Ce comparatif est périmé partout, pour trois raisons vérifiables
Cherchez « Yousign vs DocuSign » et vous tomberez sur le même récit, décliné sur des dizaines de pages : « Yousign, l'alternative française souveraine et moins chère ; DocuSign, le géant américain, plus cher mais plus complet ». Ce récit est faux sur ses trois piliers. Pas approximatif : faux, et démontrable en quelques minutes à la source.
Premièrement, Yousign ne s'appelle plus Yousign. L'entreprise est devenue Youtrust le 16 juillet 2026. Ce n'est pas une rumeur de blog : yousign.com répond aujourd'hui par une redirection permanente HTTP 301 vers youtrust.com, et la liste de confiance officielle de l'ANSSI porte désormais les deux raisons sociales.
Deuxièmement, les deux grilles tarifaires sont identiques. Pas « proches » : identiques, au centime près, sur les trois offres comparables — 9 €, 23 € et 38 € HT par mois. L'argument du « moins cher » n'a plus d'objet.
Troisièmement, la souveraineté n'est pas le critère qu'on croit. Sur la liste de confiance française, Docusign France et Youtrust détiennent exactement les mêmes qualifications, ni plus ni moins. Le drapeau de l'éditeur ne départage rien à ce niveau.
Reste alors la vraie question, celle qu'aucun tableau à deux colonnes ne pose : à prix égal et à qualification égale, qu'est-ce qui distingue réellement ces deux outils ? La réponse tient en un mot que les comparatifs ignorent — la conservation — et elle engage votre entreprise bien plus longtemps que votre abonnement.
Yousign est devenue Youtrust : ce qui change, ce qui ne change pas
Fondée à Caen en 2013, Yousign a annoncé en novembre 2025 son changement de nom, effectif le 16 juillet 2026. L'entreprise revendique environ 215 salariés et plus de 30 000 clients en Europe, principalement en France, en Allemagne et en Italie, après une levée de 30 millions d'euros en 2021.
Le changement de nom traduit un élargissement de périmètre assumé : de la seule signature électronique vers une plateforme de confiance numérique couvrant aussi la vérification d'identité et de documents, et le cachet électronique. La marque Yousign subsiste comme nom du produit de signature au sein de l'ensemble Youtrust.
Concrètement, pour un client existant : les identifiants, les modèles et l'historique de signatures sont inchangés, et les tarifs n'ont pas bougé à l'occasion du changement de nom. La migration du site a eu lieu à la mi-juillet 2026, celle de l'application est annoncée pour 2027.
Pourquoi ce point mérite mieux qu'une note de bas de page : il vous donne un test de fraîcheur immédiat. Tout comparatif publié ou « mis à jour en 2026 » qui parle encore de « Yousign » sans mentionner Youtrust n'a pas été revérifié depuis au moins l'été 2026. Or c'est précisément la période où les grilles tarifaires des deux éditeurs ont convergé. Un article qui rate le nom rate aussi, presque systématiquement, les prix.
Nous utiliserons ci-après Youtrust (ex-Yousign), puisque c'est la dénomination qui figure aujourd'hui au registre des prestataires qualifiés.
Les prix sont identiques — mais l'unité facturée ne l'est pas
Voici les grilles relevées le 5 août 2026 directement sur les pages tarifaires des deux éditeurs, et non recopiées d'un comparatif tiers. La coïncidence est frappante.
| Niveau d'offre | Youtrust (ex-Yousign) | DocuSign |
|---|---|---|
| Gratuit | Free — 1 utilisateur, 2 signatures simples/mois | — |
| Entrée | One — 9 € HT/mois (108 €/an) 1 utilisateur, 10 signatures simples/mois |
Personal — 9 €/mois (108 €/an) 1 utilisateur, 5 enveloppes/mois |
| Intermédiaire | Plus — 23 € HT/mois/utilisateur (276 €/an) Signatures simples illimitées |
Standard — 23 €/mois/utilisateur (276 €/an) Jusqu'à 50 utilisateurs · 100 enveloppes/utilisateur/an |
| Supérieur | Pro — 38 € HT/mois/utilisateur (456 €/an) Signatures simples illimitées |
Business Pro — 38 €/mois/utilisateur (456 €/an) 100 enveloppes/utilisateur/an |
| Signature qualifiée (QES) | Module à l'unité : 15 €/unité en mensuel, 10 €/unité en annuel (à partir de 10) | Module complémentaire, à partir de 10 € par destinataire |
| Au-delà | Formulaires automatisés dès 10 €/mois · SSO en module (Pro) | Offres améliorées sur devis au-delà de 50 utilisateurs |
9 / 23 / 38 des deux côtés. 108 / 276 / 456 par an des deux côtés. Autrement dit, l'affirmation la plus répandue du marché français — « Yousign est l'alternative moins chère à DocuSign » — ne résiste pas à une simple lecture des deux pages tarifaires le même jour.
Mais l'égalité des prix rend visible une différence bien plus intéressante, et celle-là est structurante : à prix rigoureusement identique, les deux éditeurs ne facturent pas la même chose.
Youtrust vend un siège : au-delà de l'offre d'entrée, l'utilisateur envoie autant de signatures simples qu'il veut. DocuSign vend un siège assorti d'un compteur : l'offre Standard et l'offre Business Pro incluent jusqu'à 100 enveloppes par utilisateur et par an en engagement annuel (ou 10 par utilisateur et par mois en mensuel), au-delà desquelles il faut acheter des enveloppes supplémentaires.
Deux précisions issues des conditions de l'éditeur, et qui changent tout dans le calcul : une enveloppe envoyée est décomptée, qu'elle soit signée ou non, et les envois réalisés via les formulaires de type PowerForms s'imputent sur le même quota. Un devis relancé trois fois consomme trois enveloppes pour un seul contrat signé.
Le point de bascule n'est pas un effectif, c'est un volume
Tous les comparatifs cherchent le seuil de bascule du mauvais côté : ils raisonnent en nombre d'utilisateurs. Puisque le prix par siège est le même, le nombre d'utilisateurs ne départage strictement rien. La variable qui décide est le volume d'envois par utilisateur.
Le seuil est simple à retenir : 100 enveloppes par utilisateur et par an, soit environ 8 par mois. En dessous, les deux solutions coûtent exactement la même chose. Au-dessus, le coût de DocuSign augmente pendant que celui de Youtrust reste plat.
Huit envois par mois, c'est peu. Un commercial qui envoie deux devis par semaine dépasse le quota avant la fin du premier trimestre. Un cabinet de recrutement, une agence immobilière, une société de services qui fait signer des ordres de mission épuise l'enveloppe annuelle en quelques semaines.
| Scénario (5 utilisateurs, offre intermédiaire, 36 mois) | Youtrust Plus | DocuSign Standard |
|---|---|---|
| Abonnement sur 3 ans (5 × 276 € × 3) | 4 140 € | 4 140 € |
| Envois inclus par an | Illimités | 500 (5 × 100) |
| Usage modéré : 400 envois/an | 4 140 € — aucun surcoût | 4 140 € — match nul parfait |
| Usage courant : 1 500 envois/an | 4 140 € — aucun surcoût | 4 140 € + 1 000 enveloppes à acheter chaque année |
| Usage intensif : 3 000 envois/an | 4 140 € — aucun surcoût | 4 140 € + 2 500 enveloppes à acheter chaque année |
Nous ne chiffrons volontairement pas le prix des enveloppes supplémentaires : il se négocie et n'est pas publié au catalogue. C'est justement le point à retenir. La partie variable de votre facture DocuSign est la seule qui ne soit pas affichée, et c'est celle qui croît avec votre activité.
La formulation utile pour votre décision : à prix d'abonnement égal, vous choisissez entre un coût connu d'avance et un coût indexé sur votre succès commercial. Plus vous signez de contrats, plus l'écart se creuse — dans un sens seulement.
La question à poser en avant-vente, et à faire écrire au devis : quel est le prix unitaire de l'enveloppe supplémentaire, est-il garanti pendant la durée de l'engagement, et les enveloppes non consommées sont-elles reportées d'une année sur l'autre ? Le même réflexe s'applique à tout outil vendu au siège mais compté à l'usage — nous l'avions déjà rencontré sur les crédits d'IA dans notre comparatif monday.com vs Asana.
Souveraineté : ce que dit vraiment la liste de confiance de l'ANSSI
Le deuxième pilier du récit dominant, c'est la souveraineté : Youtrust serait le choix « français », DocuSign le choix « américain ». Cette opposition est intuitive. Elle est aussi, au niveau qui compte juridiquement, dépourvue de fondement.
En France, un prestataire ne s'auto-déclare pas qualifié. Il est audité, puis inscrit sur la liste nationale de confiance tenue par l'ANSSI, elle-même republiée dans la liste européenne agrégée par la Commission. Ce fichier est public et lisible. Voici ce qu'il contient réellement pour les acteurs concernés, sur les 39 prestataires qualifiés français recensés.
| Service qualifié (liste de confiance FR) | Docusign France | Youtrust | Arkhineo | Universign |
|---|---|---|---|---|
| Certificats qualifiés (signature, cachet) | Oui | Oui | Non | Oui |
| Horodatage qualifié | Oui | Oui | Non | Oui |
| Dispositif de création de signature à distance | Oui | Oui | Non | Non |
| Conservation qualifiée | Non | Non | Oui | Oui |
| Validation qualifiée | Non | Non | Oui | Oui |
Le constat est sans ambiguïté : Docusign France et Youtrust détiennent exactement le même triplet de qualifications. Ni plus, ni moins. Sur le terrain où se joue la valeur juridique d'une signature, les deux sont à égalité parfaite.
Premier débunk. « DocuSign étant américain, il ne peut pas délivrer de signature qualifiée en France » est faux. Docusign France est une entité de droit français, établie à Issy-les-Moulineaux, auditée et inscrite sur la liste tenue par l'ANSSI, avec son propre dispositif qualifié de création de signature à distance. Une signature qualifiée émise par ce biais est une signature qualifiée au sens du règlement, reconnue dans toute l'Union.
Second débunk, symétrique — et il est important de le poser aussi. Youtrust n'est pas qualifié SecNumCloud. Plusieurs sites tiers l'affirment ; la page sécurité de l'éditeur, elle, ne le revendique nulle part. Elle indique que « les solutions Youtrust sont exclusivement hébergées en France », ce qui est un engagement de localisation — précieux, mais qui n'est pas la qualification SecNumCloud de l'ANSSI. Confondre les deux, c'est vendre au client une garantie qu'il n'a pas.
Ce qui subsiste, et qu'il faut dire clairement : le groupe DocuSign, dont la maison mère est américaine, demeure dans le champ du CLOUD Act, quelle que soit la localisation technique des traitements. C'est un critère réel, qui relève de votre analyse de risque et de vos obligations au titre du RGPD — et non du niveau de qualification de la signature. Les deux sujets sont distincts et gagnent à ne pas être confondus.
La formule que nous en retirons, et qui prolonge celle posée dans OVHcloud vs AWS : la souveraineté d'une signature ne se lit pas sur le drapeau de l'éditeur, elle se lit sur la liste de confiance — et la liste de confiance dit ici la même chose des deux.
« Conforme eIDAS » : un argument que les deux vendent et qui ne départage rien
Les deux éditeurs mettent en avant leur conformité eIDAS. C'est exact des deux côtés, et c'est pour cette raison même que l'argument est neutre. Ce qui n'est pas neutre, en revanche, c'est le niveau de signature que vous utilisez réellement — et là, une confusion coûteuse s'installe.
Le règlement distingue trois niveaux : simple, avancée et qualifiée. Les trois sont recevables en justice, et l'article 25 §1 interdit d'écarter une signature au seul motif qu'elle est électronique ou non qualifiée. Mais l'article 25 §2 réserve à la seule signature qualifiée l'effet équivalent à celui d'une signature manuscrite.
Le droit français dit la même chose avec ses propres mots. L'article 1367 du Code civil pose une présomption de fiabilité du procédé, et le décret n° 2017-1416 du 28 septembre 2017 précise que cette présomption ne joue que lorsque le procédé met en œuvre une signature électronique qualifiée. En clair : avec une signature simple ou avancée, votre contrat reste valable, mais c'est à vous de prouver la fiabilité du procédé si votre cocontractant conteste. Avec une signature qualifiée, la charge s'inverse.
Voici le point que les comparatifs escamotent : la signature qualifiée n'est incluse dans aucune offre, chez aucun des deux. Elle est facturée à l'unité de part et d'autre — 15 € (ou 10 € en volume annuel) chez Youtrust, à partir de 10 € chez DocuSign. La « conformité eIDAS » affichée sur les pages produit désigne donc, dans l'immense majorité des usages, une signature simple ou avancée qui ne bénéficie d'aucune présomption.
Une nuance d'unité mérite votre attention, car elle peut multiplier la facture : DocuSign facture la signature qualifiée par destinataire. Un contrat tripartite en qualifié, ce sont trois unités. Faites préciser par écrit, chez l'un comme chez l'autre, si l'unité facturée est le document ou le signataire — la différence est d'un facteur deux ou trois sur les actes à plusieurs parties.
Recommandation pratique : réservez la signature qualifiée aux actes où l'enjeu justifie son coût et sa friction — cession de parts, engagement de caution, marchés publics, actes soumis à une exigence légale explicite — et restez en avancé pour le flux courant. C'est le même raisonnement de proportionnalité que celui appliqué au choix d'une plateforme dans notre guide sur le choix d'une plateforme agréée.
Le vrai critère de départage : les deux signent, un seul conserve
Nous arrivons au point qui justifie à lui seul de reprendre ce comparatif à zéro. Sur les 39 prestataires qualifiés français, seuls deux détiennent la qualification de service de conservation : Arkhineo (groupe Docaposte) et Cryptolog International, qui exploite Universign. Ni Docusign France, ni Youtrust ne l'a en propre.
Or une signature électronique n'est pas un objet stable. Le certificat qui la porte a une durée de vie limitée, les algorithmes vieillissent, et la capacité à démontrer des années plus tard que le document n'a pas bougé depuis sa signature ne va pas de soi. Signer est un événement ; prouver est une obligation qui dure.
Et cette obligation dure bien plus longtemps que votre abonnement. L'article L110-4 du Code de commerce fixe à cinq ans la prescription des obligations entre commerçants ; l'article L123-22 du Code de commerce impose dix ans de conservation des documents comptables ; certains engagements liés à la construction ou à l'immobilier portent bien au-delà. L'article 1379 du Code civil ajoute qu'une copie ne vaut l'original que si elle est fiable, c'est-à-dire durablement intègre.
C'est ici, et seulement ici, que les deux offres divergent réellement.
Youtrust indique sur sa page sécurité que les dossiers de preuve constitués à chaque signature sont archivés chez Arkhineo — précisément l'un des deux prestataires qualifiés pour la conservation — pour une durée de dix ans, et ce sur l'ensemble des offres. L'éditeur ne détient pas la qualification, mais il l'achète pour vous et l'inclut dans le prix.
Chez DocuSign, la logique est différente : la rétention par défaut court aussi longtemps que le compte est actif. À la résiliation, une période de grâce de l'ordre de 90 jours permet d'exporter documents, rapports et modèles, après quoi les données sont supprimées de manière irréversible. C'est une politique parfaitement légitime et clairement documentée — mais elle fait reposer sur vous, et sur votre vigilance au moment de partir, une obligation qui vous suivra pendant cinq à dix ans.
La morale est la même que celle rencontrée deux fois cette semaine, et elle mérite d'être posée comme règle générale. Dans OVHcloud vs AWS, le péage de sortie visible pèse moins lourd que le trafic récurrent qui lui survit. Dans Payfit vs Silae, l'obligation de mettre les bulletins à disposition pendant cinquante ans dépasse de très loin le coût du logiciel. Ici encore : le coût de sortie visible est le petit morceau ; l'engagement qui survit à la résiliation est le gros.
Trois questions à poser avant de signer, chez l'un comme chez l'autre : combien de temps mes documents et mes dossiers de preuve restent-ils accessibles après résiliation ? L'archivage est-il confié à un prestataire qualifié pour la conservation, et lequel ? Sous quel format puis-je exporter l'ensemble, dossiers de preuve compris, de façon opposable à un tiers ?
eIDAS 2 et le portefeuille européen : l'échéance du 24 décembre 2026
Un dernier élément doit entrer dans une décision prise en 2026, parce qu'il va déplacer le terrain de jeu : le règlement (UE) 2024/1183, dit eIDAS 2, entré en vigueur le 20 mai 2024.
Son apport principal est le portefeuille européen d'identité numérique. Les actes d'exécution relatifs au portefeuille et aux attestations d'attributs ont été adoptés le 21 novembre 2024, ceux relatifs aux services de confiance — dont l'archivage et la signature à distance — le 21 mai 2025. Chaque État membre doit mettre au moins un portefeuille interopérable à disposition de ses citoyens d'ici le 24 décembre 2026.
Ce que cela change concrètement pour une PME : la vérification d'identité, aujourd'hui l'étape la plus coûteuse et la plus abandonniste du parcours de signature qualifiée, sera assurée par le portefeuille. La signature qualifiée devrait donc devenir sensiblement moins chère et moins pénible à obtenir — ce qui rend l'écart de tarif à l'unité entre les deux éditeurs bien moins déterminant à moyen terme qu'il ne le paraît aujourd'hui.
Réserve d'honnêteté : le calendrier de disponibilité effective des portefeuilles nationaux fait l'objet de doutes documentés, et une échéance réglementaire n'est pas une date de mise en production. Nous la mentionnons comme une tendance à intégrer dans un choix d'outil, non comme un fait acquis pour votre exercice 2027.
Le critère opérationnel qui en découle est simple : demandez aux deux éditeurs leur feuille de route d'intégration du portefeuille européen. Le sujet identité est d'ailleurs exactement celui que Youtrust invoque pour justifier son changement de nom, ce qui est un signal — mais un signal de positionnement, pas une garantie de livraison.
Verdict : qui choisir, selon quel profil
Puisque les prix affichés sont identiques et les qualifications équivalentes, le verdict ne peut pas être « l'un est meilleur ». Il dépend de trois variables : votre volume d'envois, votre exposition au risque extraterritorial, et votre horizon de conservation.
| Votre situation | Recommandation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Plus de 8 envois par utilisateur et par mois | Youtrust | Illimité contre quota de 100/an à prix identique. L'écart ne peut que croître. |
| Volume faible et régulier, sous le quota | Indifférent | Match nul strict sur le prix. Décidez sur l'ergonomie et les intégrations existantes. |
| Horizon de preuve long (5 à 10 ans et plus) | Youtrust, ou DocuSign + archiveur qualifié | L'archivage 10 ans chez un prestataire qualifié est inclus d'un côté, à organiser de l'autre. |
| Exposition extraterritoriale à documenter | Youtrust | Le groupe DocuSign reste dans le champ du CLOUD Act — critère de gouvernance, pas de qualification. |
| Groupe international, contreparties hors UE | DocuSign | Notoriété mondiale, écosystème d'intégrations et acceptation par les tiers plus larges. |
| Besoin ponctuel de signature qualifiée | Les deux, en module | Aucun ne l'inclut. Vérifiez l'unité facturée : document ou destinataire. |
Un mot sur le critère de pérennité, que nous appliquons systématiquement — y compris quand il dessert le champion national. Youtrust est une PME normande d'environ 215 salariés qui vient de changer de marque et d'élargir son périmètre : c'est une trajectoire de croissance, mais un changement de nom reste un moment de fragilité commerciale. DocuSign est un acteur coté de dimension mondiale, avec la solidité et l'inertie tarifaire que cela implique. Aucun des deux ne présente de risque de continuité identifiable à court terme.
Enfin, si la signature électronique s'inscrit dans un chantier plus large de dématérialisation, elle se pense avec le reste de votre socle plutôt qu'isolément : voyez notre panorama des outils de la transformation digitale et le comparatif des logiciels de facturation électronique, dont les échéances de 2026 et 2027 mobilisent souvent les mêmes flux documentaires.
Questions fréquentes
Yousign et Youtrust, est-ce la même entreprise ?
Oui. Yousign, fondée à Caen en 2013, est devenue Youtrust le 16 juillet 2026. Le domaine yousign.com redirige de façon permanente vers youtrust.com, et les deux raisons sociales figurent sur la liste de confiance de l'ANSSI. Les comptes, modèles, historiques et tarifs des clients existants sont inchangés, et la marque Yousign subsiste comme nom du produit de signature.
Youtrust est-il vraiment moins cher que DocuSign ?
Non, pas sur le prix affiché. Au 5 août 2026, les deux éditeurs facturent 9 €, 23 € et 38 € HT par mois sur leurs trois offres comparables, soit 108, 276 et 456 € par an. La différence porte sur l'unité facturée : Youtrust inclut les signatures simples de façon illimitée dès l'offre Plus, tandis que DocuSign limite ses offres Standard et Business Pro à 100 enveloppes par utilisateur et par an.
DocuSign peut-il délivrer une signature qualifiée valable en France ?
Oui. Docusign France est un prestataire de services de confiance qualifié inscrit sur la liste nationale tenue par l'ANSSI, avec certificats qualifiés, horodatage qualifié et dispositif de création de signature à distance. Il détient exactement les mêmes qualifications que Youtrust. En revanche, la maison mère américaine du groupe reste dans le champ du CLOUD Act, ce qui relève de votre analyse de risque et non du niveau de qualification.
La signature qualifiée est-elle incluse dans les abonnements ?
Non, chez aucun des deux. Elle est vendue en module à l'unité : 15 € l'unité en engagement mensuel chez Youtrust, 10 € à partir de dix unités en annuel, et à partir de 10 € par destinataire chez DocuSign. Vérifiez l'unité de facturation, car un acte à trois signataires peut être compté trois fois. Seule la signature qualifiée bénéficie de la présomption de fiabilité du décret n° 2017-1416.
Que deviennent mes documents signés si je résilie mon abonnement ?
C'est le point de divergence le plus important et le moins documenté. Youtrust fait archiver les dossiers de preuve chez Arkhineo, prestataire qualifié pour la conservation, pendant dix ans et sur toutes ses offres. Chez DocuSign, la rétention court tant que le compte est actif, avec une période de grâce d'environ 90 jours pour exporter avant suppression définitive. Or vos obligations de preuve courent cinq à dix ans selon les articles L110-4 et L123-22 du Code de commerce.
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Tarifs et qualifications relevés le 5 août 2026 sur les pages officielles des éditeurs et sur la liste de confiance française publiée par l'ANSSI. Les grilles tarifaires et les listes de qualification évoluent : vérifiez-les à la source avant tout engagement contractuel.