5,42 + 7,91) $ × 25 | 333 $ | 11 997 $ |
| Notion Business (IA incluse) | 20 $ × 25 | 500 $ | 18 000 $ |
| Notion Enterprise (seule offre avec résidence UE) | ~27,50 $ × 25 (estimation devis) | ~688 $ | ~24 750 $ |
Trois lectures se dégagent, et elles ne pointent pas dans la même direction.
Sans exigence d'hébergement européen, Confluence est nettement moins cher — 4 878 $ contre 18 000 $, soit près de quatre fois moins. Mais à périmètre inégal : le premier montant n'achète qu'un wiki, avec une IA symbolique.
À périmètre comparable, l'écart se resserre fortement. Confluence Premium plus Jira Standard représente environ 21 400 $ sur trois ans, au-dessus de Notion Business. La question devient alors : préférez-vous deux outils spécialisés et très matures, ou un outil unique plus simple à administrer ?
Avec exigence de résidence UE, la conclusion bascule. Confluence Standard la fournit à 4 878 $ ; Notion l'exige au prix Enterprise, autour de 24 750 $, souvent avec un plancher de sièges et un engagement pluriannuel. Un facteur cinq. C'est, très concrètement, le point sur lequel une DSI de PME française se fait surprendre : elle a validé Notion sur le prix affiché de l'offre Business, puis découvre en phase de conformité que l'hébergement européen n'existe pas à ce niveau de grille.
Ces montants sont hors coûts cachés, qui pèsent souvent autant : reprise de l'existant, formation, add-ons du Marketplace côté Atlassian, et surtout le temps interne de structuration. Nous détaillons cette mécanique dans notre analyse du coût réel d'une transformation digitale en PME.
Réversibilité : le critère qu'on regrette de ne pas avoir regardé
Une base de connaissance est l'outil le plus collant du parc applicatif. On change de CRM en un trimestre ; on traîne un wiki pendant dix ans, parce qu'il contient l'histoire de l'entreprise et que personne ne veut être celui qui la perd. La question de sortie doit donc être posée à l'entrée.
Confluence exporte en XML complet (espaces entiers, avec les pièces jointes et l'historique), en PDF et en HTML. L'export XML est fidèle mais peu réutilisable ailleurs : c'est un format de sauvegarde Atlassian, pas un format d'échange. En pratique, on ressort d'un Confluence avec un dossier lourd et un besoin de conversion.
Notion exporte en Markdown, CSV, HTML et PDF. Le Markdown est un vrai atout de réversibilité — c'est le format le plus universellement repris par les autres outils. La limite est ailleurs : les relations entre bases de données, qui font tout l'intérêt du produit, se dégradent en simples colonnes de texte à l'export. Plus vous exploitez la puissance relationnelle de Notion, plus vous perdez à la sortie.
Deux réflexes valent pour les deux : programmer un export périodique dès le premier mois — automatisable via l'API, comme tout ce que nous décrivons dans notre comparatif n8n vs Make vs Zapier — et vérifier une fois par an que l'archive se relit vraiment. Une sauvegarde jamais restaurée n'est pas une sauvegarde.
Verdict par profil d'entreprise
Vous utilisez déjà Jira → Confluence, sans hésiter. Le couplage tickets-documentation est le seul avantage que Notion ne peut pas répliquer. Faites simplement l'opt-out d'entraînement IA avant le 17 août 2026 et activez la résidence européenne, qui n'est pas active par défaut.
PME de 10 à 50 personnes, sans culture Atlassian → Notion. Le taux d'adoption réel prime sur la richesse fonctionnelle : un wiki que personne n'ouvre coûte 100 % de son prix pour 0 % de sa valeur. Notion est adopté plus vite par des équipes non techniques, et remplace plusieurs outils à la fois. Prenez l'offre Business pour l'IA sans compteur, et vérifiez en amont que l'hébergement américain est acceptable dans votre analyse d'impact.
Exigence contractuelle ou sectorielle d'hébergement UE, budget contraint → Confluence Standard. C'est le seul des deux qui offre la résidence européenne à un tarif de PME. Le compromis à accepter : une IA quasi inutilisable à ce niveau de grille.
Documentation destinée à des clients ou au public → Notion. La publication web est native, la mise en page est présentable telle quelle, et le partage par lien avec droits granulaires évite les extensions payantes qu'il faudrait ajouter côté Atlassian.
Plus de 100 personnes, exigences d'audit fortes → Confluence Premium ou Enterprise. Journaux d'audit, permissions par espace, gouvernance documentaire, gestion du cycle de vie des pages : Atlassian a vingt ans d'avance sur ce terrain, et l'offre Enterprise a le mérite d'avoir l'entraînement IA désactivé d'origine.
Exigence de souveraineté réelle → ni l'un ni l'autre. Confluence Data Center n'est plus souscriptible depuis mars 2026 et Notion n'a jamais été auto-hébergeable. Orientez-vous vers un wiki open source chez un hébergeur français, en intégrant le coût d'exploitation dans la comparaison.
Quel que soit le choix, le facteur qui décidera du résultat n'est pas l'outil mais l'appropriation : nommer un responsable de la structure documentaire, imposer trois modèles de page, et purger une fois par an. Notre guide sur la conduite du changement en PME traite précisément de cette étape, celle que les projets d'outillage sautent le plus souvent — et qui explique la plupart des échecs que nous constatons en accompagnement de transformation digitale.
Questions fréquentes
Notion est-il conforme au RGPD pour une PME française ?
Oui sur le principe : Notion propose un accord de traitement des données, respecte les droits d'accès, d'effacement et de portabilité, détient la certification allemande BSI-C5 et s'engage à ne pas entraîner ses modèles sur les contenus des espaces de travail. La réserve porte sur la localisation : hors offre Enterprise, les données sont hébergées aux États-Unis, ce qui impose de documenter le transfert dans votre registre des traitements. Et comme tout éditeur américain, Notion reste exposé au CLOUD Act indépendamment du lieu de stockage.
Comment empêcher Atlassian d'entraîner son IA sur mes pages Confluence ?
Dans la console d'administration Atlassian, allez dans Paramètres, puis Fonctionnalités d'IA, puis Utilisation des données, et désactivez l'utilisation des données applicatives pour l'amélioration des modèles. L'opération doit être faite par un administrateur d'organisation — un utilisateur ne peut pas se désinscrire seul — et répétée pour chaque organisation que vous gérez. Le changement prend effet le 17 août 2026 ; les contenus sont retirés sous 30 jours après désactivation et les modèles réentraînés sous 90 jours. Sur les offres Free et Standard, la collecte de métadonnées dé-identifiées reste non refusable.
Confluence est-il vraiment moins cher que Notion ?
À périmètre wiki seul, oui : environ 5,42 $ contre 20 $ par utilisateur et par mois, soit près de quatre fois moins. Mais la comparaison s'inverse dans deux cas. Si vous avez besoin de la gestion de projet, il faut ajouter Jira à 7,91 $, ce qui rapproche les deux totaux. Et si vous exigez un hébergement en Union européenne, Notion ne le propose qu'en offre Enterprise, autour de 25 à 30 $ par siège : Confluence devient alors cinq fois moins cher.
L'IA de Confluence est-elle vraiment incluse ?
Elle est incluse mais plafonnée par un système de crédits : environ 25 crédits par utilisateur et par mois en Standard, 70 en Premium, 150 en Enterprise. Une requête à l'assistant ou une exécution d'agent consomme environ 10 crédits, une recherche approfondie environ 100. Un utilisateur Standard dispose donc de deux à trois questions par mois. Pour un usage quotidien, il faut prévoir l'offre Premium ou l'achat de crédits supplémentaires. Notion inclut à l'inverse l'intégralité de son IA dans l'offre Business à 20 $, sans compteur de requêtes.
Peut-on encore héberger Confluence sur ses propres serveurs ?
Non pour un nouveau client. Confluence Server n'est plus vendu ni supporté depuis février 2024, et Confluence Data Center — la dernière option auto-hébergée — n'accepte plus de nouvelle souscription depuis mars 2026, avec des droits d'extension jusqu'en 2028 et un passage en lecture seule en 2029. Les clients existants peuvent poursuivre jusqu'à ces échéances, avec des tarifs relevés de 15 à 25 % en février 2026 selon la tranche d'utilisateurs. Si l'auto-hébergement est une exigence non négociable, il faut se tourner vers un wiki open source.
Besoin d'un arbitrage sur votre base de connaissance ?
Le choix d'un wiki d'entreprise engage pour cinq à dix ans, et se juge autant sur la conformité et la réversibilité que sur la fiche fonctionnelle. En mission de DSI externalisée, j'accompagne les PME et ETI sur ce type d'arbitrage : cadrage du besoin réel, analyse de conformité, chiffrage à trois ans, migration et adoption par les équipes.
Pour en discuter, appelez le +33 6 18 85 20 10 ou passez par le formulaire de contact du site.