La réponse en 30 secondes
Aucun tableau « 3CX vs Wildix » ne peut aligner deux prix, parce que les deux éditeurs ne comptent pas la même chose. 3CX facture le système, au nombre d'appels simultanés. Wildix facture l'utilisateur, et plafonne les appels simultanés par utilisateur. Les deux unités sont exactement inverses l'une de l'autre.
Et il y a plus gênant : au 7 septembre 2026, la page « Offres et Tarification » de Wildix ne contient pas un seul montant, alors qu'elle promet « une transparence totale » et « aucun coût caché ». Toute colonne « prix Wildix » que vous lirez ailleurs vient donc d'un revendeur, d'un devis particulier — ou de nulle part.
Cet article ne désigne pas de vainqueur. Il fait autre chose, et c'est plus utile quand on doit signer : il établit ce que chaque éditeur publie réellement, il montre pourquoi la question « lequel est le moins cher » n'a pas de réponse publique, et il donne les six questions qui, elles, se tranchent avant la signature.
Il s'inscrit dans la suite d'Aircall vs Ringover, qui traitait de la téléphonie d'appel sortant. Ici, on change de rayon : 3CX et Wildix sont des standards téléphoniques (IPBX) — l'infrastructure d'appels de l'entreprise, pas l'outil de prospection.
Ce que cet article établit — et ce qu'il n'établit pas
Vérifié en source primaire
- La grille tarifaire complète de 3CX, en euros, extraite de la page officielle
- L'unité de facturation de chaque éditeur, dans ses propres mots
- L'absence totale de montant sur la page « Tarifs » de Wildix
- L'immatriculation de chaque société auprès de l'annuaire des entreprises de l'État
- Le régime français du démarchage téléphonique en vigueur
Hors de portée d'un article
- La qualité audio : elle n'a pas été testée, et personne ne devrait l'affirmer sans l'avoir mesurée sur votre réseau
- Le coût total Wildix : il n'est pas publié, donc pas comparable
- Le coût des communications : il dépend de votre opérateur, pas de l'IPBX
- Tout conseil juridique : la frontière B2C/B2B décrite plus bas relève de votre conseil
Cette séparation n'est pas une précaution de style. Elle est la raison d'être de l'article : la moitié des comparatifs en ligne remplissent des cases que les éditeurs eux-mêmes laissent vides.
Deux unités de facturation exactement inverses
C'est le cœur du sujet, et il tient en une phrase de chaque éditeur.
3CX, sur sa page de tarifs : le prix est « un coût forfaitaire par système 3CX et par an, fondé sur le nombre d'appels — internes et externes — se déroulant en même temps ». Le nombre d'utilisateurs n'entre pas dans le prix : il entre dans une tranche d'éligibilité.
Wildix, sur sa page d'offres : on attribue « le nombre de licences correspondant à chaque formule », et chaque formule porte une ligne « Appels simultanés par utilisateur » — 2 appels en PBX-Basic, 4 en UC-Essential, 8 en UC-Business.
Autrement dit : chez 3CX, on achète un plafond d'appels simultanés et on y loge des utilisateurs. Chez Wildix, on achète des utilisateurs et chacun apporte son quota d'appels simultanés. Une colonne « prix par utilisateur » a un sens chez l'un et pas chez l'autre.
Lecture : la flèche descend dans les deux cas, mais elle ne part pas de la même chose. À gauche, l'effectif est une conséquence du palier acheté. À droite, l'effectif est la cause du montant.
La grille 3CX, en euros et en entier
3CX publie ses prix en euros, sans conversion à faire. Le tableau ci-dessous reprend les paliers d'entrée de la grille annuelle, hors taxes, dans les trois éditions payantes. La colonne « tranche d'utilisateurs » est celle que 3CX associe elle-même à chaque palier d'appels simultanés.
| Appels simultanés | Tranche d'utilisateurs | Basic | PRO | ENT |
|---|---|---|---|---|
| 4 | édition gratuite | 0 € | 0 € | 0 € |
| 8 | 16 à 40 | 285 € | 380 € | 550 € |
| 16 | 41 à 80 | 570 € | 760 € | 1 045 € |
| 24 | 81 à 120 | 785 € | 1 045 € | 1 425 € |
| 32 | 121 à 192 | 965 € | 1 285 € | 1 710 € |
| 48 | 193 à 288 | 1 425 € | 1 900 € | 2 375 € |
| 64 | 289 à 384 | 1 925 € | 2 565 € | 3 075 € |
Montants annuels hors taxes relevés le 7 septembre 2026 sur la grille publique de 3CX, tarif catalogue hors promotion. La grille se poursuit jusqu'à 1 024 appels simultanés et 8 192 utilisateurs.
Trois avertissements que 3CX publie elle-même
Une promotion court jusqu'au 30 septembre 2026 : 50 % sur l'hébergement, 25 % sur les mises à niveau, 30 % à partir de trois ans, 20 % pour l'éducation. Les montants du tableau sont les prix catalogue, hors ces remises — un devis obtenu avant fin septembre ne sera pas reconductible tel quel.
Les prix sont hors taxes et sujets aux variations de change.
La page prévient que son propre affichage peut diverger du panier du portail client, « en raison de délais de synchronisation ». C'est l'éditeur qui le dit : le prix affiché n'engage pas.
Et une incohérence interne, signalée sans être tranchée
Les données structurées de cette même page annoncent « 3CX PRO — à partir de 350 $/an » et « 3CX ENT — à partir de 425 $/an ». Or ni 350 ni 425 n'existent dans la grille de la page : le premier palier PRO payant y vaut 395 $ et le premier palier ENT 575 $. Les deux montants annoncés ne correspondent à aucun palier. Les deux chiffres viennent de la même page, au même instant, et ne concordent pas — aucun des deux n'est donc repris ici comme prix d'entrée.
Le piège du « prix par utilisateur »
C'est ici que les comparatifs recopiés dérapent. Pour aligner 3CX à côté d'un concurrent facturé à l'utilisateur, il faut diviser le prix du système par un effectif. Mais 3CX ne publie pas cet effectif : elle publie une tranche. Le palier PRO à 8 appels simultanés coûte 380 € par an, et il est valable de 16 à 40 utilisateurs.
La division donne donc un résultat différent à chaque point de la tranche, sans qu'un seul euro n'ait changé de main.
Échelle unique : 8 pixels par euro sur les cinq barres. Calcul : 380 € ÷ effectif.
Conséquence pratique : tout comparatif qui affiche « 3CX : X € par utilisateur » a choisi un effectif à votre place. Demandez lequel. S'il n'est pas écrit, le chiffre ne veut rien dire — et il peut être 2,5 fois trop haut ou 2,5 fois trop bas pour votre entreprise.
Wildix : une page « Tarifs » sans un seul tarif
La page d'offres de Wildix décrit quatre formules avec une précision réelle : PBX-Basic pour les postes non attribués, UC-Essential pour le back-office, UC-Business pour les équipes au contact des clients, UC-Premium pour l'encadrement. Elle détaille les quotas, les appareils par utilisateur, les fonctions incluses. Elle explique qu'on peut mélanger les formules dans un même système et choisir une facturation mensuelle, annuelle ou sur cinq ans.
Elle ne contient aucun montant. Ni euro, ni dollar, ni fourchette, ni « à partir de ».
Ce n'est pas un oubli de lecture : la vérification a porté sur l'intégralité du texte servi, et aucun nombre suivi d'une devise n'y figure de bout en bout. Tous les chiffres de la page sont des limites — 2, 4 ou 8 appels simultanés, 1 ou 10 appareils, plus de 250 intégrations, 10 licences Business minimum pour accéder à la supervision, 5 Go de stockage, 2 heures de business intelligence par mois.
Le contraste mérite d'être cité exactement
La même page annonce des formules « simples, transparentes », promet « aucun coût caché, aucune condition confuse », et propose de composer votre solution « sans contraintes et avec une transparence totale ».
Une page qui revendique la transparence tarifaire et n'affiche aucun tarif n'est pas malhonnête pour autant — mais elle vous dit quelque chose d'important sur le modèle de vente.
Ce que cela signifie concrètement : chez Wildix, le prix se construit dans une conversation, via un partenaire intégrateur — le site consacre une section entière à « trouver un partenaire » et le seul bouton d'action de la page tarifs est « Réservez votre démo ». Il n'y a pas de tunnel d'achat en ligne.
Ce modèle a une contrepartie honnête : un intégrateur dimensionne, installe et maintient, ce qu'un tunnel d'achat ne fait pas. Mais il a une conséquence méthodologique dont il faut tirer les leçons : vous ne pouvez pas comparer Wildix à quoi que ce soit avant d'avoir un devis, et deux devis Wildix obtenus auprès de deux partenaires ne sont pas nécessairement identiques.
Qui signe le contrat ? Ce que disent les registres
Un réflexe qui coûte deux minutes et évite des surprises : interroger l'annuaire des entreprises de l'État sur les deux marques avant de rédiger un cahier des charges. Le résultat est instructif.
3CX
- Aucune immatriculation trouvée dans l'annuaire des entreprises françaises
- Entité déclarée sur son propre site : 3CX Ltd
- Achat en ligne direct, ou via son réseau de partenaires
Wildix
- Immatriculée sous le nom WILDIX, SIREN 892 862 517, depuis le 1er janvier 2021
- Code d'activité 62.02A — conseil en systèmes et logiciels informatiques
- Siège déclaré au registre : Laeva tn 2, Tallinn, Estonie — la même adresse que celle du pied de page (Wildix OÜ), avec un numéro de TVA estonien
Trois précautions sur ce qui précède
Le code d'activité est une classification statistique, pas une autorisation. Il dit dans quelle case l'INSEE range l'entreprise, il ne dit rien de ses agréments.
Aucune déclaration d'opérateur télécom n'est affirmée ici, ni pour l'un ni pour l'autre : aucune des deux sociétés ne la revendique dans ses mentions publiques, et l'absence de revendication n'est pas une preuve d'absence.
« Aucune immatriculation trouvée » n'est pas « n'existe pas en France ». C'est un constat sur un registre précis, à une date précise. 3CX vend en France par un réseau de partenaires locaux.
Ce détour a une valeur pratique : il indique à qui vous achetez réellement. Dans les deux cas, une PME française signera le plus souvent avec un intégrateur français, pas avec l'éditeur. Le contrat de support, les pénalités et le délai d'intervention se négocient donc avec ce tiers — et c'est lui, pas la marque, qu'il faut auditer. Le même raisonnement vaut pour n'importe quel achat logiciel : voir notre méthode d'audit informatique.
Le fait français que ni l'un ni l'autre n'affiche
Depuis le 11 août 2026, démarcher par téléphone un consommateur qui n'y a pas consenti au préalable est interdit en France, tous secteurs confondus. C'est l'effet de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, dont les modalités de recueil, de conservation et de retrait du consentement ont été fixées par le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026. Le dispositif Bloctel disparaît : il devient sans objet dès lors que le démarchage est interdit par défaut.
Ce que le consentement doit être
- Libre, spécifique, clair et non équivoque — ni le silence ni une case pré-cochée ne valent accord
- Éclairé : identité de l'entreprise, objet précis de l'appel, durée de validité annoncée
- Valable un an au maximum
- Révocable à tout moment, y compris oralement pendant l'appel
- Prouvable : la preuve doit être conservée trois ans et communiquée sur demande
Les bornes à connaître
- On ne peut pas appeler un consommateur pour lui demander son consentement. La boucle est fermée
- Après un retrait, il est interdit de recontacter
- Une demande explicite du client — un devis, par exemple — ouvre un droit d'appel de cinq jours ouvrables
- Horaires maintenus : lundi au vendredi, 10 h-13 h et 14 h-20 h, jamais les week-ends et jours fériés
- Jusqu'à 75 000 € par appel pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale
La nuance à ne surtout pas perdre
Ce régime vise le consommateur. Les appels entre professionnels n'en relèvent pas : ils restent encadrés par le RGPD, avec sa propre logique d'intérêt légitime, d'information et de droit d'opposition. Dire « le démarchage téléphonique est interdit » sans préciser à qui, c'est publier un titre à sensation. Sur le volet données, notre checklist RGPD pour PME couvre la partie qui vous concerne ; la frontière exacte entre les deux régimes relève de votre conseil juridique.
Pourquoi cela figure dans un comparatif d'IPBX : parce que la question à poser en démonstration a changé. Elle n'est plus « votre outil sait-il composer un numéro automatiquement », elle est « votre outil sait-il empêcher la composition d'un numéro qui n'a pas de consentement enregistré, et tracer la date et l'origine de ce consentement ». C'est une exigence de couplage entre le standard et le CRM, pas une case à cocher — sujet traité dans notre analyse des coûts CRM.
Où chaque modèle décroche
Puisqu'on ne peut pas comparer deux totaux, on peut au moins comparer deux comportements. Chaque modèle a une zone où il est confortable et une zone où il coince.
Échelle unique sur toute la courbe. Lecture : à l'intérieur d'une tranche, embaucher ne coûte rien en licence ; au franchissement, le palier entier change de prix.
Le modèle 3CX est confortable si…
- Beaucoup de postes, peu d'appels réellement simultanés — ateliers, entrepôts, chambres, salles
- L'effectif est stable au milieu d'une tranche
- Vous avez, en interne ou chez votre intégrateur, la compétence pour héberger et administrer un IPBX
Il coince quand l'effectif frôle le haut d'une tranche : un seul recrutement peut faire basculer tout le système au palier supérieur.
Le modèle Wildix est confortable si…
- Les profils sont hétérogènes : la formule se choisit poste par poste et se mélange dans un même système
- Vous voulez un coût qui suit l'effectif sans effet de seuil
- Vous préférez un intégrateur qui dimensionne et maintient plutôt qu'un achat en ligne
Il coince quand il faut budgéter avant d'avoir un devis — et quand des seuils cachés apparaissent, comme les 10 licences Business minimum exigées pour ouvrir la supervision de centre de contact.
La question de l'hébergement recoupe un arbitrage plus large, que nous avons documenté ailleurs : cloud contre sur site pour une PME. Les critères y sont les mêmes — compétence disponible, tolérance à la panne, horizon d'amortissement.
Six questions à poser avant de signer
Aucune de ces questions ne se résout en lisant un tableau. Toutes se résolvent en une réunion, et chacune a déjà fait dérailler un projet.
1. Combien d'appels avez-vous réellement en même temps ?
Pas votre effectif : votre pic. Votre opérateur actuel peut vous fournir l'historique des appels concurrents. Sans ce chiffre, le devis 3CX est un pari, et le dimensionnement Wildix aussi. C'est la donnée la moins chère à obtenir et la plus souvent absente des dossiers.
2. Où serez-vous dans votre tranche dans dix-huit mois ?
Si vous êtes à 38 salariés et que vous recrutez, demandez explicitement le prix du palier suivant. Un budget calculé sur la tranche actuelle sera faux avant la fin de son amortissement.
3. Quel est le prix du renouvellement, pas celui de la première année ?
Une promotion de rentrée, une remise pluriannuelle ou un tarif de migration ne se reconduisent pas. Faites écrire le tarif de reconduction dans le devis, pas dans la conversation.
4. Que contient exactement le contrat de support, et avec qui ?
Chez les deux éditeurs, votre interlocuteur en cas de panne sera le plus souvent un intégrateur. Délai d'intervention, plage horaire, astreinte, pénalités : c'est ce contrat-là qui vous protège un vendredi à 18 h, pas la marque sur le carton.
5. Que se passe-t-il si vous partez ?
Portabilité des numéros, export de l'historique et des enregistrements, réutilisation des postes physiques. Les téléphones IP standard se reprogramment ; les postes propriétaires, non. Posez la question avant l'achat du matériel, pas après.
6. L'outil sait-il bloquer un appel sans consentement ?
Depuis le 11 août 2026, c'est la question à faire démontrer sur vos propres données si vous appelez des particuliers. Enregistrer l'origine et la date du consentement, empêcher la composition d'un numéro qui n'en a pas, traiter un retrait immédiatement, produire la preuve trois ans plus tard. Une démonstration, pas une déclaration.
Le verdict, à périmètre donné
Il n'y a pas de gagnant, et ce n'est pas une dérobade. C'est le constat qu'on ne peut pas classer deux offres dont une seule publie ses prix, et dont les unités de facturation sont inverses l'une de l'autre.
Ce qu'on peut dire, en revanche, tient en trois lignes.
Si votre entreprise compte beaucoup de postes qui appellent peu — production, logistique, hôtellerie, établissements scolaires — le modèle au système de 3CX joue en votre faveur, et il est chiffrable ce soir sans parler à personne. Le palier d'entrée payant est à 380 € par an pour un maximum de 40 utilisateurs, et il existe une édition gratuite en dessous.
Si vos profils sont hétérogènes et que vous voulez éviter les effets de seuil, la facturation à la licence de Wildix, mixable formule par formule, correspond mieux — mais vous devrez passer par un partenaire et un devis pour connaître le montant, et comparer deux devis de deux partenaires avant de conclure.
Dans les deux cas, la ligne budgétaire qui vous surprendra n'est pas la licence. C'est le contrat de support, le matériel, et le coût de l'intégration au CRM. Ces trois lignes-là dépassent régulièrement le prix de l'IPBX, et aucune ne figure dans les comparatifs.
Cet article complète notre face-à-face Aircall vs Ringover sur la téléphonie d'appel sortant, et notre comparatif Microsoft Teams vs Slack sur la collaboration interne.
Tous les montants et faits de cet article ont été relevés en source primaire le 7 septembre 2026. Les grilles tarifaires changent : re-vérifiez avant de budgéter.