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9 septembre 202615 min de lecturePar Nathan Ibgui, CIO externalisé

Teams Phone vs Ringover : lequel pour votre PME en 2026 ?

Teams Phone à 8,70 € n’inclut aucune minute d’appel. Prix réels des deux côtés, coût annuel à 10 utilisateurs et pièges de grille, relevés en septembre 2026.

Une PME qui paie déjà Microsoft 365 se pose toujours la même question au moment de remplacer son standard : puisque tout le monde est sur Teams, pourquoi acheter une téléphonie séparée ? La réponse tient rarement dans le tableau à deux colonnes qu'on trouve en ligne, et pour une raison précise : la ligne la moins chère de la colonne Microsoft ne contient aucune minute d'appel.

Cet article compare Microsoft Teams Phone et Ringover à partir des pages officielles des deux éditeurs, relevées le 9 septembre 2026. Il complète nos face-à-face Aircall vs Ringover (deux outils dédiés), 3CX vs Wildix (deux IPBX) et Zoom vs Google Meet (la visio). Ici, on oppose pour la première fois l'option d'une suite déjà payée à un opérateur indépendant.

L'essentiel en 30 secondes

Teams Phone

Un complément à une licence Microsoft que vous payez déjà. 8,70 € HT par utilisateur et par mois pour la brique logicielle — sans aucune minute d'appel. Les appels se rachètent à part.

Ringover

Un service autonome vendu par une société immatriculée en télécommunications. 20 € HT par utilisateur et par mois en facturation annuelle, appels compris, 3 utilisateurs minimum et 12 mois d'engagement.

À périmètre comparable — c'est-à-dire une fois les appels nationaux ajoutés côté Microsoft — les deux offres se tiennent à moins d'un euro par utilisateur et par mois. Tout le reste de la décision se joue ailleurs que sur le prix, et c'est ce que cet article détaille.

Le piège n° 1 : un système téléphonique sans téléphone

La page française de Microsoft présente Teams Phone Standard comme « une solution d'appel complète basée sur le cloud intégrée nativement à Teams », à 8,70 € HT par utilisateur et par mois. Le mot « complète » est trompeur pour un lecteur pressé : cette licence apporte le standard — numéros, transferts, messagerie vocale, files d'attente — mais pas la capacité d'appeler un numéro extérieur. Il faut y ajouter soit un forfait d'appels Microsoft, soit un opérateur tiers.

La documentation technique de Microsoft l'écrit sans ambiguïté : il faut d'abord acheter la licence complémentaire Teams Phone, puis acheter le forfait d'appels séparément. Et elle ajoute cet avertissement : selon votre offre, vous pourriez devoir acheter d'autres compléments avant même de pouvoir acheter des licences Teams Phone. La page commerciale, elle, précise en petits caractères qu'« une licence distincte pour Microsoft Teams est nécessaire ».

Autrement dit, le chiffre de 8,70 € est le deuxième étage d'un empilement d'au moins trois, quand le chiffre de Ringover en compte un seul.

Teams Phone Ringover 3. Forfait d'appels ou opérateur tiers 2. Teams Phone Standard 8,70 € HT / utilisateur / mois 1. Licence Microsoft Teams déjà payée, ou à ajouter Offre TALK, appels compris 20 € HT / utilisateur / mois Le nombre d'étages est ce que le tableau à deux colonnes ne montre jamais.

Les prix publiés, des deux côtés

Voici ce que les deux éditeurs affichent réellement sur leurs pages tarifaires au 9 septembre 2026. Tous les montants sont hors taxes, par utilisateur et par mois.

Offre Prix HT Ce que ça comprend
Teams Phone Standard 8,70 € Le standard seul. Aucune minute d'appel sortant.
Teams Phone + paiement à l'usage (zone 2) 11,30 € Appels entrants illimités, zéro minute sortante incluse, sortants facturés à la consommation.
Teams Phone + appels nationaux (zone 2) 19,10 € Appels locaux inclus, dans la limite d'un quota de minutes.
Teams Phone + national et international 29,50 € Appels locaux et internationaux inclus, également sous quota.
Ringover TALK (annuel) 20 € Téléphonie complète. 3 utilisateurs minimum, engagement 12 mois, souscription en ligne uniquement.
Ringover TALK (mensuel) 29 € Même périmètre, sans remise annuelle.
Ringover BUSINESS (annuel / mensuel) 47 € / 57 € Ajoute le multicanal et les briques IA pour les équipes Ventes et Support.
Ringover ADVANCED non publié Aucun montant sur la page. Devis.

Un détail à ne pas manquer côté Microsoft : les prix affichés supposent un abonnement annuel à renouvellement automatique, et la TVA n'est pas comprise. Côté Ringover, les deux cartes chiffrées portent la même double contrainte : 3 utilisateurs minimum et engagement 12 mois. Une PME de deux personnes ne peut donc pas acheter l'offre TALK au tarif affiché.

Le piège n° 2 : « pays zone 2 », un libellé que la page française ne définit pas

Deux des quatre prix de Microsoft sont explicitement libellés « pays zone 2 ». Sur l'intégralité de la page française, le mot « France » n'apparaît qu'une seule fois — dans le pied de page, au sélecteur de langue. La page qui vous vend un prix « zone 2 » ne vous dit nulle part si vous êtes en zone 2.

La page américaine équivalente, elle, écrit « country zone 1 - US » : le pays figure dans le libellé. La définition complète n'existe que dans la documentation technique en anglais, qui précise que la zone 1 couvre les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, et que la zone 2 comprend la France, aux côtés de l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, la Belgique et une vingtaine d'autres pays.

Le prix français est donc correct, mais il est libellé dans un système de découpage dont la clé de lecture se trouve dans une autre langue, sur un autre site. C'est un cas d'école : un comparatif qui recopie « Teams Phone 11,30 € » sans vérifier la zone recopie un chiffre qu'il n'a pas compris.

Même logique pour l'avertissement affiché sous ces offres : « Teams Phone avec Forfait d'appels est disponible dans certains marchés ». La disponibilité n'est pas universelle, et la documentation ajoute une étape que personne ne mentionne jamais : une validation « Know Your Customer » peut être exigée avant d'obtenir ou de porter des numéros, avec un délai annoncé d'environ trois jours ouvrés.

Le piège n° 3 : une remise expirée depuis sept mois

La carte BUSINESS de Ringover affiche, au 9 septembre 2026, un bandeau « Boost Nouvelle année » et un badge « -10 % ». Deux choses méritent d'être signalées, parce qu'aucune n'est visible pour un lecteur pressé.

D'abord, la note de bas de grille attachée à cette promotion indique : « Offre valable du 8 janvier 2026 au 31 janvier 2026 ». La remise mise en avant sur la page est donc échue depuis plus de sept mois.

Ensuite, dans le code de la page tel qu'il est servi, le prix affiché et le prix barré portent exactement le même nombre : 47 et 47. Formulation prudente et nécessaire : ces valeurs sont susceptibles d'être réécrites par le navigateur — la page contient un script qui manipule ces montants selon la formule de facturation choisie. Ce que l'on peut affirmer, c'est ce que la page contient avant exécution du JavaScript ; pas ce qu'un visiteur voit à l'écran.

La conclusion pratique est simple : le prix de référence à retenir est 47 € HT en facturation annuelle et 57 € en mensuel, et tout comparatif qui annonce « -10 % chez Ringover » recopie une opération de janvier.

promotion active 8 janv. 31 janv. 2026 offre échue, badge « -10 % » toujours affiché 9 sept. 2026 relevé de la page

Ce que dit le registre : deux métiers différents

Un réflexe de deux minutes, et il éclaire la comparaison mieux que n'importe quelle grille de fonctionnalités : interroger l'annuaire des entreprises de l'État sur les deux marques.

BJT Partners — Ringover Group, SIREN 480 234 210, immatriculée depuis 2005 à Montrouge, catégorie PME, est classée en 61.10Z : télécommunications filaires.

Microsoft France, SIREN 327 733 184, immatriculée depuis 1983 à Issy-les-Moulineaux, grande entreprise, est classée en 62.02A : conseil en systèmes et logiciels informatiques. Une recherche élargie sur les entités françaises du groupe en fait apparaître d'autres — commerce de gros de logiciels, ingénierie, activités de siège — mais aucune immatriculée sous un code de télécommunications.

Ce n'est pas une critique, c'est une clé de lecture. Une société classée en télécoms vend la voix ; un éditeur de logiciel l'achète à quelqu'un ou vous laisse l'acheter vous-même. Cela explique pourquoi l'offre Microsoft se décompose en étages et pourquoi l'offre Ringover n'en a qu'un — et pourquoi, dans le premier cas, votre interlocuteur en cas de panne d'appel ne sera pas forcément celui qui vous a vendu le logiciel.

Garde-fou : le code NAF est une classification statistique attribuée à la création de l'entreprise, pas une autorisation de régulateur. Aucune déclaration auprès de l'ARCEP n'est affirmée ici pour l'une ou l'autre société. Et « aucune entité trouvée sous tel code » est un constat effectué sur un registre à une date donnée, pas une affirmation d'absence.

Combien ça coûte vraiment : dix utilisateurs, douze mois

Passons aux montants annuels réels, pour une équipe de dix personnes, en facturation annuelle et hors taxes. La formule est explicite : prix affiché × 10 utilisateurs × 12 mois.

Coût annuel HT — 10 utilisateurs, facturation annuelle Teams Phone seul 1 044 € + appels nationaux 2 292 € Ringover TALK 2 400 € + international 3 540 € Ringover BUSINESS 5 640 € Échelle unique : 0,1 pixel par euro. Les licences Microsoft 365 sous-jacentes ne sont pas comptées.

Le résultat est le plus serré qu'on ait mesuré dans cette série de comparatifs. Ringover TALK à 2 400 € et Teams Phone avec appels nationaux à 2 292 € sont séparés de 108 € par an, soit 0,90 € par utilisateur et par mois.

Or ces 2 292 € ne comprennent pas la licence Microsoft sous-jacente, qui est obligatoire. Dès que cette licence coûte plus de 0,90 € par utilisateur et par mois, l'écart s'inverse — et aucune licence Microsoft 365 professionnelle ne se situe sous ce seuil. La conclusion honnête est donc qu'à périmètre égal, il n'y a pas d'écart de prix significatif entre les deux solutions, et que choisir sur le prix revient à choisir à pile ou face.

La nuance qui compte : si votre entreprise paie déjà les licences Microsoft pour d'autres raisons — bureautique, messagerie, stockage — alors ce coût est engagé de toute façon, et le calcul marginal redevient favorable à Microsoft. C'est exactement l'arbitrage que décrit notre comparatif Google Workspace vs Microsoft 365.

Deux quotas, deux façons de tomber en panne

Les forfaits d'appels Microsoft ne sont pas illimités. La documentation prévient : des limites s'appliquent au nombre total de minutes disponibles, et si votre organisation les épuise, vos utilisateurs ne pourront plus passer d'appels. Le dépassement se règle par des « crédits de communication », un mécanisme de provision à alimenter en amont.

L'offre en paiement à l'usage pousse cette logique à son terme : appels entrants illimités, zéro minute sortante incluse, chaque appel sortant facturé à la consommation. C'est une offre parfaitement rationnelle pour un service qui reçoit des appels — un support, un accueil — et un piège budgétaire pour une équipe commerciale qui appelle toute la journée.

Côté Ringover, la logique de dépassement se déplace vers les options. La page liste plusieurs compléments facturés séparément, et chacun dans une unité différente : communication omnicanale à 29 € par licence et par mois, Cadence à 59 € par licence et par mois, remplissage automatique du CRM à 5 € par licence et par mois, un assistant IA à 99 € par site et par mois, et un agent vocal IA facturé « à partir de 0,19 € la minute ». Trois unités de facturation différentes sur une seule page : la licence, le site, la minute.

C'est le point à retenir avant de signer : demandez à chaque éditeur l'unité facturée, pas seulement le prix. Un montant sans son unité ne se compare pas.

Le cadre légal a changé, et il pèse sur le choix

Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique d'un consommateur sans consentement préalable est interdit, tous secteurs confondus, en application de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025. Bloctel a été supprimé. Le consentement doit être clair, spécifique et révocable ; il est valable un an au maximum et la preuve doit être conservée trois ans. Il est même interdit d'appeler quelqu'un dans le but d'obtenir son consentement. Les horaires restent encadrés : du lundi au vendredi, 10h-13h et 14h-20h, jamais le week-end ni les jours fériés, avec un maximum de quatre appels par période de trente jours.

Nuance essentielle : ce régime vise le consommateur. La prospection entre professionnels relève du RGPD, pas de ce texte. La frontière exacte entre les deux mérite l'avis d'un conseil juridique, et cet article n'en tient pas lieu.

En quoi cela concerne-t-il le choix d'un outil ? Parce que les deux plateformes vendent des fonctions de composition automatique et de cadence d'appels, et que ces fonctions n'ont plus le même intérêt selon que vous adressez des particuliers ou des entreprises. Si votre activité est B2C, la question n'est plus « quel composeur est le plus rapide » mais « quel outil trace et conserve les consentements ». Ce point rejoint directement la tenue de votre base de contacts : voyez notre méthode dans implémenter un CRM en PME.

Ce que cet article ne dit pas

Un comparatif honnête énonce ses angles morts. Voici les nôtres.

Aucun verdict sur la qualité audio. Elle n'a pas été testée, et elle dépend davantage de votre réseau et de vos terminaux que de l'éditeur.

Le nombre de minutes des forfaits nationaux n'est pas publié sur les pages consultées. Microsoft indique qu'un quota existe et qu'il peut être épuisé, sans en donner la valeur pour la France. Ce chiffre est à demander explicitement avant de signer.

Aucun classement « lequel est le moins cher ». L'écart mesuré est inférieur au coût de la licence Microsoft non comptée : conclure serait de la fausse précision.

Les prix sont périssables. Ceux de Microsoft supposent un engagement annuel à renouvellement automatique et sont hors TVA ; ceux de Ringover supposent trois utilisateurs et douze mois. Les deux grilles peuvent changer, et l'exemple de la promotion de janvier encore affichée en septembre montre qu'une page tarifaire n'est pas toujours à jour d'elle-même.

Ceci n'est pas un avis juridique et ne remplace pas une lecture des conditions contractuelles.

Comment trancher en cinq questions

1. Payez-vous déjà Microsoft 365 ?

Si oui, le coût marginal de Teams Phone est réel et faible. Si non, l'empilement à trois étages annule tout l'avantage.

2. Appelez-vous, ou recevez-vous ?

Beaucoup d'appels sortants : évitez le paiement à l'usage. Surtout des entrants : c'est l'option la plus économique, avec des entrants illimités.

3. Êtes-vous trois ?

En dessous de trois utilisateurs, les tarifs Ringover affichés ne s'appliquent pas. C'est un critère éliminatoire pour les très petites structures.

4. Qui décrochera quand la ligne tombera ?

Un opérateur unique simplifie le support. Un empilement éditeur + opérateur tiers demande de savoir à l'avance qui est responsable de quoi.

5. Appelez-vous des particuliers ?

Si oui, la capacité à recueillir, tracer et conserver les consentements devient le premier critère, devant le prix et devant la richesse fonctionnelle.

Une dernière remarque, souvent décisive : Teams Phone se pilote depuis la même interface que la messagerie d'équipe. Si ce point vous importe, notre comparatif Microsoft Teams vs Slack traite du choix de la messagerie elle-même — une décision distincte, et à prendre en premier. Et si la téléphonie doit s'intégrer à votre gestion commerciale, les coûts d'intégration sont détaillés dans le coût réel d'un CRM en PME.

Questions fréquentes

Teams Phone à 8,70 € permet-il d'appeler un numéro externe ?

Non. Cette licence apporte les fonctions de standard, mais aucune minute d'appel sortant. Il faut y ajouter un forfait d'appels Microsoft ou passer par un opérateur tiers.

La France est-elle un « pays zone 2 » chez Microsoft ?

Oui. La documentation technique de Microsoft, disponible en anglais, range la France en zone 2 aux côtés de l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et une vingtaine d'autres pays. La page commerciale française ne le précise pas.

Peut-on souscrire Ringover à deux personnes ?

Pas au tarif affiché. Les deux offres chiffrées portent la mention « 3 utilisateurs minimum » et un engagement de douze mois.

Laquelle des deux solutions est la moins chère ?

Aucune de façon significative. À périmètre comparable, l'écart mesuré est de 0,90 € par utilisateur et par mois, soit moins que la licence Microsoft obligatoire non comptée dans ce calcul.

Ces outils permettent-ils encore de prospecter par téléphone ?

En B2B, oui, dans le cadre du RGPD. En B2C, le démarchage sans consentement préalable est interdit depuis le 11 août 2026. La question devient alors la traçabilité des consentements plutôt que la vitesse de composition.

Nathan Ibgui, consultant IT & IA

Écrit par

Nathan Ibgui

Consultant indépendant et CIO externalisé, j'accompagne les PME et ETI sur leur stratégie IT, l'intelligence artificielle, l'automatisation et la cybersécurité — du diagnostic au pilotage.

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