Shippingbo ou Sendcloud : la question arrive presque toujours au même moment, quand une PME dépasse le stade où l'on imprime les étiquettes une par une. Les deux noms se retrouvent dans le même appel d'offres, et le tableau qui en sort oppose « 19 € » à « 26 € ». Sur les pages officielles relevées le 22 septembre 2026, cette ligne est la plus trompeuse de tout le comparatif : les deux produits ne se situent pas à la même couche de votre chaîne, et un seul des deux publie réellement ses prix.
Cet article compare Shippingbo, suite OMS + WMS + TMS éditée à Toulouse, et Sendcloud, plateforme d'expédition d'origine néerlandaise. Sources : les cinq pages tarifaires de Shippingbo, la page tarifaire française de Sendcloud, les conditions générales des deux éditeurs, les mentions légales, le registre français des entreprises et le portefeuille publié par l'actionnaire. C'est le deuxième face-à-face de notre série sur les outils par lesquels la marchandise sort de l'entrepôt, après Sendcloud vs Boxtal.
Précision de méthode : les montants sont ceux affichés par les éditeurs le 22 septembre 2026, avec la base fiscale qu'ils indiquent (hors taxes chez Shippingbo, sans mention de TVA sur la page Sendcloud). Aucun prix n'a été repris d'un comparatif tiers, et aucun compte n'a été ouvert chez l'un ou l'autre. L'article compare ce que les deux sociétés publient et signent, pas la qualité de leur support ni leurs délais. Pour le volet amont — stocks, prévisions, taux de service — voir optimiser sa chaîne logistique et le stock de sécurité par SKU.
Ce n'est pas un duel : ce sont deux couches différentes
La confusion vient d'un mot : les deux sociétés emploient « expédition ». Elles ne désignent pas la même portion du travail.
Shippingbo commence à la commande. Sa navigation produit annonce trois briques : un OMS pour « centraliser vos commandes », un WMS pour « organiser votre entrepôt », un TMS pour « gérer vos transporteurs ». Sa grille tarifaire, elle, ne vend pas ces briques séparément : elle est intitulée « Solutions tout-en-un (OMS + WMS + TMS) ». C'est donc un logiciel de pilotage logistique qui va de la réception de la commande jusqu'à l'impression de l'étiquette, en passant par les emplacements de picking, les numéros de lot et les inventaires au PDA.
Sendcloud commence au colis. Sa promesse, reprise mot pour mot de sa page transporteurs, est de vous éviter « de créer et gérer vous-même les intégrations transporteurs » et de donner « un accès immédiat à plus de 170 transporteurs ». Elle produit l'étiquette, le suivi, les notifications et les retours. Elle ne gère ni vos emplacements d'entrepôt, ni vos numéros de série, ni vos inventaires.
Autrement dit : si votre problème est « je perds du temps entre les portails transporteurs », Sendcloud répond. Si votre problème est « je ne sais plus où sont mes produits ni combien il m'en reste », Shippingbo répond, et Sendcloud ne répondra jamais. Le recouvrement entre les deux ne concerne qu'une bande étroite : le choix du transporteur, l'étiquette et le suivi.
Un seul des deux publie ses prix
C'est le constat le plus net de ce relevé, et il ne demande aucune interprétation : il suffit de compter les montants.
Shippingbo publie cinq pages tarifaires distinctes, une par type de client : e-commerçants, logisticiens, marketplaces et ventes privées, Analytics, plus une page d'aiguillage. Sur l'ensemble de ces pages, on ne compte que quatre occurrences d'un montant en euros, pour deux valeurs distinctes seulement : « à partir de 19 € HT/mois » pour le pack Starter + de la suite logistique, et 9 €/mois pour le module Analytics, vendu à part. Les trois autres packs — Pro +, Premium +, Expert + — portent la mention « Sur devis ». Les deux offres destinées aux logisticiens, WMS Virtual Bridge et WMS for 3PL, sont également « Sur devis ». La page marketplaces et ventes privées n'affiche ni prix ni mention de devis.
Sendcloud publie huit montants d'abonnement sur une seule page — quatre formules en facturation mensuelle, les mêmes en facturation annuelle avec 25 % de remise — plus les plafonds d'étiquettes, les frais unitaires et le tarif de dépassement. Le contraste n'est pas une nuance de communication : il décide de ce qu'un comparatif peut honnêtement écrire.
| Ce qui est publié | Shippingbo | Sendcloud (page FR) |
|---|---|---|
| Pages tarifaires | 5 | 1 |
| Valeurs de prix distinctes | 2 (19 € HT/mois pour la suite, 9 €/mois pour Analytics) | 8 (35 / 119 / 219 / 799 € mensuel ; 26 / 89 / 164 / 599 € annuel), hors formule gratuite |
| Offres « Sur devis » | 5 des 6 offres de la suite logistique | 1 (Enterprise, « sur demande ») |
| Plafonds d'usage publiés | Non (seul le nombre d'utilisateurs inclus) | Oui (400 / 1 000 / 10 000 / 30 000 étiquettes par mois) |
| Coût unitaire publié | Non | Oui (0,07 à 0,11 € par étiquette, + 0,15 € au-delà du plafond) |
| Blocs JSON-LD tarifaires | 0 | 0 |
| Essai sans devis | Essai gratuit, sur Starter + uniquement | Formule gratuite permanente à 0 €/mois |
Relevé du 22/09/2026. Les deux éditeurs ont en commun de n'exposer aucun tarif en données structurées : un assistant conversationnel interrogé sur leurs prix n'a de réponse toute prête chez ni l'un ni l'autre — contrairement à ce que nous avions mesuré chez Boxtal, qui publie 24 fiches de prix lisibles par machine.
Les 19 € achètent 30 lignes sur 77
La page e-commerçants de Shippingbo a un mérite rare : elle publie sa matrice fonctionnelle complète, et elle la publie proprement. Chaque case porte, dans le code de la page, la référence du pack concerné et sa valeur. On peut donc la compter sans l'interpréter. Elle contient 77 lignes de fonctionnalités, réparties en onze familles, du « multi-EAN par produit » au « Pick To Light ».
Le résultat du décompte est sévère pour le seul pack dont le prix est connu. Starter +, à partir de 19 € HT/mois, inclut 30 de ces 77 lignes — soit 39 %. Quatre autres lignes y sont marquées « En option », et 43 sont absentes. Il faut passer à Pro + pour atteindre 45 lignes incluses, à Premium + pour 60, à Expert + pour 70. Or ces trois packs sont « Sur devis ».
Ce que le pack chiffré ne contient pas mérite d'être nommé, parce que ce sont exactement les fonctions pour lesquelles une PME achète un OMS : la gestion automatique des lots et des packs, le multi-EAN, les numéros de série, le code SH pour la douane, le contrôle picking, la liste de picking, les consignes de préparation sur les produits, la récupération de commandes en dropshipping. Autrement dit, la ligne « 19 € » d'un comparatif ne désigne pas le produit que le comparatif décrit juste au-dessus.
C'est une mécanique déjà croisée sur les comparatifs d'ERP cloud : le prix d'appel existe, il est réel, il est simplement rattaché à une version du logiciel dont personne ne parle dans le corps du tableau.
Le tableau Sendcloud, et son décalage d'un centime
En face, la grille de Sendcloud est lisible — mais elle se contredit sur elle-même, exactement comme nous l'avions relevé quatre jours plus tôt. Les cartes d'abonnement et la foire aux questions de la même page ne donnent pas le même frais par étiquette, et l'écart est systématique : un centime, sur les quatre formules. Nous publions donc les deux valeurs, sans arbitrer à la place de l'éditeur.
| Formule | Mensuel | Annuel (−25 %) | Plafond mensuel | Par étiquette : carte / FAQ |
|---|---|---|---|---|
| Gratuit | 0 € | 0 € | non publié | 0,50 € au-delà |
| Lite | 35 € | 26 € | 400 étiquettes | 0,11 € / 0,10 € |
| Growth | 119 € | 89 € | 1 000 étiquettes | 0,10 € / 0,09 € |
| Premium | 219 € | 164 € | 10 000 étiquettes | 0,09 € / 0,08 € |
| Pro | 799 € | 599 € | 30 000 étiquettes | 0,08 € / 0,07 € |
Le dépassement de plafond est facturé 0,15 € par étiquette supplémentaire, qui s'ajoute au frais unitaire : la page donne elle-même l'exemple, 0,25 € l'étiquette au-delà de 400 sur la formule Lite. Sur un mois de novembre à 900 colis avec un abonnement Lite, cela fait 500 étiquettes à 0,25 € — 125 € qui n'apparaissent dans aucun comparatif, pour un abonnement affiché à 26 €.
C'est le piège de la saisonnalité, et il ne se voit qu'en raisonnant sur le mois le plus chargé. Une boutique à 3 500 colis par an tient largement dans la formule Lite en moyenne annuelle ; la même boutique, si 900 de ces colis partent en novembre, paie un supplément qui dépasse cinq mois d'abonnement.
Quant à l'engagement contractuel de disponibilité, il n'est publié chez aucun des deux. La ligne « Respect des engagements contractuels (SLA) » de la matrice Sendcloud renvoie à « Enterprise / Sur demande ». Les conditions de Shippingbo annoncent un service « accessible 24 H/24H, 7 jours sur 7 » — sans pourcentage, et assorti d'une liste d'exclusions qui couvre notamment les défaillances des services tiers connectés, c'est-à-dire des transporteurs et de la boutique.
Le pavillon a changé de camp le 28 octobre 2025
Ce comparatif se vend d'ordinaire sur un argument simple : l'éditeur français contre la plateforme néerlandaise. Cet argument n'est plus exact, et le vérifier prend dix minutes.
L'éditeur de Shippingbo est la SAS Facilecomm, SIREN 523 471 019, 3 avenue de l'Europe à Toulouse, immatriculée le 14 juillet 2010 — six ans avant la marque Shippingbo, que le communiqué de l'éditeur date de 2016. Catégorie PME, tranche d'effectif 50 à 99 salariés (référence 2023), chiffre d'affaires 2025 de 8 214 743 € pour un résultat net de 102 667 €.
Le registre indique aussi que Facilecomm est présidée par une personne morale : la société Shippingbo Group (SIREN 992 657 783), elle-même présidée par Shippingbo Group Holding (SIREN 992 637 082, code NAF 66.30Z, gestion de fonds). Ces deux structures ont été immatriculées le même jour, le 10 octobre 2025, et la holding est dotée d'un conseil de surveillance.
Le nom qui y figure ferme le dossier. Parmi les membres du conseil de surveillance : Jonas Kruip. Sur la fiche portefeuille publiée par Main Capital Partners, fonds d'investissement néerlandais (numéro de chambre de commerce 33294313, TVA NL809621344B01), la même personne est identifiée comme « Co-Head France & Investment Director », et Shippingbo y apparaît avec une date d'investissement au 28 octobre 2025, statut « Current », stratégie de fonds « Foundation » — le vocabulaire que Main réserve à ses prises de participation structurantes. Le communiqué du même jour, relayé par la presse logistique spécialisée, confirme l'opération et cite Romain Parent, General Manager de Shippingbo, que l'on retrouve également au conseil de surveillance de la holding.
Conclusion factuelle : depuis le 28 octobre 2025, la colonne « solution française » et la colonne « solution néerlandaise » d'un tableau Shippingbo vs Sendcloud ont le même pavillon au capital. Cela ne dit rien de la qualité des produits, ni de la localisation des données — l'hébergement de shippingbo.com est déclaré chez OVH, à Roubaix. Cela invalide seulement l'argument de souveraineté, qui est très souvent le seul argument du tableau.
Signe que la page corporate ne suit pas le registre : les mentions légales de Shippingbo désignent encore Marc Héricher comme directeur de la publication « en qualité de gérant », titre propre à la SARL, alors que Facilecomm est une SAS dont la présidence est aujourd'hui exercée par une société. Aucune mention du groupe ni de l'actionnaire n'y figure. La leçon vaut pour n'importe quelle marque : la page « qui sommes-nous » n'est pas une source d'actionnariat, le registre l'est.
Le contrat : le droit français, mais moins de protection sur le prix
C'est ici que le comparatif s'inverse, et c'est la partie qu'aucun tableau ne porte. Sur le droit applicable, Shippingbo gagne nettement. Sur la clause qui décide de votre facture, il perd.
Droit applicable. Les conditions générales de services de Facilecomm posent que « les présentes Conditions Générales de Services sont soumises au droit français ». Celles de Sendcloud posent l'inverse : « Seul le droit néerlandais s'applique aux Services et aux Conditions », avec compétence exclusive du « tribunal néerlandais de l'arrondissement judiciaire du Brabant oriental » — Sendcloud se réservant en outre la faculté de saisir le tribunal du lieu d'enregistrement du client. Sendcloud précise également qu'en créant des étiquettes issues de ses propres contrats transporteurs, elle « agit en qualité de transitaire au sens de l'article 8:60 du Code civil néerlandais » et « n'assume pas la responsabilité du transport effectif des marchandises ».
Modification des prix. Les conditions de Facilecomm contiennent une phrase qui vaut toutes les grilles : « FACILECOMM se réserve le droit de modifier les CONDITIONS TARIFAIRES à tout moment, sans aucun préavis. » Le même document accorde pourtant trente jours de préavis minimum pour modifier les conditions générales elles-mêmes. Le texte est donc mieux protégé que le tarif.
Chez Sendcloud, la clause est double, et il faut lire les deux. Sur les frais d'abonnement : « Une modification de prix ne prendra effet que trente (30) jours après que le Client en aura été informé par écrit », avec droit de résiliation si le changement a un effet négatif important. Sur les frais de transport, en revanche : Sendcloud peut les modifier « avec effet immédiat et sans préavis », s'engageant seulement à « s'efforcer » de prévenir quatorze jours à l'avance, ce qu'elle « ne peut garantir en toutes circonstances ».
La lecture combinée est édifiante. Sendcloud protège le petit prix — l'abonnement — et laisse libre le grand, celui du port, qui représente l'essentiel de la facture d'un expéditeur. Shippingbo ne protège rien, mais son prix ne porte que le logiciel : vos frais de port relèvent de votre contrat avec votre transporteur, que vous négociez et qui ne passe pas par l'éditeur. Selon votre situation, l'une ou l'autre asymétrie vous coûte plus cher — et dans les deux cas, la ligne qui bouge n'est pas celle du tableau.
Engagement et sortie. L'article 14 des conditions de Facilecomm prévoit un contrat conclu « sans durée d'engagement » ou « pour une durée minimale d'engagement de douze (12) mois », reconduit ensuite pour une durée indéterminée. Après la période d'engagement, chaque partie peut résilier avec quinze jours de préavis avant la prochaine facture. Avant son terme, en revanche, « le CLIENT sera redevable des factures passées et à venir jusqu'au terme de la période d'engagement » : une sortie en mois trois se paie neuf mois d'abonnement. Sendcloud facture « sur une base mensuelle ou annuelle, comme convenu » et propose une période d'essai de quatorze jours quand elle est indiquée à l'inscription.
Plafond de responsabilité. Facilecomm limite la sienne « à toutes demandes et tous préjudices confondus, aux sommes versées par le CLIENT [...] sur les six (6) derniers mois ». Sur un abonnement Starter + à 19 € HT/mois, le plafond contractuel est donc de 114 € HT, quel que soit le dommage. Sendcloud limite la sienne, pour les dommages matériels, « au montant principal indiqué sur la facture concernée », et pour le reste au montant effectivement versé par son assurance responsabilité civile. Aucune des deux ne couvre le chiffre d'affaires perdu pendant une panne de préparation de commandes : les deux excluent explicitement les dommages indirects.
Dernier détail, rarement lu : les conditions de Facilecomm interdisent au client, pendant le contrat et trois ans après, de « concevoir, développer et/ou commercialiser un logiciel identique ou similaire » à la solution. Une clause à faire relire si vous éditez vous-même des outils internes — le sujet rejoint celui de notre comparatif n8n vs Make vs Zapier, où l'auto-hébergement change la donne contractuelle.
Transporteurs : deux chiffres qui ne comptent pas la même chose
« Plus de 170 transporteurs » chez Sendcloud, une cinquantaine chez Shippingbo : le tableau tranche vite. Il compare pourtant une revendication commerciale à un décompte de fiches publiées, ce qui n'est pas la même unité.
Du côté de Shippingbo, on peut compter : le catalogue d'intégrations publie 52 connecteurs étiquetés « Transporteurs », chacun avec sa page. Ils sont nommés, donc vérifiables : Colissimo, Chronopost, Mondial Relay, DPD, GLS, UPS, DHL, FedEx, Geodis, Delivengo, Colis Privé, Heppner, Tempo One, Frequenceo, mais aussi DB Schenker, Dachser, Kuehne+Nagel, Palletways et Maersk. Cette dernière série est significative : ce sont des acteurs de la palette et du fret, pas du colis. Un e-commerçant qui expédie aussi en B2B sur palette trouve là une couverture que les plateformes de colis n'ont pas.
Du côté de Sendcloud, le chiffre de 170 est une revendication de la page produit, non un catalogue nominatif. Ce que le site publie effectivement en pages dédiées, dans son plan de site français, ce sont 14 fiches d'API transporteur : Colissimo, Chronopost, Mondial Relay, DPD, UPS, FedEx, Geodis, DHL Express, DHL eCommerce, Deutsche Post, Amazon Shipping, Bring, Spring et Landmark Global. C'est un décompte de documentation, pas un plafond de couverture — mais c'est le seul chiffre vérifiable de ce côté-là, et il faut le dire ainsi plutôt que d'opposer 170 à 52 comme si les deux se mesuraient pareil.
La différence structurelle, elle, est certaine et se lit dans les deux foires aux questions. Sendcloud répond explicitement à la question « Ai-je besoin d'un contrat avec chaque transporteur ? » par : « Non. Vous pouvez utiliser les tarifs négociés par Sendcloud ou connecter vos propres contrats. » Shippingbo ne propose pas de tarifs mutualisés : sa page décrit une automatisation qui vous évite « de naviguer entre les portails de vos transporteurs ». Les contrats restent les vôtres, ce qui suppose que vous en ayez.
C'est le critère de tri le plus rapide, et il précède tous les autres : avez-vous déjà des contrats transporteurs négociés ? Si non, Shippingbo vous laisse devant le même problème qu'avant, avec un logiciel de plus. Si oui, payer l'intermédiation d'une plateforme sur des tarifs que vous avez déjà obtenus mérite d'être chiffré ligne à ligne — c'est précisément l'arbitrage que nous avons détaillé dans Sendcloud vs Boxtal.
Qui devrait choisir quoi
Aucun des deux n'est « meilleur ». Ils répondent à deux douleurs distinctes, et le mauvais choix se paie surtout en projet raté, pas en abonnement.
Shippingbo a du sens si…
- • Vous avez un entrepôt physique à organiser : emplacements, picking, réassort, inventaires.
- • Vous vendez sur plusieurs canaux (site, marketplaces, B2B) et vos stocks se désynchronisent.
- • Vous gérez des lots, DLUO, numéros de série ou des matières dangereuses.
- • Vous expédiez aussi en palette ou en fret.
- • Vous avez déjà des contrats transporteurs négociés.
- • Le droit français et un interlocuteur en France pèsent dans votre décision.
Sendcloud a du sens si…
- • Votre stock tient dans une réserve et votre douleur est l'étiquette, pas l'emplacement.
- • Vous n'avez pas de contrat transporteur et voulez des tarifs immédiatement.
- • Vous voulez tester sans devis : la formule gratuite existe et les plafonds sont publiés.
- • Vous expédiez à l'international en Europe et changez souvent de transporteur.
- • Vous voulez maîtriser le suivi, les notifications et les retours côté client final.
- • Votre volume mensuel est régulier : les plafonds pénalisent la saisonnalité.
Le cas le plus fréquent reste celui où la question est mal posée. Une PME qui hésite entre les deux a souvent deux problèmes empilés : un problème de stock et un problème d'expédition. Les deux outils peuvent cohabiter — un OMS en amont, une plateforme d'expédition en aval — et ce n'est pas un aveu d'échec, c'est la configuration normale au-delà d'un certain volume. Ce qu'il faut refuser, c'est d'acheter un OMS pour résoudre un problème d'étiquette, ou une plateforme d'étiquettes pour résoudre un problème d'inventaire. Le même raisonnement vaut face à un ERP qui promet déjà un module logistique, ou face aux arbitrages décrits dans notre guide du coût d'une transformation digitale.
Si votre boutique n'est pas encore arrêtée, la couche d'en dessous se choisit d'abord : voir Shopify vs WooCommerce vs PrestaShop.
Comment instruire l'achat en six étapes
Voici la séquence que nous appliquons chez nos clients, dans cet ordre. Elle coûte une demi-journée et évite l'essentiel des mauvaises signatures.
- Nommer la douleur en une phrase. « Je perds du temps sur les étiquettes » et « je ne sais pas où sont mes produits » n'appellent pas le même achat. Si la phrase contient le mot « emplacement », « inventaire » ou « préparation », c'est un OMS ou un WMS qu'il vous faut.
- Vérifier vos contrats transporteurs. En avez-vous ? À quels volumes ? Sans contrat négocié, un logiciel qui se branche sur vos contrats ne règle rien.
- Extraire cent expéditions réelles. Poids, dimensions, mode de livraison, destination, mois. C'est le seul panier de test valable, et il révèle la saisonnalité que les plafonds mensuels sanctionnent.
- Demander le devis avec la matrice en main. Face à une grille « Sur devis », entrez dans l'entretien avec la liste des lignes fonctionnelles qui vous manquent dans le pack d'appel, et faites préciser lesquelles sont incluses, en option payante, ou absentes.
- Lire trois clauses avant la grille. Le droit applicable et le tribunal ; le préavis de modification tarifaire ; la durée d'engagement et le coût d'une sortie anticipée. Ces trois clauses pèsent plus que dix euros d'abonnement.
- Additionner sur douze mois. Abonnement, frais unitaires, dépassements du mois le plus chargé, coût d'intégration et de formation. Comparez ce total, jamais la ligne d'abonnement seule.
Cette instruction est exactement le travail que nous menons en mission de pilotage supply chain, en lien avec la refonte d'un site e-commerce quand les deux chantiers se croisent.
Questions fréquentes
Shippingbo est-il moins cher que Sendcloud ?
La question n'a pas de réponse publique. Shippingbo n'affiche qu'un seul prix pour sa suite logistique, « à partir de 19 € HT/mois » sur le pack Starter +, qui contient 30 des 77 lignes de sa propre matrice fonctionnelle. Les trois packs supérieurs sont « Sur devis ». Sendcloud affiche quatre formules chiffrées de 35 à 799 € par mois, plus des frais par étiquette et un tarif de dépassement. On peut comparer les deux grilles publiées ; on ne peut pas comparer les deux produits sur leur prix, faute de prix complet d'un côté.
Shippingbo est-il une solution française ?
L'éditeur est une société française, la SAS Facilecomm, immatriculée à Toulouse depuis 2010, et ses conditions générales sont soumises au droit français. Son actionnaire de contrôle, en revanche, est le fonds néerlandais Main Capital Partners, entré au capital le 28 octobre 2025 selon la fiche portefeuille publiée par le fonds lui-même. Le site est hébergé chez OVH, à Roubaix. « Éditeur français, capital néerlandais » est la formulation exacte.
Faut-il avoir ses propres contrats transporteurs avec Shippingbo ?
Oui. Shippingbo connecte les comptes transporteurs que vous détenez : son catalogue publie 52 connecteurs étiquetés « Transporteurs », mais il ne revend pas de tarifs mutualisés. Sendcloud propose les deux : sa foire aux questions indique explicitement que vous pouvez « utiliser les tarifs négociés par Sendcloud ou connecter vos propres contrats ».
Peut-on utiliser Shippingbo et Sendcloud ensemble ?
Les deux couvrent des périmètres largement distincts — la commande et l'entrepôt d'un côté, l'étiquette et le suivi de l'autre — et l'empilement est fréquent au-delà d'un certain volume. Notez toutefois que le catalogue d'intégrations de Shippingbo, relevé le 22 septembre 2026, ne publie pas de connecteur Sendcloud : une telle combinaison passerait par l'API ouverte de Shippingbo, ce qui est un projet d'intégration, pas une case à cocher.
Quelle est la durée d'engagement chez Shippingbo ?
Son article 14 prévoit deux possibilités : sans engagement, ou douze mois minimum, avec reconduction ensuite pour une durée indéterminée. En cas de résiliation avant le terme de l'engagement, le client reste redevable des factures passées et à venir jusqu'au terme de la période. Après l'engagement, la résiliation demande quinze jours de préavis avant la facture suivante. Par ailleurs, les conditions permettent à l'éditeur de modifier ses conditions tarifaires « à tout moment, sans aucun préavis ».
Ce qu'il faut retenir
Trois constats suffisent à sortir de ce comparatif avec une décision.
Un. Les deux produits ne se situent pas à la même couche. Shippingbo orchestre la commande, le stock et l'entrepôt jusqu'à l'étiquette ; Sendcloud commence à l'étiquette. Le recouvrement est étroit, et le choix se joue sur la douleur, pas sur le prix.
Deux. Un seul des deux publie une grille complète. Sur les cinq pages tarifaires de Shippingbo, deux valeurs de prix seulement sont affichées, dont une seule pour la suite logistique — et elle correspond au pack qui porte 30 des 77 fonctions. Tout comparatif qui aligne « 19 € » contre « 26 € » compare une porte d'entrée à un produit.
Trois. L'argument de souveraineté a cessé d'être exact le 28 octobre 2025, et l'argument juridique s'inverse en cours de route : le contrat français offre moins de protection sur le prix que le contrat néerlandais, qui accorde trente jours de préavis sur l'abonnement — mais aucun sur les frais de transport, c'est-à-dire sur la ligne qui pèse le plus lourd.
La bonne question à poser en premier tient en huit mots : avez-vous un problème d'entrepôt ou d'étiquette ? Le reste en découle.