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23 septembre 2026•23 min de lecture•Par Nathan Ibgui, CIO externalisé

Lengow vs Channable : quel outil de flux produits pour une PME ?

Lengow ou Channable en 2026 : onze paliers publiés contre un prix confidentiel, variantes facturées, hausse de 5 % par an, droit applicable et actionnaires.

Lengow ou Channable : dès qu'une PME veut vendre le même catalogue sur Amazon, Cdiscount, Google Shopping et deux ou trois comparateurs, ces deux noms arrivent en tête de liste. Le tableau comparatif qui en sort d'habitude aligne des logos de canaux et des cases cochées. Sur les pages officielles relevées le 23 septembre 2026, ce tableau passe à côté de l'essentiel : l'un des deux publie onze paliers de prix, l'autre écrit dans son contrat que son prix est une information confidentielle. Et les deux contrats font évoluer la facture par des mécanismes que la grille n'affiche pas.

Cet article compare Lengow, éditeur nantais de gestion de flux produits et de marketplaces, et Channable, plateforme néerlandaise du même métier. Sources : la page tarifaire de chacun, les conditions générales des deux éditeurs, le plan d'intégration standard de Lengow, leurs communiqués de presse, le registre français des entreprises et la fiche portefeuille publiée par l'actionnaire de Lengow. C'est le troisième face-à-face de notre série sur les outils par lesquels la marchandise sort de l'entrepôt, après Sendcloud vs Boxtal et Shippingbo vs Sendcloud. Ceux-là traitaient du colis ; celui-ci traite de la fiche produit, qui doit partir avant lui.

Précision de méthode : les montants sont ceux affichés par Channable le 23 septembre 2026, sans mention de TVA sur sa page. Lengow n'affiche aucun montant. Aucun prix n'a été repris d'un comparatif tiers et aucun compte n'a été ouvert. L'article compare ce que les deux sociétés publient et signent, pas la qualité de leur support ni la finesse de leurs connecteurs.

Le même métier, découpé en modules différents

Les deux outils font la même chose au départ : ils lisent votre catalogue (depuis votre boutique, votre PIM ou un fichier), le transforment selon les exigences de chaque canal, puis l'envoient vers les marketplaces et les régies publicitaires. Entre les deux, des règles du type « si la catégorie est Chaussures et que le stock est nul, ne pas publier » font le travail qu'une personne ferait à la main dans un tableur.

Là où ils divergent, c'est dans la manière de découper et de vendre ce travail.

Lengow vend une licence de base plus des modules. Sa page tarifaire décrit quatre produits : NetAmplify pour les flux publicitaires, NetMarkets pour les marketplaces, NetRivals pour la veille tarifaire concurrentielle et NetMonitor pour la surveillance du réseau de distribution. Les deux derniers viennent du rachat de l'éditeur barcelonais Netrivals, annoncé par Lengow le 26 avril 2022. Chaque module est facturé « par canal de vente », « par flux publicitaire » ou « par site monitoré ».

Channable vend un socle plus des extensions. Le socle s'appelle Core (gestion de flux, règles SI-ALORS, contrôle qualité), décliné en Standard, Plus et Pro. Viennent ensuite Marketplaces, PPC (création automatique de campagnes Google Ads, Amazon Ads et bol Ads), Creatives (visuels dynamiques) et CSS, le service de comparaison de prix partenaire de Google, hérité du rachat de Producthero en mai 2025. Deux extensions à 49 € par mois s'y greffent : la connexion des commandes et le Repricer, facturés par marketplace connectée.

Conséquence pratique : la veille des prix concurrents est un produit à part entière chez Lengow, alors que Channable la réduit à un « Price Benchmark » intégré à son offre CSS. Si votre sujet est de savoir à quel prix vos revendeurs affichent vos produits, les deux offres ne sont pas symétriques.

Qui vend quoi, sous quel nom (pages tarifaires relevées le 23/09/2026) Lengow Channable Flux publicitaires NetAmplify, par flux publicitaire Core (+ PPC pour les campagnes) Marketplaces NetMarkets, par canal de vente Marketplaces (dès 5 000 articles) Commandes Via NetMarkets, sans prix publié 49 €/mois par marketplace connectée Veille des prix NetRivals + NetMonitor, par site suivi Price Benchmark, dans l'offre CSS CSS Google Non affiché sur la page tarifaire 29 ou 99 €/mois par boutique Lengow : un tarif « par canal » ou « par site », sans montant. Channable : un prix par palier d'articles.
Les périmètres se recouvrent largement ; les unités de facturation, non.

Un prix publié contre un prix confidentiel par contrat

Channable publie tout. Sa page tarifaire contient un sélecteur « Combien d'articles avez-vous ? » à onze positions, de 0 à 3 millions d'articles. Chaque position fixe un forfait avec trois limites (articles, projets, canaux) et recalcule le prix de chaque module. Au-delà de 3 millions d'articles, la page renvoie vers l'équipe commerciale. Le tableau ci-dessous reprend les six premiers paliers, ceux qui concernent une PME.

Forfait Channable Articles / projets / canaux Core Standard Core Plus Core Pro Marketplaces
Small Business500 / 1 / 339 €49 €59 €Indisponible
Medium Business5 000 / 2 / 659 €79 €89 €30 €
Large Business15 000 / 3 / 15119 €159 €179 €60 €
XL Business30 000 / 5 / 30169 €219 €254 €85 €
XXL Business100 000 / 15 / 75299 €389 €449 €150 €
Small Enterprise250 000 / illimité / illimité529 €689 €794 €265 €

Prix mensuels affichés par channable.com/fr/tarifs le 23/09/2026, sans mention de TVA. Le module Marketplaces n'est proposé qu'à partir du forfait à 5 000 articles. Le palier le plus haut (3 millions d'articles) affiche 2 999 € par mois en Core Standard.

Lengow ne publie rien. Sa page « Plans & Tarification » décrit trois formules, Essential, Pro et Scale, et pour chacune un niveau de support, un niveau d'accompagnement et une « capacité de plateforme ». Les modules y sont présentés comme « Tarif standard par canal de vente », puis « Tarif plus avantageux », puis « Meilleur tarif ». Le décompte sur la page rendue est net : zéro signe euro. Le seul chemin vers un montant est un bouton « Demander un devis ».

L'absence de prix pourrait passer pour un choix commercial ordinaire. Les conditions générales d'utilisation de Lengow (version du 1er décembre 2023) en font davantage : l'article XII.2 range parmi les informations confidentielles, qui ne peuvent être communiquées à un tiers sans accord écrit, « y compris la tarification prévue par CONTRAT ». Le prix n'est pas seulement caché sur le site, il est couvert par la clause de confidentialité une fois signé. Vous ne pourrez pas, en théorie, montrer votre devis Lengow à Channable pour le faire baisser, ni le publier dans un groupe d'e-commerçants pour savoir si vous avez bien négocié.

Le montant final de Lengow dépend en outre d'éléments que la page ne cite pas. La définition de l'« OFFRE » dans les mêmes CGU mentionne des « éléments quantitatifs (nombre de CATALOGUE PRODUITS, GMV, etc.) ». La GMV, c'est le volume de ventes réalisé via les marketplaces connectées, calculé hors taxes, promotions déduites et hors frais de port et commissions. Autrement dit, une partie de l'offre peut être indexée sur votre chiffre d'affaires marketplace. Channable n'affiche rien de tel : son prix dépend du nombre d'articles importés, de projets et de canaux, pas de ce que vous vendez.

Le palier se compte en variantes, pas en produits

C'est le piège le plus coûteux de la grille Channable, et Lengow le partage. La foire aux questions de Channable le dit clairement : « chaque variante unique de produit compte comme un article – y compris toutes les tailles, couleurs et langues (ex. : un T-shirt en 3 tailles et 3 couleurs = 9 articles) ». Il faut aussi compter tout ce que vous importez, même ce que vous ne publiez pas. Les CGU de Lengow définissent le PRODUIT de la même façon : « chaque variante d'un même article (ex : couleurs, taille, pointure, etc.) […] est un PRODUIT ». Le critère est donc neutre entre les deux, mais il change complètement la lecture de la grille.

Prenons une boutique de mode avec 1 000 modèles, déclinés en 3 tailles et 2 couleurs. Elle ne compte pas 1 000 articles mais 6 000. Elle dépasse le forfait Medium Business (5 000) et tombe dans Large Business (15 000). Pour un socle Core Standard plus le module Marketplaces, la facture passe de 89 € à 179 € par mois, soit le double, sans ajouter un seul modèle au catalogue.

Au passage, la page Channable ne s'accorde pas avec elle-même sur ce forfait. Le sélecteur affiche pour 5 000 articles : « 5 000 articles, 2 projets, 6 canaux ». La foire aux questions de la même page donne l'exemple « PME = 5K items, 2 projets, 5 canaux ». Un canal d'écart sur le forfait le plus vendu aux PME. Pour trancher, il faudra le demander par écrit.

1 000 modèles × 3 tailles × 2 couleurs = 6 000 articles facturables Channable, Core Standard + Marketplaces + 2 connexions de commandes (49 € chacune), en €/mois 0 100 200 89 € 5 000 · sans commandes 179 € 15 000 · sans commandes 187 € 5 000 · avec commandes 277 € 15 000 · avec commandes Bleu : ce que la boutique croit acheter (1 000 produits). Orange : ce qu'elle achète (6 000 variantes).
Calcul sur la grille publiée par Channable le 23/09/2026. Les connexions de commandes sont facturées par marketplace connectée ; deux marketplaces sont supposées.

Channable : le préavis protège le prix, pas le palier

La grille publiée donne une impression de stabilité. Deux textes de Channable la nuancent.

Le premier est la foire aux questions de la page tarifaire : « Si vous dépassez votre limite sans avoir mis à jour votre abonnement, Channable mettra automatiquement à jour votre abonnement. » Le passage au palier supérieur n'est donc pas une proposition commerciale, c'est un mécanisme automatique.

Le second est la clause de paiement des conditions générales (version 1.4 du 1er octobre 2023). Elle accorde bien un préavis d'au moins trente jours par e-mail avant tout changement de prix, avec la possibilité de partir avant qu'il s'applique. Mais la phrase suivante précise que ce préavis « does not include the change in subscription because of the factors as stated in paragraph 17 ». Ces facteurs sont énumérés ailleurs dans le même texte : « le nombre d'articles importés, le nombre de projets et le nombre de canaux ». Le même contrat ajoute que le montant de chaque période « est calculé automatiquement et peut varier à chaque période de facturation ».

En clair : si Channable change sa grille, vous êtes prévenu trente jours à l'avance. Si c'est votre catalogue qui change de palier, vous ne l'êtes pas. Or c'est le second cas qui arrive le plus souvent à une PME : une nouvelle collection, une déclinaison de coloris, une traduction dans une langue supplémentaire suffisent à franchir un seuil. Dans l'exemple ci-dessus, franchir 5 000 articles fait passer Core Standard de 59 à 119 € et Marketplaces de 30 à 60 € sans autre préavis que la facture.

Détail révélateur de la rédaction : le texte publié ne numérote aucun de ses paragraphes. Le « paragraph 17 » auquel renvoie l'exception n'existe donc pas sous ce nom dans le document que vous acceptez. Il faut reconstituer soi-même la clause visée. Autre particularité : l'adresse française des conditions générales (/fr/terms-and-conditions) sert un texte entièrement en anglais.

Le reste du contrat est favorable à une PME qui veut garder la main : facturation mensuelle d'avance le 20 de chaque mois, résiliation à tout moment à condition d'agir avant le 20 pour éviter le mois suivant, pas de remboursement du mois entamé.

Lengow : l'engagement annuel et 5 % de hausse à chaque reconduction

Le contrat Lengow repose sur une logique opposée : un engagement ferme, payé d'avance, qui se renouvelle de lui-même. L'article VI des CGU en fixe les règles :

  • Lengow envoie « une facture correspondant à l'utilisation annuelle » de la solution, payable à réception ; le montant payé « n'est pas remboursable ».
  • Les frais d'implémentation sont « facturés en intégralité à la date de signature du CONTRAT ».
  • À l'échéance, si le contrat est renouvelé, « les prix de l'OFFRE seront augmentés d'un taux forfaitaire de 5 % ». Ce n'est pas une indexation sur un indice : c'est un pourcentage fixe, qui s'applique quelle que soit l'inflation.
  • Le renouvellement est tacite, « pour de nouvelles périodes successives de durée identique ». Pour l'éviter, il faut dénoncer le contrat par lettre recommandée avec accusé de réception (ou un moyen équivalent) au plus tard 60 jours avant le terme.

La hausse de 5 % se cumule d'une année sur l'autre. Pour un contrat signé à 100, la deuxième année coûte 105, la troisième 110,25 et la cinquième 121,55. Sur cinq ans, c'est plus de 21 % de hausse inscrite au contrat dès la signature. C'est le premier point à négocier, et c'est possible : le préambule des CGU prévoit que toute négociation « se matérialisera par l'ajout de conditions dérogatoires dans le CONTRAT ».

Le plan d'intégration standard de Lengow (document en anglais, version du 18 mars 2024) précise ce que couvrent les frais de départ : un catalogue de 10 000 références au plus, publié sur un seul canal, dans un seul pays (l'exemple donné est « Amazon FR »), et une session de formation de trois heures. Chaque canal supplémentaire relève des « extra services ». Le document annonce aussi des délais allongés de deux à trois semaines pour Zalando, La Redoute, Kaufland, Otto, Ubaldi, AliExpress ou El Corte Inglés.

Une année de contrat, lue dans les deux conditions générales Channable Une facture le 20 de chaque mois, pour le mois suivant ; résiliable avant le 20 Palier dépassé : surclassement automatique, sans préavis Lengow Signature : année payée d'avance + implémentation en totalité J−60 : dénonciation par LRAR Reconduction tacite : prix + 5 %
Channable fait bouger la facture par le volume, Lengow par le calendrier. Les deux mécanismes figurent dans les conditions générales, aucun sur la grille.

Deux droits, deux tribunaux, deux plafonds de responsabilité

Le tableau ci-dessous met côte à côte les clauses qui pèsent le plus lourd quand quelque chose tourne mal : un flux coupé la veille du Black Friday, un catalogue désindexé d'une marketplace, une facture contestée.

Clause Lengow (CGU du 01/12/2023) Channable (T&C v1.4 du 01/10/2023)
CocontractantLengow SAS, NantesProductImpulse BV, Utrecht (Pays-Bas)
Droit et tribunalDroit français, tribunal de commerce de NantesDroit néerlandais, tribunaux néerlandais (exclusifs)
Langue du texteFrançaisAnglais, y compris sur l'adresse /fr/
DuréeDurée fixée aux conditions particulières, reconduction tacite identiqueMensuelle, renouvelée automatiquement
SortieLRAR au plus tard 60 jours avant le termeÀ tout moment, avant le 20 du mois
Évolution du prix+5 % forfaitaires à chaque renouvellementPréavis de 30 jours, sauf changement de palier (automatique)
Plafond de responsabilité6/12 des sommes payées au titre de l'offre, tous préjudices confondusSommes payées sur les deux dernières périodes, et 10 000 € au maximum
Données après la finSuppression définitive possible à partir du 30e jourSuppression définitive possible, aucune obligation de restitution

Convertis en euros, les plafonds de responsabilité disent beaucoup. Chez Channable, pour la boutique de notre exemple facturée 187 € par mois, les « deux dernières périodes » représentent 374 €, tous dommages confondus. Chez Lengow, six douzièmes des sommes payées reviennent à la moitié de ce qui a été versé au titre de l'offre : le plafond grandit avec le contrat, mais il dépend d'un montant que vous ne connaîtrez qu'au devis.

Le contrat Lengow contient lui aussi un renvoi qui ne tombe pas juste. L'article XII sur la sous-traitance indique que Lengow reste responsable des obligations sous-traitées « dans les limites de la responsabilité prévue à l'article 6 ». Or l'article VI traite des conditions financières ; la limitation de responsabilité se trouve à l'article VII. Deux contrats, deux renvois à vérifier. Ce n'est pas anecdotique : c'est précisément le genre de clause qu'on relit le jour d'un litige.

Sur le choix du droit applicable, la différence est concrète pour une PME française. Un désaccord avec Lengow se plaide à Nantes, en français, sous le Code civil. Un désaccord avec Channable se plaide aux Pays-Bas, sur un texte anglais, sous le droit néerlandais. Pour les contrats d'un montant modeste, cela revient souvent à renoncer d'avance à tout recours. Sur ce point, nos repères pour lire un contrat de prestation informatique s'appliquent tels quels.

Le pavillon inversé : capital américain à Nantes, investisseur parisien à Utrecht

Le raccourci habituel oppose « le français Lengow » au « néerlandais Channable ». Il est vrai pour l'adresse du siège et pour le droit du contrat. Il l'est beaucoup moins pour le capital.

Lengow est une SAS immatriculée à Nantes (SIREN 513 381 434, code NAF 62.02A, tranche de 100 à 199 salariés). Le registre national des entreprises indique que sa présidente n'est pas une personne mais une société, TENERIFE BIDCO (SIREN 891 871 089), créée le 8 décembre 2020 à la même adresse, et elle-même présidée par le directeur de la publication du site de Lengow. Une « BidCo » est la société d'acquisition classique d'un rachat par un fonds. Le communiqué de Lengow sur le rachat de Netrivals le confirme : « début 2021, le fonds d'investissement mondial Marlin Equity Partners, doté de 8,1 milliards de dollars, avait déjà obtenu une participation majoritaire de Lengow ». Marlin est basé en Californie. Sa fiche portefeuille, consultée le 23 septembre 2026, classe toujours Lengow en « Current ».

Le même registre publie pour Lengow un chiffre d'affaires 2025 de 13,9 millions d'euros et un résultat net de −32,9 millions d'euros. Ce déficit supérieur au chiffre d'affaires peut venir d'une opération comptable (une dépréciation, par exemple) aussi bien que d'une perte d'exploitation : le registre ne donne pas le détail, et nous ne l'interprétons pas. En revanche, pour un contrat pluriannuel payé d'avance, demander les comptes annuels et la situation financière de l'éditeur fait partie de l'instruction normale.

Channable est édité par ProductImpulse BV, inscrite à la Chambre de commerce néerlandaise sous le numéro 60414464, à Utrecht. Le registre français ne contient aucune fiche ni sous le nom Channable, ni sous celui de ProductImpulse : il n'y a pas de filiale française. Ses bureaux, selon son communiqué de mai 2025, sont à Amsterdam, Utrecht, Berlin, Aarhus et New York. Son capital a été ouvert en février 2022 lors d'une levée de 55 millions d'euros menée par Partech, fonds dont le siège est à Paris, aux côtés de l'investisseur historique Peak. L'éditeur a ensuite racheté le danois WakeupData (2024), Producthero (mai 2025) et le spécialiste du suivi de conversions Metrion (juin 2026).

La bonne formulation n'est donc pas « français contre néerlandais », mais « éditeur français contrôlé par un fonds américain, contre éditeur néerlandais financé par un fonds parisien ». Pour une PME, la conséquence utile ne concerne pas les données : elle concerne la trajectoire de prix. Un éditeur sous LBO doit rembourser la dette qui a financé son rachat, et un éditeur qui enchaîne trois acquisitions en deux ans doit les intégrer. Dans les deux cas, lisez les clauses d'évolution tarifaire comme des engagements réels.

Les chiffres affichés ne se comparent pas

Chaque comparatif reprend « plus de 3 000 canaux » pour Channable. Les chiffres de Lengow sont plus dispersés : « plus de 1 600 partenaires » dans son communiqué de 2022, et la page de ses documents juridiques invite aujourd'hui à rejoindre « les 3 600 marques et distributeurs » qui lui font confiance, quand le communiqué de 2022 annonçait « plus de 4 600 marchands ». Ces nombres ne mesurent pas la même chose (canaux, partenaires, clients) et ne datent pas de la même année. Les aligner dans une même colonne serait trompeur.

Le communiqué de Channable sur le rachat de Producthero a ses propres incohérences. Il annonce, pour les deux sociétés réunies, « plus de 15 000 clients », puis, dans le paragraphe de présentation, « plus de 11 000 clients » pour Channable. Il porte en en-tête la date du 25 novembre 2025, et dans le texte la date du 13 mai 2025. Rien de grave en soi, mais c'est une raison de ne jamais recopier un chiffre de communiqué sans son contexte.

Un dernier point concerne la visibilité dans les assistants IA. La page tarifaire de Channable contient les montants dans son texte et une foire aux questions structurée. Celle de Lengow ne contient qu'un bloc de données structurées décrivant l'organisation. Quand un acheteur demande à un assistant « combien coûte Lengow ? », la réponse la plus honnête est donc « prix non communiqué ». Pour vos propres pages produits, c'est un argument de plus pour soigner vos données structurées.

Ce qui ne part pas avec vous : vos règles

Les deux contrats se ressemblent sur un point : ce qui se passe après la fin. Lengow « se réserve le droit de supprimer définitivement toutes les données du(es) CATALOGUE(S) à partir du 30ème jour suivant la résiliation ». Channable écrit que vous êtes « responsable de la sauvegarde » de vos contenus, qu'il « peut supprimer définitivement » vos données en cas d'annulation et qu'il n'a « aucune obligation » de vous les restituer.

Pour le catalogue lui-même, le risque est faible : il vit déjà dans votre boutique, votre ERP ou votre PIM. Ce qui n'existe nulle part ailleurs, ce sont les règles. Des centaines de conditions SI-ALORS, des correspondances de catégories canal par canal, des titres réécrits pour Google Shopping, des exclusions de produits non rentables : c'est l'intelligence accumulée pendant des années, et elle est stockée dans le format propre à l'outil. Aucune des deux conditions générales ne prévoit d'export de ces règles dans un format standard.

La parade est simple et doit se faire avant la signature : demander en démonstration comment exporter les règles et les correspondances de catégories, puis documenter en interne les règles critiques au fur et à mesure qu'elles sont créées. Si votre catalogue n'est pas encore propre à la source, c'est d'abord là qu'il faut agir. Voir intégrer les données de l'ERP : un flux produit ne vaut jamais mieux que la base qui l'alimente.

Quel outil pour quelle PME

Channable est le choix naturel si vous voulez démarrer seul, connaître votre prix avant d'appeler qui que ce soit, garder la possibilité de partir chaque mois, et si votre enjeu principal est la publicité produit (Google Shopping, Meta, Microsoft) plus quelques marketplaces. L'offre CSS à 29 € par mois et par boutique donne accès à la réduction de marge de 20 % prévue par Google pour les CSS partenaires, uniquement dans l'Espace économique européen. Avant de signer, comptez vos variantes, pas vos produits, et prévoyez le budget du palier supérieur.

Lengow se défend si vous voulez être accompagné (intégration par une équipe projet, chargé de compte), si vos marketplaces principales sont celles où l'intégration est longue (Zalando, La Redoute, Kaufland), si la veille tarifaire de vos revendeurs est un vrai sujet, ou si un contrat en français, sous droit français, est une exigence de votre direction. En échange, vous acceptez un engagement annuel payé d'avance, avec une hausse de 5 % par an si vous ne la renégociez pas.

Dans les deux cas, la décision ne se prend pas sur la liste des canaux, que les deux couvrent largement, mais sur trois questions : combien d'articles vous facturera-t-on vraiment, comment évoluera la facture, et que récupérerez-vous en partant. Si la question porte en amont sur la boutique elle-même, notre comparatif Shopify, WooCommerce et PrestaShop traite ce choix ; pour arbitrer le budget publicitaire que ces flux alimentent, voir Google Ads et Meta Ads pour une PME.

Nous accompagnons les PME sur ces choix, du site e-commerce à la chaîne logistique : lecture des contrats, calcul du coût réel sur votre catalogue, préparation de la négociation. Parlons de votre projet.

La méthode en six étapes

  1. Compter les articles facturables. Exportez votre catalogue complet, variantes et langues comprises, y compris les produits que vous ne comptez pas publier. C'est ce nombre, pas votre nombre de modèles, qui fixe le palier.
  2. Projeter le catalogue à douze mois. Ajoutez les collections, coloris et traductions prévus. Si vous franchissez un seuil dans l'année, chiffrez le palier supérieur dès maintenant.
  3. Lister canaux et marketplaces. Chez Channable, chaque marketplace dont vous voulez récupérer les commandes ajoute une extension payante ; chez Lengow, le plan d'intégration standard ne couvre qu'un canal dans un pays.
  4. Lire quatre clauses. Droit applicable et tribunal, évolution du prix (préavis ou pourcentage fixe), préavis de sortie, plafond de responsabilité converti en euros.
  5. Négocier ce qui peut l'être. Chez Lengow, la hausse de 5 % et le préavis de 60 jours ; chez Channable, une confirmation écrite des limites exactes du forfait (projets et canaux).
  6. Prévoir la sortie avant l'entrée. Faites-vous montrer en démonstration l'export des règles et des correspondances de catégories, et documentez vos règles critiques en interne.

Questions fréquentes

Lengow est-il plus cher que Channable ?

La question n'a pas de réponse publique. Channable publie onze paliers de prix, de 39 € par mois pour 500 articles à 2 999 € par mois pour 3 millions d'articles en Core Standard. Lengow ne publie aucun montant, travaille sur devis, et ses CGU rangent la tarification contractuelle parmi les informations confidentielles.

Comment Channable compte-t-il les articles ?

Chaque variante compte comme un article : taille, couleur et langue comprises. Un T-shirt en 3 tailles et 3 couleurs compte pour 9 articles. Il faut compter tout ce qui est importé, même ce qui n'est pas publié. Lengow définit le produit de la même façon dans ses CGU.

Peut-on résilier Lengow à tout moment ?

Non. Le contrat court pour la durée fixée aux conditions particulières, avec facture annuelle d'avance non remboursable, puis se renouvelle tacitement pour la même durée. Il faut le dénoncer par lettre recommandée au plus tard 60 jours avant le terme. Chez Channable, la résiliation est possible chaque mois, avant le 20.

Lengow est-il une entreprise française ?

Lengow est une SAS immatriculée à Nantes, sous droit français. Elle est présidée par la holding Tenerife Bidco, et son actionnaire majoritaire depuis début 2021 est le fonds californien Marlin Equity Partners, qui la classe toujours dans son portefeuille actif.

Le prix Channable peut-il augmenter sans préavis ?

Oui dans un cas précis. Les conditions générales promettent 30 jours de préavis avant un changement de prix, mais excluent les changements d'abonnement liés au nombre d'articles, de projets ou de canaux. Si votre catalogue dépasse la limite de votre forfait, Channable vous fait passer automatiquement au palier supérieur.

Nathan Ibgui, consultant IT & IA

Écrit par

Nathan Ibgui

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