Une PME qui choisit son outil d'emailing tombe presque toujours sur le même duel, et sur les trois mêmes phrases : « Brevo facture l'envoi, Mailchimp facture le contact », « Brevo, c'est les contacts illimités », « Mailchimp a de meilleures statistiques d'ouverture ». La première n'est vraie qu'à moitié, la deuxième est fausse pour les formules payantes, et la troisième compare une colonne que la CNIL a rendue conditionnelle depuis le 14 juillet 2026 pour tous vos destinataires français.
Cet article compare Brevo (ex-Sendinblue) et Mailchimp à partir de leurs pages tarifaires françaises et anglaises, de leurs centres d'aide, de leurs conditions contractuelles et du texte de la CNIL, tous relevés le 11 septembre 2026. Il ouvre notre série de face-à-face sur les outils par lesquels une PME se fait connaître — la brique outillage de notre guide de la stratégie marketing digital.
Précision de méthode : les montants cités sont ceux publiés par les éditeurs, hors taxes, relevés le 11 septembre 2026. Aucun prix n'a été repris d'un comparatif tiers. Quand une page ne donne pas un chiffre, l'article écrit qu'il manque plutôt que de le reconstituer.
Les deux grilles, telles qu'elles sont publiées
Point de départ : ce que chaque éditeur écrit lui-même, formule par formule, avec la limite qui l'accompagne. Chez Brevo, les limites viennent de la page tarifaire et de l'article d'aide « À propos des offres d'abonnement ». Chez Mailchimp, de la page tarifaire et de l'article « About Mailchimp Pricing Plans ».
| Formule | Prix d'entrée publié | Limites écrites par l'éditeur |
|---|---|---|
| Brevo Gratuit | 0 € | 300 e-mails par jour, jusqu'à 100 000 contacts stockés, automatisations limitées à 2 000 contacts |
| Brevo Starter | à partir de 7 €/mois | 5 000 e-mails/mois au premier palier, jusqu'à 500 contacts stockés |
| Brevo Standard | 15 € ou 17 €/mois selon la page | Mêmes paliers que Starter, plus automatisation sans plafond de contacts, A/B testing |
| Brevo Pro | à partir de 499 €/mois | À partir de 150 000 e-mails/mois, jusqu'à 2 millions de contacts, 10 utilisateurs |
| Mailchimp Free | 0 € | 250 contacts, 500 envois par mois, 250 par jour |
| Mailchimp Essentials | 11,25 €/mois pendant 12 mois | 500 contacts au prix de base, envois limités à 10 fois le nombre de contacts |
| Mailchimp Standard | 17,30 €/mois pendant 12 mois | 500 contacts au prix de base, envois limités à 12 fois le nombre de contacts |
| Mailchimp Premium | 302,77 €/mois pendant 12 mois | 10 000 contacts au prix de base, envois limités à 15 fois le nombre de contacts |
Trois remarques s'imposent avant toute comparaison. Les prix de Mailchimp sont des prix remisés : chaque carte porte « pendant 12 mois », et la page annonce « Économisez 15 % pendant 12 mois ». Les deux formules Brevo « Standard » ont deux prix d'entrée différents chez le même éditeur (nous y revenons plus bas). Et aucun de ces montants ne correspond à la liste d'une PME réelle : tous supposent 250 à 500 contacts, sauf Premium.
« Brevo facture l'envoi, Mailchimp le contact » : vrai à moitié
La phrase est répétée partout, et elle décrit correctement ce qu'on achète. Chez Brevo, on choisit un volume d'e-mails mensuel. Chez Mailchimp, on choisit un nombre de contacts. Mais elle oublie ce que chaque éditeur déduit de ce choix.
Le centre d'aide de Brevo l'écrit sans ambiguïté : « Le volume d'emails que vous sélectionnez détermine votre palier de tarification, qui définit également la limite du nombre total de contacts que vous pouvez stocker dans Brevo. » Le tableau des paliers Starter est publié : 5 000 e-mails pour 500 contacts, 10 000 pour 1 500, 15 000 pour 2 500, puis 500 000 contacts au-delà de 20 000 e-mails. Symétriquement, Mailchimp plafonne les envois à 10, 12 ou 15 fois le nombre de contacts selon la formule.
Autrement dit, les deux outils plafonnent les deux variables. Ils ne diffèrent que par celle qu'ils vous font choisir. Et au premier palier, le résultat est troublant : l'enveloppe est exactement la même.
Deux détails confirment que les deux grilles se ressemblent bien plus que ne le disent les comparatifs. Les deux éditeurs découpent les listes aux mêmes bornes : 500, 1 500 et 2 500 contacts (le curseur de Mailchimp affiche « 0-500 », « 501-1 500 », « 1 501-2 500 »). Et chez les deux, dépasser la limite change le prix sans que vous ayez rien décidé. Brevo : « nous mettrons automatiquement votre offre à niveau vers le palier suivant […]. Le coût de votre abonnement augmentera en conséquence. » Mailchimp : « des majorations s'appliquent si la limite d'envoi d'e-mails ou de contacts est dépassée ».
La vraie différence de logique est donc ailleurs. Une PME qui écrit rarement à une grande liste est pénalisée par le modèle au contact, et une PME qui écrit souvent à une petite liste par le modèle au volume. Avant de comparer deux prix, calculez votre ratio : nombre d'e-mails envoyés par mois divisé par nombre de contacts. S'il dépasse 10, la limite d'envoi d'Essentials vous rattrape.
Chez Brevo, la formule gratuite stocke 200 fois plus que la première formule payante
C'est le fait le plus contre-intuitif du dossier, et il se lit dans la page « Quels sont les différents quotas appliqués sur Brevo ? » : « Free : 100 000 contacts stockés — Starter et Standard : 500, 1 500 ou 500 000 contacts en fonction du nombre d'emails dans votre offre ».
Autrement dit, une PME qui passe de la formule gratuite au premier palier payant voit sa capacité de stockage passer de 100 000 à 500 contacts. Le slogan « contacts illimités » décrit donc la formule gratuite et la formule Entreprise (« Nombre illimité de contacts stockés ») — pas les deux formules que les PME achètent.
La formule gratuite n'est pas pour autant la bonne affaire qu'elle semble être, et c'est là que se trouve sa vraie limite : 300 e-mails par jour. L'aide de Brevo en tire elle-même la conséquence : pour une campagne adressée à plus de 300 destinataires, « seuls 300 contacts la recevront le jour programmé », et il faut ensuite « manuellement renvoyer la campagne » avec l'option « Remettre en file d'attente ». Une newsletter envoyée à 2 000 contacts met donc sept jours à partir, en sept manipulations. Stocker est gratuit ; diffuser, non.
Chez Mailchimp, vos désabonnés vous sont facturés
Mailchimp facturant au contact, la question décisive est : quels contacts comptent ? L'article d'aide « À propos de vos contacts » répond statut par statut. Pour un contact désabonné — une personne qui ne peut plus recevoir vos e-mails marketing — la ligne est la suivante : « Compte pour la limite mensuelle de contacts ? : Oui ». La règle vaut pour les comptes créés après le 15 mai 2019 ; les anciens plans payants peuvent relever de règles différentes.
Autrement dit, une liste qui s'use — et toutes s'usent — continue de peser sur la facture. La parade est documentée par l'éditeur lui-même : un contact archivé ne compte pas, et Mailchimp écrit que, « si vous disposez d'abonnés inactifs ou obsolètes qui n'interagissent pas avec votre marketing, il est fortement conseillé de les archiver ».
Un point reste flou, et il faut le signaler honnêtement. Pour les contacts « non abonnés » (des personnes qui ont interagi avec vous sans s'inscrire), l'article « À propos de vos contacts » écrit « Compte pour la limite mensuelle de contacts ? : Non ». Mais l'article « À propos des niveaux de tarification » affirme que « les contacts abonnés, non abonnés et désabonnés sont tous comptabilisés dans la taille de votre audience ». Deux pages d'aide du même éditeur, deux réponses. Sur les désabonnés, en revanche, elles concordent.
Côté formule gratuite, la limite est nette : 250 contacts, 500 envois par mois, 250 par jour. Au-delà de 250 contacts, Mailchimp bloque l'envoi des e-mails, y compris des e-mails de test, jusqu'au passage à une formule payante ou jusqu'à ce que la liste redescende sous la limite.
Le taux d'ouverture n'est plus une colonne comparable
Voici le fait que ne contient aucun comparatif recopié d'une source américaine. Le 14 avril 2026, la CNIL a publié sa recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques (version adoptée le 12 mars 2026). Ces pixels sont les images invisibles qui permettent de savoir qu'un e-mail a été ouvert — c'est-à-dire le mécanisme même du « taux d'ouverture ». La CNIL les rattache à l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, celui qui régit les cookies.
Conséquence : pour la plupart des usages, dont « l'analyse du taux d'ouverture des courriels pour mesurer et optimiser les performances des campagnes », le pixel suppose le consentement préalable du destinataire. Et la CNIL précise que « l'inactivité du destinataire doit être analysée comme l'expression d'un refus ». Pour les adresses déjà collectées, elle a laissé un délai qui ne saurait, en principe, excéder trois mois à compter de la publication pour informer les destinataires et leur permettre de s'opposer — soit jusqu'à la mi-juillet 2026.
Les questions-réponses publiées par la CNIL le 22 juillet 2026 ferment les échappatoires les plus répandues :
- Le B2B n'est pas exclu. La recommandation « s'applique à tout recours à des traceurs dans les courriels, quel que soit le contexte », que le destinataire soit « un client, un prospect, un salarié ». C'est l'inverse du régime du démarchage téléphonique, qui ne vise que le consommateur (nous l'avions détaillé dans notre face-à-face Zendesk vs Freshdesk).
- La prospection « produits analogues » ne suffit pas. Un e-mail envoyé sans consentement à un client existant, au titre de l'exception de l'article L. 34-5 du CPCE, « ne peut pas être considéré comme un service demandé » : son pixel n'est pas exempté.
- Le taux d'ouverture global reste possible, sous condition. Des données issues d'un pixel exempté peuvent servir à « établir une statistique globale du taux d'ouverture d'une campagne » une fois anonymisées. Mais un pixel qui collecte l'adresse IP ou le user-agent perd l'exemption, même si ces données sont supprimées peu après.
- Un outil américain n'y échappe pas. La CNIL peut contrôler et sanctionner un acteur établi hors de l'Union lorsque les pixels suivent des personnes se trouvant en France, et le guichet unique européen ne s'applique pas à ces contrôles.
Les exemptions existent, mais elles sont étroites : la sécurité de l'authentification, et la mesure individuelle de l'ouverture à des fins de délivrabilité, limitée en principe à « la date (à la journée et sans enregistrer l'heure) de la dernière ouverture connue ». Elle ne vaut que pour les e-mails demandés par le destinataire, et seulement pour « adapter la fréquence ou arrêter l'envoi » aux inactifs. Elle permet de nettoyer une liste, pas de comparer deux objets de campagne.
Traduit en critère d'achat : la ligne « statistiques d'ouverture » d'un comparatif décrit désormais ce que l'outil mesure pour les seuls destinataires qui ont consenti. La question utile n'est plus « lequel mesure le mieux les ouvertures ? », mais « lequel me permet de ne mesurer que ceux qui ont dit oui ? ».
Garde-fou : la CNIL écrit elle-même que sa recommandation « n'est ni réglementaire ni exhaustive ». L'obligation vient de l'article 82 de la loi ; la recommandation en explicite l'application par l'autorité qui contrôle et sanctionne. Ce rappel n'est pas un conseil juridique.
Ce que chaque outil fait de cette recommandation
La CNIL a aussi dit ce qu'elle attend des prestataires d'envoi. Ils « devraient notamment proposer des fonctionnalités facilitant la désactivation des traceurs, la gestion différenciée des destinataires au sein des listes ainsi que la gestion de listes de diffusion sur la base d'un signal de consentement ». C'est une grille de lecture directement applicable aux deux outils.
Brevo a publié le 31 juillet 2026 une note de version intitulée « Consentement de suivi par pixel par contact (France) ». Chaque contact porte un statut « Accordé, Refusé ou Inconnu ». Le paramètre s'active dans les réglages (Paramètres, puis Contacts), et s'applique aux campagnes, aux automatisations et aux e-mails transactionnels. Deux précisions de l'article d'aide méritent l'attention : « Par défaut, Brevo intègre un pixel de suivi dans vos emails », et à l'activation, « tous les contacts existants sont automatiquement définis sur le statut inconnu ». Brevo « recommande fortement » de ne pas suivre les contacts au statut inconnu. Les trois fonctions attendues par la CNIL sont documentées.
Mailchimp documente la première. Son article « Use Open Tracking in Emails » indique que le suivi des ouvertures est « activé par défaut, sauf pour les e-mails en texte brut », et qu'il peut être désactivé e-mail par e-mail. Nous n'avons trouvé, dans la documentation publique de Mailchimp consultée le 11 septembre 2026, ni article consacré à la recommandation de la CNIL, ni réglage de consentement au suivi contact par contact. Désactiver le suivi d'une campagne coupe la mesure pour tous ses destinataires. Dans une liste mixte, on choisit entre ne rien mesurer et mesurer aussi ceux qui n'ont pas consenti.
Garde-fous : une fonction absente de la documentation publique n'est pas nécessairement absente du produit — demandez-la par écrit avant de signer. Et une case à cocher dans l'outil ne rend pas la base conforme : c'est l'expéditeur, responsable du traitement, qui doit pouvoir prouver le consentement. La CNIL précise que celui qui délègue le recueil du consentement « ne peut se limiter à une clause dans le contrat pour apporter la preuve ». Notre checklist RGPD pour PME détaille la tenue du registre qui va avec.
L'un parle aux machines, l'autre aux humains
Les assistants IA répondent désormais à « combien coûte Brevo ? ». Ils lisent en priorité les données structurées des pages. Le contrôle, reproductible, donne un résultat parfaitement symétrique.
Brevo ne met ses prix que dans ses données structurées. Le HTML servi de sa page tarifaire française, avant exécution des scripts, contient zéro caractère « € », sous aucune forme encodée, et les emplacements de prix des cartes sont vides. Les montants n'existent que dans le bloc application/ld+json, parfaitement valide : Gratuit 0, Starter 7, Standard 15, Pro 499, Entreprise « Sur devis ». Une machine lit donc le prix de Brevo ; un lecteur du code source, non.
Ce bloc n'est pas exempt de contradictions. Il annonce la formule Standard à 15 € par mois quand le centre d'aide de Brevo écrit « L'offre Standard commence à 17 € par mois ». Et dans sa déclinaison en francs suisses, la formule Starter apparaît deux fois avec l'étiquette « annuelle », à 7 et à 75,96. Les deux sources viennent du même éditeur, le même jour : nous publions l'écart sans trancher.
Mailchimp fait exactement l'inverse. Ses prix sont dans le texte visible, mais son unique bloc de données structurées décrit une simple WebPage : zéro prix, zéro offre, zéro devise. Trois autres constats, relevés sur la même page :
- Chaque carte payante porte « Ensuite, à partir de : » suivi d'un emplacement vide dans le HTML servi. Le prix appliqué après les 12 mois de remise n'est pas dans la page.
- En euros dans les deux cas, la version française affiche Standard à 17,30 € et la version anglaise à 17,32 € (11,25 € contre 11,26 € pour Essentials, 302,77 € contre 303,06 € pour Premium). L'écart est minime, mais c'est le même produit, dans la même devise, le même jour.
- La page française renvoie six fois vers un numéro commercial américain, le +1 (800) 330-4838.
Conséquence pratique : une réponse d'assistant IA sur le prix de Mailchimp ne s'appuie sur aucune donnée structurée publiée par Mailchimp, et un comparatif qui cite « le prix de Mailchimp » cite presque toujours un prix remisé dont la suite n'est pas affichée.
Le pavillon : un contrat en anglais d'un côté, des serveurs américains de l'autre
Un outil d'emailing détient votre fichier clients. Où il est hébergé, et avec qui vous contractez, sont des questions de conformité avant d'être des questions de préférence.
Brevo se présente sur sa page tarifaire comme « la plateforme marketing 100% française ». Le contrat est signé avec Sendinblue, SAS immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 498 019 298 (Brevo GmbH, à Berlin, pour l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche). Les serveurs d'infrastructure listés sont chez OVH, en France, et sur Google Cloud Platform, dans l'Union européenne. Mais la même liste de sous-traitants mentionne Cloudflare (serveurs « USA/EU ») et, pour Google Cloud, un transfert encadré par le Data Privacy Framework et les clauses contractuelles types. Un détail contractuel mérite d'être connu : l'article 17.2 des conditions générales françaises stipule que « seule la version anglaise des présentes conditions est contraignante entre Vous et Nous ».
Mailchimp est édité par The Rocket Science Group LLC, « qui fait partie du groupe de sociétés Intuit ». Pour les clients de l'Union européenne (hors Suède et Danemark), la facturation est assurée par Intuit Ireland Software Limited. Sur l'hébergement, la page d'aide sur les transferts européens est explicite : « Nos serveurs sont également situés aux États-Unis. » Les transferts reposent sur la certification au Data Privacy Framework, validé en première instance par le Tribunal de l'Union européenne le 3 septembre 2025 (affaire Latombe).
Le réflexe registre, appliqué comme dans chacun de nos face-à-face, confirme l'asymétrie. SENDINBLUE (BREVO) figure à l'annuaire des entreprises : SIREN 498 019 298, code NAF 62.02A (conseil en systèmes et logiciels informatiques), catégorie ETI, tranche d'effectif de 250 à 499 salariés déclarée au titre de 2023, créée le 5 mai 2007, siège à Paris 17e. Les recherches « mailchimp » et « rocket science group » renvoient zéro résultat.
Garde-fous : le code NAF est une classification statistique, pas un agrément. L'absence d'immatriculation française est un constat sur un registre à une date, pas une irrégularité : un éditeur étranger peut servir des clients français sans filiale. Et « serveurs dans l'UE » n'égale pas « aucun transfert » : la liste des sous-traitants, annexée au contrat, est la seule pièce qui fait foi. Sur cette distinction entre pavillon de l'éditeur et pavillon de la donnée, voir notre face-à-face OVHcloud vs AWS.
Le calcul, à trois tailles de liste
Hypothèse : deux e-mails par contact et par mois, sauf mention contraire. Prix mensuels publiés, hors taxes, relevés le 11 septembre 2026.
| Liste | Brevo | Mailchimp |
|---|---|---|
| 250 contacts, 500 e-mails/mois | Gratuit, 0 € (sous la limite de 300 par jour) | Free, 0 € (pile à la limite de 250 contacts et 500 envois) |
| 500 contacts, 5 000 e-mails/mois | Starter, 7 € | Essentials, 11,25 € pendant 12 mois, puis non affiché |
| 2 000 contacts, 4 000 e-mails/mois | Palier Starter à 15 000 e-mails (jusqu'à 2 500 contacts) : prix absent de la page servie ; ou Gratuit, en sept jours d'envoi | Palier 1 501-2 500 contacts : prix absent de la page servie |
La troisième ligne est la seule qui ressemble à une PME, et c'est la seule qu'aucune des deux pages ne permet de chiffrer sans passer par le simulateur. À 2 000 contacts, un tarif Brevo doit être choisi à 15 000 e-mails par mois alors que 4 000 suffiraient, parce que c'est le stockage qui impose le palier, pas l'envoi. Le « prix au volume » ne joue en votre faveur qu'une fois franchi le cap des 20 000 e-mails, où la limite saute à 500 000 contacts.
Ce que ce tableau ne contient pas : les prix hors remise de Mailchimp, les prix des paliers intermédiaires de Brevo, les modules complémentaires (suppression du logo Brevo, pack Sales Essentials à 29 € chez Brevo), les SMS, et le temps de migration d'une liste existante. Demandez un devis écrit à effectif réel.
Alors, lequel ?
Cet article ne désigne pas de gagnant sur le prix. Au seul palier où les deux enveloppes sont identiques (500 contacts, 5 000 e-mails), Brevo est affiché moins cher, mais le prix de Mailchimp après remise n'est pas publié dans la page. Et pour une liste de taille réelle, aucun des deux prix n'est lisible. En revanche, les faits vérifiés permettent quatre orientations nettes :
- Si vous démarrez sans budget avec plus de 250 contacts, seule la formule gratuite de Brevo vous accueille — au prix d'envois étalés à 300 par jour. Celle de Mailchimp s'arrête à 250 contacts.
- Si vous écrivez à des destinataires français et tenez à mesurer ouvertures et clics individuellement, Brevo documente le consentement contact par contact. Chez Mailchimp, faites confirmer par écrit comment ne suivre que les contacts consentants, ou désactivez le suivi.
- Si l'hébergement européen est une exigence contractuelle, Brevo déclare des serveurs en France et dans l'UE, avec des sous-traitants américains à examiner ; Mailchimp déclare des serveurs aux États-Unis. Pour un traitement de fichier clients, c'est l'écart le plus structurant du dossier.
- Si votre liste s'use vite, le modèle au contact de Mailchimp vous facture vos désabonnés tant que vous ne les archivez pas. Le nettoyage des inactifs, que la CNIL pose désormais comme condition de l'exemption de délivrabilité, devient alors aussi une économie.
Un outil d'emailing se branche enfin sur le reste de la chaîne commerciale. Brevo intègre un module de ventes et Mailchimp s'appuie sur des intégrations : vérifiez l'articulation avec votre CRM (notre comparatif des CRM pour PME) et avec vos automatisations (notre face-à-face n8n vs Make vs Zapier). Pour le cadre de conformité général, voir notre guide RGPD pour PME.
Les six questions à poser avant de signer
- Combien de contacts puis-je stocker au palier proposé, et que se passe-t-il au 501e ? Chez Brevo, le passage au palier supérieur est automatique et payant.
- Mes contacts désabonnés et non abonnés sont-ils facturés ? Faites trancher par écrit la divergence entre les deux pages d'aide de Mailchimp.
- Quel est le prix après la période de remise ? Il n'est pas dans la page tarifaire de Mailchimp.
- Puis-je suivre ouvertures et clics uniquement pour les destinataires qui ont consenti ? Demandez une démonstration du réglage, pas une réponse commerciale.
- Où sont hébergées mes données, et quels sous-traitants hors UE interviennent ? Exigez la liste annexée au contrat.
- Quelle version du contrat fait foi, et quelle entité facture ? Chez Brevo, la version anglaise ; chez Mailchimp, une société irlandaise du groupe Intuit pour l'UE.
Limites de cet article. Aucun des deux outils n'a été testé en conditions réelles : l'article ne porte aucun jugement sur l'ergonomie, la délivrabilité effective ou la qualité du support. Les prix sont ceux publiés le 11 septembre 2026, hors taxes, et peuvent changer sans préavis. Les mentions relatives à la CNIL et au RGPD sont des rappels d'information générale et ne constituent pas un conseil juridique.